dimanche 29 novembre 2015

samedi 28 novembre 2015

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de sainteté


Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice , car ils seront rassasiés


 NB : Justice signifie sainteté dans ce contexte. Dans la Bible, un juste est un saint.

vendredi 27 novembre 2015

mercredi 25 novembre 2015

In tribulatione dilatasti mihi



Psaume 4

[2] Cum invocarem exaudivit me Deus justitiae meae, in tribulatione dilatasti mihi. Miserere mei, et exaudi orationem meam.

Traduction :

Quand je t'invoque, tu m'exauces, Dieu de ma justice. Dans la détresse, tu m'as dilaté. Aie pitié de moi et exauce ma prière.



mardi 24 novembre 2015

Que sa bénédiction soit sur son peuple



[9] Domini est salus ; et super populum tuum benedictio tua.

Au Seigneur appartient le salut. Que sa bénédiction soit sur son peuple

lundi 23 novembre 2015

Sauve-moi, mon Dieu


Psaume 3 suite
[6] Ego dormivi, et soporatus sum; et exsurrexi, quia Dominus suscepit me. [7] Non timebo millia populi circumdantis me. Exsurge, Domine ; salvum me fac, Deus meus.
Traduction :

6 Je me suis couché et me suis endormi; je me suis relevé, car le Seigneur est mon soutien.
7 je ne craindrai pas les mille peuples qui m'assiègent de toutes parts.
8 Lève-toi, Seigneur ! Sauve-moi, mon Dieu ! 

samedi 21 novembre 2015

Nombreux sont ceux qui disent à mon sujet : " Plus de salut pour lui auprès de Dieu ! "



Psaume 3

[2] Domine, quid multiplicati sunt qui tribulant me ? Multi insurgunt adversum me ; 
[3] multi dicunt animae meae : Non est salus ipsi in Deo ejus. [4] Tu autem Domine, susceptor meus es, gloria mea, et exaltans caput meum.
[5]Voce mea ad Dominum clamavi ; et exaudivit me de monte sancto suo.

Traduction
Seigneur, que mes ennemis sont nombreux Quelle multitude se lève contre moi
3 Nombreux sont ceux qui disent à mon sujet : " Plus de salut pour lui auprès de son Dieu! " 
4 Mais toi, Seigneur, tu es mon bouclier tu es ma gloire, et tu relèves ma tête.
5 De ma voix je crie vers le Seigneur, et il me répond de sa montagne sainte. 

vendredi 20 novembre 2015

Heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance



Psaume 2 suite :
[5] Tunc loquetur ad eos in ira sua, et in furore suo conturbabit eos.
6] Ego autem constitutus sum rex ab eo super Sion, montem sanctum ejus, praedicans praeceptum ejus. 
[7] Dominus dixit ad me: Filius meus es tu; ego hodie genui te. 
[8] Postula a me, et dabo tibi gentes haereditatem tuam, et possessionem tuam terminos terrae. 
[9] Reges eos in virga ferrea, et tamquam vas figuli confringes eos. 
[10] Et nunc, reges, intelligite; erudimini, qui judicatis terram.
[11] Servite Domino in timore, et exsultate ei cum tremore. [12] Apprehendite disciplinam, nequando irascatur Dominus, et pereatis de via justa. 
[13] Cum exarserit in brevi ira ejus, beati omnes qui confidunt in eo.

Traduction

Alors il leur parlera dans sa colère, et dans sa fureur il les épouvantera:
6 " Et moi, j'ai établi mon roi, sur Sion, ma montagne sainte. "
7 " Je publierai le décret : Yahweh m'a dit: Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui.
8 Demande, et je te donnerai les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre.
9 Tu les briseras avec un sceptre de fer, tu les mettras en pièces comme le vase du potier."
10 Et maintenant, rois, devenez sages; recevez l'avertissement, juges de la terre.
11 Servez le Seigneur avec crainte, tressaillez de joie avec tremblement.
12 Recevez ses enseignements, de peur qu'il ne s'irrite et que vous ne périssiez dans votre voie ; Car bientôt s'allumerait sa colère ; heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance.

jeudi 19 novembre 2015

Les princes tiennent conseil contre Dieu



Psaume 2

[1] Quare fremuerunt gentes, et populi meditati sunt inania? [
2] Astiterunt reges terrae, et principes convenerunt in unum adversus Dominum, et adversus Christum ejus. 
[3]Dirumpamus vincula eorum, et projiciamus a nobis jugum ipsorum. 
[4] Qui habitat in caelis irridebit eos, et Dominus subsannabit eos.


1 Pourquoi les nations s'agitent-elles en tumulte et les peuples méditent-ils de vains projets ?
2 Les rois de la terre se soulèvent, et les princes tiennent conseil ensemble, contre le Seigneur et contre son Christ.
3 "Brisons leurs liens, disent-ils, et jetons loin de nous leurs chaines "
4 Celui qui est assis dans les cieux sourit, le Seigneur se moque d'eux.

mercredi 18 novembre 2015

Beatus vir




Psaume I, v.1 et 2
Beatus vir qui non abiit in consilio impiorum, et in via peccatorum non stetit, et in cathedra pestilentiae non sedit; [2] sed in lege Domini voluntas ejus, et in lege ejus meditabitur die ac nocte.

Bienheureux l'homme qui ne va pas dans les conseils des impies, qui ne suit pas le chemin des pécheurs et qui ne s'assoit pas dans la chaire de pestilence mais qui met sa volonté dans la loi du Seigneur et la médite jour et nuit.

mardi 17 novembre 2015

Saré-Coeur ouvert : peine finie. Amour infini





Ainsi donc, mes œuvres, je veux dire les souffrances de la croix, étaient par elles-mêmes finies mais le fruit de mes souffrances, que vous avez reçu par moi dans le baptême, est infini, en vertu de la nature divine infinie qui est unie à la nature humaine finie. C’est Moi, le Verbe revêtu de votre humanité, qui ai, par la nature humaine, enduré ces supplices. Comme ces deux natures sont conjointes et unies l’une à l’autre, la Divinité éternelle tire à soi et fait sienne la peine que j’ai subie avec un si ardent amour c’est à ce titre que l’on peut dire que cette opération est infinie. La peine endurée, la souffrance extérieure du corps, n’était pas infinie, non plus que celle qui provenait du désir qui me torturait d’accomplir votre rédemption. Cette douleur se termina et finit sur la croix, dès que mon âme eut quitté mon corps. Mais le fruit qui résulte de ma passion et du désir que j’avais de votre salut est infini, et vous le recevez infiniment. S’il n’était pas infini, il ne s’étendrait pas à la restauration de la race humaine, dans tous les hommes passés, présents et à venir. Si le fruit du Sang n’était pas infini, l’homme qui m’offense après avoir reçu le baptême de l’eau ne pourrait pas non plus, après son péché, recouvrer ma grâce. Mais le baptême du Sang, qui vous a été donné, est inépuisable.

Voilà ce que vous révèle mon côté entr’ouvert, où l’on peut lire le secret du cœur. Là, vous apprendrez que je vous aime bien plus que je n’ai pu vous le prouver par ma souffrance finie.

Je t’ai donc montré que c’est infiniment que je vous aime. Et qu'est-ce qui le prouve ? Ce baptême du Sang uni au feu de ma Charité ; car c’est par amour que le Sang fut répandu.

Le baptême général donné aux chrétiens et à quiconque le veut recevoir, dans lequel l’âme s’unit à mon sang, c’est le baptême d’eau, mais l’eau y est unie au sang et au feu. C’est pour vous le faire entendre que, de mon côté ouvert, il coula du sang avec l’eau.

lundi 16 novembre 2015

Signification du Coeur de Jésus ouvert - Différents baptêmes





Où l’âme connaît-elle cette dignité, de se voir unie et mélangée au sang de l’agneau en recevant le saint baptême en vertu du Sang ? Dans le côté de mon Fils, où elle éprouve le feu de la divine Charité.

C’est ce que te montra, si tu t’en souviens bien, ma Vérité quand tu lui demandais " Doux Agneau sans tache, vous étiez mort quand votre côté fut ouvert, pourquoi donc avez-vous voulu que votre cœur fût ainsi blessé et entr’ouvert. " Il répondit, tu ne l’as pas oublié : " Pour plusieurs raisons, dont je te dirai la principale. Mon désir concernant la race humaine était infini, et l’acte présent de la souffrance et des tourments était fini. Par cette souffrance, je ne pouvais donc vous manifester combien je vous aimais puisque mon amour était infini. Voilà pourquoi j’ai voulu vous révéler le secret du cœur, en vous le faisant voir ouvert, pour que vous compreniez bien qu’il vous aimait bien plus que je n’avais pu vous le prouver, par une douleur finie. Le sang et l’eau qui coulèrent de mon cœur figuraient le saint baptême de l’eau, que vous recevez par la vertu du Sang.

Ils signifiaient aussi le baptême du sang que l’on reçoit de deux manières. La première convient à ceux qui sont baptisés dans leur propre sang répandu pour moi. Quelques autres sont baptisés par le feu, quand ils désirent le baptême, par amour, sans pouvoir l’obtenir. Il n’y a pas de baptême de feu sans le Sang, parce que le Sang est uni et mélangé au feu de la divine Charité qui l’a fait répandre.

dimanche 15 novembre 2015

Des signes auxquels on connaît que l’âme est parvenue à l’amour parfait.





Il me reste maintenant à te dire à quel signe l’on voit que l’âme est arrivée à l’amour parfait. Ce signe est celui-là même qu’on vit dans les disciples saints, après qu’ils eurent reçu le Saint-Esprit. Ils sortirent du cénacle, et délivrés de toute crainte, ils annonçaient même parole, et prêchaient la doctrine de mon Fils unique. Loin de redouter les souffrances, c’est de leurs souffrances qu’ils se faisaient gloire. Ils n’avaient pas peur d’aller devant les Tyrans, pour leur annoncer et leur faire connaître la Vérité, pour l’honneur et la gloire de mon nom.

Ainsi, pour l’âme qui attend ma venue, dans la connaissance d’elle-même, comme je L’ai dit. Je suis retourné vers elle, par le feu de ma Charité. Cette Charité, pendant qu’elle se tenait enfermée dans sa demeure avec persévérance, lui a fait concevoir la vertu par sentiment d’amour en la faisant participer à ma Puissance, à ma Force, à ma Souveraineté, et elle a vaincu par elle son amour-propre sensitif.

Par cette même Charité, je la rendais participante de la Sagesse de mon Fils. Par cette Sagesse, l’œil de son intelligence vit et connut ma Vérité, et les illusions de l’amour-propre spirituel, de l’amour imparfait des consolations personnelles. Elle connut la fourberie et la malice avec lesquelles le démon abuse l’âme qui est encore retenue dans les liens de cet amour imparfait, et elle sentit monter en elle la haine de cette imperfection avec l’amour de la perfection.

Cet amour, c’est le Saint-Esprit lui-même qui se répand dans sa volonté, lui communiquant sa Force, lui inspirant le désir de supporter la souffrance et de sortir de sa retraite, pour produire les bonnes œuvres envers le prochain. En réalité elle ne quitte pas la cellule de la connaissance d’elle-même ; elle fait seulement sortir d’elle les vertus qu’elle a conçues par sentiment d’amour, et elle les fait fructifier de diverses manières, quand les besoins du prochain le demandent. Elle n’a plus peur de perdre ses consolations spirituelles, comme je te l’ai dit plus haut. Une fois parvenue à l’amour parfait et libre, elle sort au dehors, rien ne la retient plus.

L’âme atteint ainsi le quatrième état, qui fait partie du troisième, qui est l’état parfait. Mais, dans ce troisième état, où elle goûte et enfante la charité dans son prochain, elle reçoit un état ultime de parfaite union avec moi. Ces deux états sont unis ensemble ; l’un ne va pas sans l’autre, car la charité envers moi n’est pas séparée de la charité envers le prochain et la charité envers le prochain de celle qu’on a pour moi ; l’une ne peut exister sans l’autre. Ainsi en est-il de ces deux états, l’un n’est pas sans l’autre, comme je te l’expliquerai quand je te parlerai de troisième état.

samedi 14 novembre 2015

De quelle manière l'âme arrive à l'amour parfait





Jusqu’ici je t’ai montré de différentes manières comment l’âme sort de l’imperfection et s’élève à l’amour parfait, et ce qu’elle fait après qu’elle est arrivée à cet amour de l’ami, à cet amour filial. Je t’ai dit et je te répète qu’elle y parvient par la persévérance, en s’enfermant dans la maison de la connaissance d’elle-même. Cette connaissance d’elle-même doit être accompagnée de la connaissance de Moi-même, pour qu’elle ne tombe pas dans le trouble et la confusion. Car la connaissance d’elle-même lui inspirera la haine de l’amour sensitif qu’elle a de soi, et aussi de son attrait pour les consolations personnelles.

De cette haine fondée sur l’humilité naîtra la patience, par laquelle elle deviendra forte contre les assauts du démon, contre les persécutions des hommes, et même vis-à-vis de Moi quand, pour son bien, je lui retirerai les joies spirituelles. Cette vertu lui fera supporter toutes les privations.

Si, dans quelque épreuve, la sensualité voulait relever la tête et s’insurger contre la raison, le juge qu’est la conscience devrait se dresser au-dessus d’elle, pour maintenir contre elle et sur elle les droits de la raison, et réprimer tous les mouvements désordonnés. L’âme qui se conserve dans la haine de la sensualité, se corrige sans cesse et réprime en tout temps, non seulement les mouvements qui sont contre la raison, mais encore ceux qui parfois viennent de Moi.

vendredi 13 novembre 2015

Le troisième état de l'amour parfait





Mais l’âme qui, en vérité, est entrée dans la demeure de la connaissance d’elle-même, pour s’y adonner à l’oraison parfaite, quitte l’amour imparfait et la prière imparfaite, comme je te l’ai expliqué en parlant de l’oraison, et me reçoit par sentiment d’amour, en cherchant à tirer le lait de la douce consolation du sein même de la doctrine du Christ crucifié. C’est ainsi qu’elle arrive au troisième état, c’est-à-dire à l’amour de l’ami, à l’amour filial. Elle n’a plus l’amour mercenaire. Entre elle et moi, désormais, les rapports sont ceux d’amis très chers. Elle en agit avec moi comme un ami avec son ami. Si l’un reçoit un présent de l’autre, ce n’est pas seulement au présent qu’il regarde, c’est aussi au cœur, au sentiment de celui qui donne, et il n’accorde de prix au présent que celui qu’il attache à l’affection de son ami.

Ainsi l’âme parvenue au troisième état, qui est celui de l’amour parfait. Quand elle reçoit mes faveurs et mes grâces, elle n’a pas d’yeux que pour le don, elle regarde aussi par l’œil de l’intelligence au sentiment de ma charité, à Moi le donateur. Pour que l’âme n’ait aucune excuse de ne pas agir ainsi, j’ai eu la prévoyance de joindre au don le donateur lui-même quand j’unis la nature divine à la nature humaine. Le don que je vous fis alors, c’est le Verbe mon Fils unique, qui est une même chose avec moi, comme je suis une même chose avec lui. Par le fait de cette union, vous ne pouvez donc regarder le don sans me voir moi-même, Moi le donateur. Comprenez donc de quel grand amour vous devez aimer et désirer tout à la fois le don et le donateur.

Si vous faites ainsi, votre amour ne sera plus un amour mercenaire, mais un amour pur, un amour sans tache, l’amour de ceux qui toujours demeurent enfermés dans la cellule de la connaissance d’eux-mêmes.

jeudi 12 novembre 2015

Fausses consolations démoniaques



Le démon épie, en effet, les dispositions de l’âme, et règle son offre sur ses attraits. La voit-il toute possédée de ce désir des consolations et des visions spirituelles, — auxquelles, pourtant elle ne devrait pas s’attacher, mais seulement à la vertu, s’estimant, en toute humilité, indigne de ces faveurs divines et ne considérant en elles, que mon amour qui les lui donne — le démon alors prend forme de lumière en cette âme. Tantôt il revêt l’apparence d’un ange, et il essaye de prendre cette âme à l’amorce de ce plaisir spirituel, qu’elle cherche dans les visions et les délectations de l’esprit.

Si l’âme ne retrouve pas alors une véritable humilité, pour repousser avec dédain toute les joies qui lui sont offertes, elle demeure prise à cet hameçon et tombe aux mains du démon.

Si, au contraire, elle repousse avec humilité cette jouissance, si elle s’applique avec amour à ne vouloir que Moi seul, qui suis le Donateur, au lieu de s’attacher au don, dès lors le démon est vaincu ; car son orgueil ne peut tenir devant un esprit qui est humble.

Tu me demanderas à quel signe reconnaître que cette consolation vient du démon et non de moi ? Je te réponds : Le signe qu’elle vient du démon, qui se présente à l’âme sous forme de lumière, c’est que l’âme reçoit soudain de sa visite une vive allégresse ; mais, cette allégresse va diminuant toujours, à proportion qu’elle dure davantage, et laisse après elle l’ennui, les ténèbres, l’obscurité dans l’esprit, qui en éprouve comme un remords.

Si c’est Moi, la Vérité éternelle, qui ai visité cette âme, elle en ressent, au premier moment, une sainte crainte ; mais à cette crainte suit l’allégresse, la sécurité, une douce prudence, qui fait qu’en doutant elle ne doute pas. Dans la connaissance qu’elle a d’elle-même, elle s’estimera indigne de cette faveur. Elle dira : Je ne suis pas digne de recevoir votre visite, ô mon Dieu, et puisque j’en suis indigne, comment cela peut-il être ? Mais elle se réfugiera alors dans l’abîme de ma Charité ; elle connaîtra, elle verra qu’à Moi il est possible de donner ; elle ne regardera plus à son indignité, mais à ma dignité qui la rend digne de me recevoir par la grâce et de me sentir présent en elle-même, parce  que je ne méprise pas le désir par lequel elle m’appelle et qui la dispose à me recevoir. Elle dira alors humblement : Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre volonté.

Dès lors, quand elle sort de l’oraison, ma visite terminée, elle en conserve de la joie et une grande douceur dans l’esprit. son humilité lui fait comprendre son indignité, lui fait reconnaître que c’est à ma Charité qu’elle doit tout ce qu’elle a reçu.

C’est à ce signe que l’on peut juger si l’âme a reçu ma visite ou celle du démon. Est-elle de moi ? L’âme éprouve au commencement la crainte, au milieu et à la fin la joie, avec le désir de la vertu. Est-elle du démon ? Elle débute par la joie et se termine dans le trouble et les ténèbres spirituelles.

J’ai pourvu à vous en donner le signalement. Désormais l’âme qui veut marcher avec humilité et prudence ne peut être trompée. Mais elle n’évitera pas ce piège, si elle se veut gouverner par l’amour imparfait des consolations personnelles, plus que par l’amour de Moi-même, ainsi que je t’ai dit.

mercredi 11 novembre 2015

Si l'on réagit mal en désolation, on retombe en tiédeur





Cet amour-propre spirituel cause parfois à l’âme un plus grand dommage, lorsqu’elle s’attache uniquement aux consolations intérieures et à ces visions dont souvent je favorise mes serviteurs. Dès qu’elle s’en voit privée, elle tombe dans la tristesse et l’ennui. Il lui semble qu’elle a perdu la grâce, quand je me retire ainsi de son esprit. Comme je te l’ai dit, je m’en vais et je reviens dans l’âme, non que je lui retire la grâce, quand je me retire ainsi de son esprit. Comme je te l’ai dit, je m’en vais et je reviens dans l’âme, non que je lui retire la grâce, mais seulement le sentiment qu’elle en a, pour la conduire à la perfection. C’est alors qu’elle se désole ; elle croit être descendue en enfer, en se sentant sevrée de la joie qu’elle éprouvait, et exposée aux attaques de nombreuses tentations.

Quelle ignorance en ce jugement, et comme elle se laisse abuser par son amour-propre spirituel ! Comme elle connaît peu la vérité ! Elle ne doit pas ignorer cependant, que je suis en elle, que Moi seul suis le souverain Bien, que c’est Moi qui garde sa volonté dans le bien au temps de la lutte, et l’empêche de courir en arrière à la recherche de son plaisir.

Bien plutôt doit-elle s’abaisser, s’estimer indigne de la paix et du repos de l’esprit. C’est à cette fin que je me retire d’elle. (...)
Voilà donc pourquoi je me retire de mes serviteurs. S’ils se gouvernent d’après les règles de la prudence, s’ils ne sont pas assez ignorants pour ne désirer que le lait, je reviens à eux avec plus de douceur, avec plus de lumière, avec une charité plus ardente. Mais, s’ils n’éprouvent qu’ennuis, tristesse et trouble d’esprit, de ne plus sentir en eux cette douceur spirituelle, ils retirent peu de profit de mon absence et restent dans la tiédeur.

mardi 10 novembre 2015

Ceux qui négligent le prochain pour ne pas perdre la consolation



Ma très chère Fille, je t’ai parlé de l’illusion de ceux qui veulent me goûter à leur manière et me recevoir dans leur esprit comme il leur plaît. Je veux t’entretenir maintenant de ceux qui placent TOUT leur plaisir à recevoir la consolation intérieure. C’est au point que souvent, ils verront leur prochain en nécessité spirituelle ou temporelle, et sous couleur de vertu ils s’abstiendront de le secourir : " Je ne veux pas, disent-ils, perdre la paix et le repos de l’esprit. " Il leur semble donc que, se priver de la consolation ce serait m’offenser.

Comme leur esprit est trompé par sa propre avidité !

Ils m’offensent bien plus vraiment, en ne subvenant pas aux besoins de leur prochain, qu’en abandonnant toutes leurs consolations. Tous les exercices, toutes les prières vocales ou mentales sont ordonnées par Moi, pour conduire l’âme à la charité parfaite envers moi et envers le prochain et pour la conserver dans cette charité. Ils m’offensent donc bien plus, en négligeant la charité du prochain pour l’exercice extérieur ou pour le repos de l’esprit, qu’en abandonnant ces exercices pour le prochain. Dans la charité du prochain, ils sont sûrs de me trouver ; et, dans la joie spirituelle où ils me cherchent, ils seront privés de moi. En s’abstenant de secourir leur prochain, ils diminuent la charité qu’ils ont pour lui ; par le seul fait, mon amour pour eux diminue pareillement, et avec mon amour diminue aussi la consolation. Ainsi, en voulant gagner, on perd : en voulant perdre, on gagne. Qui veut perdre ses propres consolations spirituelles pour le salut du prochain, me reçoit en récompense, c’est Moi-même qu’il gagne. Pour avoir secouru son prochain en le servant charitablement, il goûtera en tout temps la douceur de ma Charité.

Celui, au contraire, qui ne veut pas renoncer à ces consolations, demeure dans la souffrance, car il faut bien parfois qu’il vienne en aide au prochain, l’amour, l’obéissance ou la nécessité l’obligeant à subvenir aux infirmités corporelles ou spirituelles d’autrui. Mais alors il ne le fera qu’avec peine, l’esprit troublé, la conscience inquiète, si tourmenté qu’il en devient insupportable à lui-même et aux autres.

Demandez-lui pourquoi tant de tristesse ? " Il me semble, vous répondra-t-il, que j’ai perdu la paix et le repos de l’esprit. J’ai négligé bien de choses que j’avais coutume de faire. " — Il croit avoir offensé Dieu. Il n’en est rien. Mais, comme il n’a d’yeux que pour sa propre consolation, il ne sait pas discerner ni connaître en vérité où est sa faute. Avec un peu plus de discernement il verrait qu’il n’y a nulle offense à ne pas avoir de consolation spirituelle, ni à laisser l’exercice de l’oraison dans le temps que la nécessité du prochain le demande, mais qu’il y a faute, à manquer de charité envers le prochain, que l’on doit aimer et servir pour l’amour de moi.

Tu vois bien maintenant, comment l’âme s’abuse elle-même, toute seule, par l’amour-propre spirituel qu’elle a pour elle-même.

lundi 9 novembre 2015

Conduite à avoir vis-à-vis des consolations spirituelles




De l’erreur des serviteurs de Dieu, qui aiment encore de cet amour imparfait.

Mes serviteurs, qui sont encore dans l’amour imparfait, me cherchent et m’aiment, par attache à la consolation et à la joie qu’ils trouvent en moi.

Comme je suis Rémunérateur de tout le bien qui se fait, donnant peu ou beaucoup, selon la mesure d’amour de celui qui reçoit, j’accorde donc des consolations spirituelles, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, dans le temps de l’oraison. Si je le fais, ce n’est pas pour que l’âme ignorante fasse mauvais usage de la consolation, et qu’au lieu de m’aimer tout d’abord, Moi qui la lui donne, elle s’arrête davantage, pour le moment, à la consolation qui lui est donnée. Non : ce que je veux, c’est qu’elle considère le sentiment de charité avec lequel je la lui donne et l’indignité avec laquelle elle la reçoit, bien plus que la jouissance de sa propre consolation. Mais, si l’ignorante ne s’attache qu’à son plaisir, sans un regard pour l’amour que j’ai pour elle, elle tombe dans le malheur et l’égarement que je vais te dire.

Un premier malheur. Trompée par ce besoin de consolation, il lui arrivera de se complaire plus qu’à l’ordinaire dans la joie éprouvée de ma présence en elle, dont je la favoriserai d’une manière spéciale. Quand je l’aurai quittée, au lieu d’aller de l’avant, elle retournera en arrière, cherchant à retrouver le chemin qu’elle a déjà suivi, la même joie qu’elle y a une fois rencontrée. Mais Moi, je ne veux pas que l’on puisse croire, que je n’ai qu’un seul moyen de me communiquer. Aussi ces faveurs, je les accorde de manière différente, suivant qu’il plaît à ma Bonté, ou suivant les besoins et les nécessités de l’âme. Elle, dans son ignorance cherchera toujours la même consolation comme si elle voulait faire la loi à l’Esprit-Saint. Ce n’est pas ainsi qu’elle doit agir : c’est virilement qu’il faut passer par le pont de la doctrine du Christ crucifié et recevoir mes dons, dans la mesure, et dans le lieu, et dans le temps qu’il plaît à ma Bonté. Si, même, je ne veux pas lui accorder cette faveur, ce n’est pas par haine, mais par amour que je la lui refuse ; c’est pour qu’elle me cherche, Moi, en vérité ; c’est pour qu’elle ne m’aime pas seulement pour son plaisir, et qu’elle reçoive avec humilité ma Charité plus que la délectation qu’elle y trouve. Si elle agit autrement, si elle va à sa propre satisfaction suivant le mode qui lui plaît et non suivant le mode que j’aurai voulu, ce sera pour elle une souffrance et une confusion intolérables, quand elle se verra enlever l’objet de cette complaisance qui absorbe le regard de son intelligence.

Voilà donc ceux qui choisissent le genre de consolation qui leur convient. Après d’être délectés dans une certaine joie spirituelle dont je les avais favorisés, ils ne veulent plus s’en séparer dans leur passage. Parfois même, ils sont si ignorants, que lorsque je les visite d’une autre façon, ils feront de la résistance, ils ne recevront pas ce nouveau don : ils voudront toujours celui qu’ils ont imaginé. Voilà l’attache au plaisir personnel, à la délectation du plaisir spirituelle que l’esprit trouve en moi ! Oui, voilà le défaut !

Et quelle illusion ! Il serait impossible à l’âme de demeurer continuellement dans le même état. L’âme ne peut rester immobile dans la vertu : il faut qu’elle avance ou qu’elle recule. Et de même l’esprit ne saurait se maintenir fixé en moi dans une unique jouissance, en sorte que ma bonté n’aie plus à lui en donner d’autre. Je la renouvelle au contraire et avec une grande variété. Tantôt je fais jouir de l’allégresse spirituelle ; tantôt j’inspire une douleur et un repentir qui ébranle l’esprit juqu’au fond de lui-même ; parfois je serai dans l’âme et elle ne me sentira pas. D’autrefois ma volonté représentera la Vérité, mon Verbe incarné, sous différentes formes devant l’œil de son intelligence, sans que l’âme paraisse éprouver cette impression d’ardeur et de joie qu’elle croyait devoir ressentir dans cette contemplation. En une autre circonstance, elle ne verra rien et n’en goûtera pas moins une très grande douceur.

Tout cela, c’est par amour que je le fais, pour conserver et accroître en elle la vertu d’humilité et de persévérance, pour lui apprendre à ne pas vouloir me donner des lois, à ne pas placer sa fin dans la consolation, mais dans la vertu fondée en moi, à accepter avec humilité, le choix que j’aurai fait de l’un ou de l’autre moment. Je veux qu’elle reçoive avec amour mon amour, comme je le lui donne, qu’elle croie d’une foi vive, que je mesure mes dons aux nécessités de son salut ou à celle de sa plus grande perfection. Elle doit donc se tenir dans l’humilité, en prenant pour principe et pour fin ma charité : elle recevra ainsi dans cette charité joies ou privations, selon ma volonté et non selon la sienne.

L’unique moyen pour mes serviteurs de vouloir échapper à toute illusion, c’est de tout recevoir pour l’amour de Moi qui suis leur fin, en prenant leur appui sur ma douce volonté.


dimanche 8 novembre 2015

L'amour n'est pas une affaire de sentiment




A propos de cet amour imparfait, je veux te parler d’une illusion, à laquelle se laissent prendre ceux qui veulent bien m’aimer pour le motif qu’ils y trouvent leur propre consolation.

Sache-le donc, quand mon serviteur m’aime ainsi, imparfaitement, c’est beaucoup moins moi qu’il cherche, que la consolation pour laquelle il m’aime. On s’en peut convaincre à ce signe que, dès que lui manquent les consolations spirituelles ou temporelles, il se trouble.

Aux consolations temporelles tiennent surtout les hommes du siècle, qui ne laissent pas que d’accomplir quelques actes de vertu tant que qu’ils sont dans la prospérité. Mais viennent les revers, que je leur envoie pour leur avancement, et les voilà qui se relâchent de ce peu de bien qu’ils faisaient. Demandez-leur pourquoi ce trouble ! "Parce que, répondront-ils, j’ai eu du malheur, et ce peu de bien que j’accomplissais me paraît peine perdue, parce que je ne le fais plus, me semble-t-il, avec ce cœur et cet esprit que j’y mettais autrefois. C’est bien le revers que j’ai essuyé qui en est cause, puisqu’il me paraît bien qu’auparavant je pratiquais davantage, avec plus de paix et de tranquillité de cœur que je le fais maintenant."


En parlant ainsi, ils sont étrangement abusés par la recherche de leur propre plaisir. Il n’est pas vrai que la tribulation soit cause qu’ils aiment moins et qu’ils pratiquent moins. Les œuvres que l’on fait dans le temps de la tribulation, ont autant de valeur par elles-mêmes, que celles qui sont faites au temps de la consolation : elles pourraient même avoir plus de prix, si l’on y joignait la patience. La vérité est que c’est dans la prospérité, qu’ils avaient mis leur joie, et l’amour qu’ils avaient pour moi tenait dans ce petit acte extérieur de vertu. Leur cœur était en paix, parce qu’il se contentait de cette œuvre de peu. Dès que vient à leur manquer la consolation qui était toute leur joie, il leur semble qu’ils ont perdu la paix qu’ils trouvaient croyaient-ils dans la pratique même de la vertu.


Illusion ! Il en va d’eux comme de l’homme qui a un jardin. Cet homme met son plaisir, à être dans son jardin, et à cultiver son jardin. Il se croit un goût décidé pour le jardinage, alors qu’il n’a vraiment d’attrait que pour le jardin.


Un événement ne tarde pas à l’éclairer sur la vérité des sentiments.


Il perd son jardin, et désormais, il ne se plaît plus à jardiner. S’il avait mis principalement son affection et sa satisfaction dans le jardinage lui-même, il ne se laisserait pas que de s’y complaire encore, malgré qu’il n’a plus son jardin. Pareillement, celui qui a de l’attrait pour la pratique de la vertu, beaucoup plus que pour les consolations extérieures, ne se relâchera pas de ses bonnes œuvres, il ne cessera pas, à moins qu’il ne le veuille, d’y trouver le repos de l’esprit. Quand viendra l’adversité, il ne sera pas comme celui qui a perdu son jardin.


La recherche de leur satisfaction personnelle égare donc ces mondains et les abuse sur leurs propres actions : " Je sais, disent-ils, que je faisais mieux autrefois et que j’y prenais plus de satisfaction, avant d’être ainsi éprouvé. C’était un plaisir pour moi de faire le bien ! Maintenant cela ne me dit plus rien, je n’y ai plus aucun goût ! " Leur jugement est aussi faux que leurs paroles. S’ils avaient cherché leur contentement dans le bien, pour l’amour même du bien et de la vertu, ils n’en auraient pas perdu le goût, bien au contraire, il se fût développé et accru. Mais comme l’exercice de la vertu n’était soutenu que par l’intérêt de leur propre satisfaction sensible, on comprend qu’il se relâche et cesse bientôt.


Voilà l’illusion où tombe le commun des chrétiens dans la pratique de la vertu. Ils s’abusent eux-mêmes par la recherche de leurs propres satisfactions sensibles.

samedi 7 novembre 2015

Conseils de discernement spirituel


Conseils de Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne :



Ne va pas croire toutefois que cette ardeur et cette force que l’on reçoit dans l’oraison, soient le fruit de la seule pièce vocale, familière à tant d’âmes qui prient des lèvres plus que du cœur. Toute leur attention, semble-t-il, est absorbée par la pensée de réciter beaucoup de psaumes, beaucoup de Notre Père. Dès qu’ils ont atteint le nombre qu’ils s’étaient proposé, l’on croirait qu’ils ne pensent plus à rien. Chez eux, semble-t-il, ni le sentiment, ni l’attention, ne dépassent les paroles qu’ils prononcent. Ce n’est pas ainsi qu’il faut prier. A s’en tenir là, l’âme retirera peu de fruit de sa prière, et j’en aurai moi-même peu d’honneur.

Mais, me diras-tu, faut-il donc abandonner la prière vocale pour la prière mentale, à laquelle cependant tous ne paraissent pas appelés ? — Non, il y a une mesure à garder.

Je sais bien que l’âme est imparfaite avant d’être parfaite, et que cette imperfection se retrouvera dans sa prière. Elle doit donc, pour ne pas tomber dans l’oisiveté, tant qu’elle est encore imparfaite, recourir à la prière vocale de l’oraison mentale. Pendant qu’elle prononce les paroles, qu’elle s’efforce donc d’élever son esprit et de le diriger sur mon amour en y joignant la considération générale de ses fautes et du sang de mon Fils unique, où elle trouve la largesse de ma charité et la rémission de ses péchés. Qu’elle fasse ainsi : dès lors, la connaissance d’elle-même et la considération de ses fautes la feront souvenir de ma Bonté pour elle, et elle pourra continuer son exercice avec une véritable humilité.

Je ne veux pas qu’elle envisage ses fautes en particulier, mais seulement en général, afin que son esprit ne soit pas souillé par la vision de certains péchés honteux. Je ne veux pas ! tu entends bien ! Elle ne doit pas non plus évoquer seulement la pensée de ces péchés ni en particulier ni en général sans y joindre le souvenir du Sang et de la grandeur de ma miséricorde, pour ne pas tomber dans la confusion.

Si la connaissance d’elle-même et la pensée de ses péchés n’était pas accompagnés du souvenir du Sang et de l’espérance de la miséricorde, elle serait envahie par le trouble. Cette confusion où le démon l’aurait jetée, sous prétexte de contrition et de regret du péché, l’entraînerait à la damnation éternelle ; car ne trouvant plus d’appui sur le bras de ma miséricorde, elle tomberait dans le désespoir.

C’est là, l’une des plus subtiles illusions par lesquelles le démon essaye de tromper mes serviteurs. Aussi faut-il, pour éviter ce piège du démon et pour me plaire, que toujours vous dilatiez votre cœur et votre amour avec une humilité vraie, dans mon incommensurable miséricorde. Sais-tu que l’orgueil du démon ne peut supporter la vue d’un esprit humble, de même que la grandeur de ma bonté et de ma miséricorde où l’âme met vraiment son espérance est insupportable à son désespoir. Aussi bien, te souvient-il, quand le démon voulait te réduire au désespoir en essayant de te persuader que ta vie n’était que mensonge, et que jamais tu n’avais suivi ni accompli ma volonté ! Tu fis alors, ma fille, ce que tu devais faire, et que ma Bonté te donna de pouvoir faire, cette Bonté qui ne se dérobe jamais à qui la recherche ! Tu te réfugias avec humilité dans ma miséricorde : "Je confesse à mon Créateur, disais-tu, que toute ma vie s’est passée dans les ténèbres ; mais je me cacherai dans les plaies du Christ crucifié ; je me baignerai dans son sang, j’effacerai ainsi toutes mes iniquités, et je me réjouirai par le désir dans mon Créateur."

Tu sais qu’alors le démon s’enfuit.

Il retourna ensuite avec une autre tentation, et il chercha à t’exalter par l’orgueil : "Tu es parfaite, insinuait-il, tu es agréable à Dieu : tu n’as plus besoin de t’affliger davantage ni de pleurer plus longtemps tes fautes." En ce moment je te donnai la lumière pour te montrer la voie qu’il convenait de prendre. Tu t’humiliais et répondais au démon : "O misérable que je suis ! Jean-Baptiste n’a jamais fait de péché ; il a été sanctifié dans le sein de sa mère ; et cependant, quelle pénitence n’a-t-il point faite ! Et moi qui ai commis tant de fautes, ai-je seulement commencé à les reconnaître avec douleur, avec une véritable contrition ! Quand comprendrai-je ce qu’est ce Dieu que j’ai offensé, et ce que je suis, moi qui l’offense !"

Le démon ne put supporter cette humilité de l’esprit, ni l’espérance en ma bonté : "Maudite sois-tu, cria-t-il alors, je ne puis rien faire avec toi. Si je t’abaisse par la confusion, tu t’élèves jusqu’à la miséricorde ; si je t’exalte, tu t’abaisses jusqu’à l’abîme par l’humilité, et tu me poursuis jusqu’en enfer. Je ne retournerai plus vers toi, car toujours tu me flagelles avec le bâton de la charité."

L’âme doit donc unir aux paroles qu’elle prononce, la connaissance de moi et d’elle-même. De cette manière, la prière vocale sera utile à l’âme qui la fera et elle sera agrée de moi. De la prière vocale imparfaite, elle arrivera, avec de la persévérance dans cet exercice, à l’oraison mentale parfaite. Mais, si elle vise simplement à réciter un certain nombre de formules, et si la prière vocale lui fait négliger l’oraison mentale, elle n’y parviendra jamais.

Parfois l’âme sera si ignorante que, si elle s’est proposée de dire, de vive voix, une prière déterminée, elle n’aura plus d’attention pour moi. J’aurai beau visiter son esprit, soit d’une manière, soit d’une autre, rien ne l’arrêtera. Tantôt je lui enverrai ma lumière, pour qu’elle se connaisse mieux elle-même et conçoive un vrai repentir de ses fautes ; tantôt je lui ferai largesse de ma charité. D’autres fois, je placerai devant son esprit, de différentes manières, la présence de ma Vérité, suivant qu’il me plaît, ou selon que l’âme l’avait elle-même désiré. Oui : mais elle n’a pas achevé de réciter toutes ses formules ; elle négligera ma visite qu’elle sent dans son esprit, et se fera un cas de conscience d’interrompre ce qu’elle a commencé.

Ce n’est pas ainsi qu’elle doit faire, si elle ne veut pas être le jouet du démon, Aussitôt qu’elle est avertie dans son esprit des approches de ma visite, suivant les différentes manières que j’ai dites, elle doit abandonner la prière vocale. Et puis, quand l’oraison mentale est terminée, elle peut, si elle en a le temps, reprendre ce qu’elle s’était proposé de réciter. Si le temps lui manque, point de souci, point d’ennui, point de trouble d’esprit. Voilà comment elle doit agir.

Exception pourtant doit être faite pour l’office divin, que les clercs et religieux ont l’obligation de réciter. S’ils ne le disent pas, ils m’offensent, car ils sont tenus jusqu’à la mort, de dire leur office. Si, à l’heure consacrée de cette récitation, ils sentent leur esprit attiré et élevé par le désir, ils doivent prendre leurs dispositions pour le dire avant ou après ; jamais ils ne peuvent manquer à ce devoir de l’office.

Mais, pour toute autre formule de prière, l’âme doit commencer à la réciter vocalement, pour arriver à l’oraison mentale, et dès qu’elle se sent l’esprit disposé à celle-ci, elle doit interrompre sa récitation. Cette prière vocale, faite comme je l’ai dit, conduit à la perfection. Il ne faut donc pas l’abandonner en tout état de cause de cause, mais la pratiquer de la manière que j’ai indiquée. Ainsi, avec de l’exercice et de la persévérance, l’âme goûtera l’oraison véritable et se nourrira du sang de mon Fils unique. C’est ainsi, ai-je dit, que quelques-uns participent virtuellement au corps et au sang du Christ, bien que non sacramentellement, et en communiant à la divine charité, qu’ils goûtent par le moyen de la sainte oraison, peu ou beaucoup, suivant le désir de celui qui prie. Celui qui y apporte peu de prudence, et n’observe pas assez la mesure que j’ai marquée, trouve peu. Qui apporte beaucoup, reçoit beaucoup. Plus l’âme s’applique à recueillir sa puissance affective et à l’unir à moi par la lumière de l’intelligence, plus elle connaît. Qui connaît davantage aime davantage, et qui aime davantage goûte davantage. Tu vois donc bien que ce n’est pas par la multitude des paroles que l’on arrive à l’oraison parfaite, mais par le sentiment du désir, en s’élevant vers Moi par la connaissance de soi-même, en conservant ces deux connaissances intimement liées l’une à l’autre.

Ainsi l’âme possédera, tout à la fois, la prière vocale et la prière mentale ; car on peut les unir ensemble, comme la vie active et la vie contemplative, encore qu’il y ait bien des manières différentes d’entendre la prière vocale et la prière mentale.

Quand l’âme est établie dans un désir saint et une oraison continuelle qui consiste dans une volonté bonne et sainte, cette volonté et ce désir entrent en acte, en temps et lieu déterminés, pour ajouter à cette oraison continue du saint désir, la prière vocale, sans que l’âme cesse de demeurer dans cette volonté sainte. Cette prière, elle la fait ordinairement au moment fixé. Parfois même, elle la continuera sans interruption en dehors du temps qui lui est consacré, selon que la charité ou le salut du prochain le demande, suivant ses besoins, ses nécessités, ou suivant l’état où je l’ai placée.

Chacun en effet, selon son état, doit coopérer au salut des âmes, conformément au principe de cette volonté sainte, et tout ce qu’il fait extérieurement, par la parole ou par les œuvres, pour le salut du prochain est virtuellement une prière. C’est bien évident, s’il s’agit de la prière vocale, faite en temps et lieu voulus. Mais en dehors même de cette prière régulière, tout ce que produit la charité pour le prochain, ou pour soi-même, toutes ces œuvres extérieures quelles qu’elles soient, si elles sont accomplies avec une volonté sainte, sont une prière. Comme l’a dit Paul, mon glorieux apôtre : "On ne cesse jamais de prier, quand on ne cesse pas de bien faire."

C’est pourquoi je t’ai dit, qu’il y avait plusieurs manières de prier, en unissant la prière extérieure à la prière mentale ; car la prière extérieure ainsi entendue est faite dans le sentiment de charité, et le sentiment de la charité c’est la prière continuelle. Je t’ai dit aussi, comment l’on parvenait à l’oraison mentale, par l’exercice et par persévérance, en abandonnant la prière vocale pour la prière mentale, quand je fais visite à l’âme. Je t’ai expliqué quelle est la prière commune, et la prière en dehors du temps fixé, et l’oraison de la bonne et sainte volonté, et comment tout exercice accompli par l’âme, pour soi-même ou pour le prochain, avec cette bonne volonté, en dehors du temps ordinaire, est une prière.

Que l’âme recueillie en elle-même s’excite donc, de tout son courage, à cette oraison mère des vertus. C’est ce que fait l’âme enfermée dans la cellule de la connaissance d’elle-même, et qui est parvenue à l’amour de l’ami, à l’amour du fils. Mais, si elle néglige les moyens que j’ai indiqués, elle ne sortira jamais de sa tiédeur et de son imperfection : elle n’aimera, qu’autant qu’elle trouvera en moi ou dans le prochain, son avantage et son plaisir.

vendredi 6 novembre 2015

Faire comme Saint Pierre





Où s’acquiert cette Charité ? Dans la cellule de la connaissance de soi-même, par le moyen de la sainte prière. C’est là que l’âme se dépouille de son imperfection, à l’exemple des disciples et de Pierre, qui, en demeurant dans la retraite, en veille et en prière, laissèrent là leur imperfection et acquirent la perfection. Par quel moyen : par la persévérance unie à la très sainte Foi.

jeudi 5 novembre 2015

Deux façons de communier, aussi efficaces l'une que l'autre


Si l'on est empêché pour une raison ou une autre d'aller à la messe, on peut faire avec autant de profit une communion de désir. L'efficacité d'une communion est liée au désir avec lequel on communie (soit sacramentellement soit par la communion de désir). Voici ce que dit Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne :

Cette nourriture rend plus ou moins de force suivant le désir de celui qui la prend, de quelque manière qu’il la reçoive, sacramentellement, ou virtuellement. On la reçoit sacramentellement, quand on communie réellement au saint sacrement ; et virtuellement, quand on ne communie que par le saint désir, soit en désirant de communier, soit en contemplant le Sang du Christ crucifié. L’âme communie par ce symbole du Sang, au sentiment de ma Charité qu’elle goûte et trouve dans le Sang, qu’elle voit répandu par amour. Elle s’y enivre, elle s’y embrase d’un saint désir, elle s’y enflamme, et se trouve toute remplie de charité, non seulement pour Moi, mais encore pour le prochain.

mercredi 4 novembre 2015

Persévérance



https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dialogue_(Hurtaud)/66

Sache, fille très chère, que c’est en persévérant vraiment dans une prière humble, continue et pleine de foi, que l’âme acquiert toute les vertus. Elle doit donc persévérer et ne se laisser jamais arrêter, ni par les illusions du démon, ni par sa propre fragilité, c’est-à-dire ni par les pensées qui lui viennent ni par les mouvements de sa propre chair, ni par les propos sans consistance, que le démon met souvent sur la langue des hommes, pour la détourner de sa prière.

O combien douce à l’âme et combien agréable à moi l’oraison sainte, faite dans la cellule de la connaissance de soi-même et de moi, le regard de l’intelligence grand ouvert aux lumières de la Foi, le cœur tout rempli de l’abondance de ma Charité, cette charité qui vous est devenue visible par mon Fils visible, qui l’a manifestée par son Sang !