samedi 31 octobre 2015

Je me manifeste à l'âme avec la même perfection qu'elle me cherche



Sais-tu comment je me manifeste moi-même à l’âme qui m’aime en vérité, en suivant la doctrine de ce doux Verbe d’amour ? Je manifeste ma vertu à l’âme de diverses manières, suivant le désir qu’elle en a, mais il y en a trois principales manifestations :

1.- Je manifeste dans l’âme ma vertu, c’est-à-dire mon affection et ma charité, premièrement par intermédiaire du Verbe mon Fils. Cette affection, cette charité éclate dans le sang répandu avec un si beau feu d’amour. Et cette charité se manifeste ainsi de deux manières : l’une générale, vis-à-vis du commun des hommes, c’est-à-dire vis-à-vis de ceux qui demeurent dans la charité commune. A ceux-là je me manifeste, en leur prouvant jusqu’à l’évidence ma charité, par les nombreux et divers bienfaits qu’ils reçoivent de moi.

L’autre manière plus particulière, concerne ceux qui sont devenus mes amis. En plus de la manifestation commune, ceux-là goûtent et connaissent, ils éprouvent, ils sentent par expérience ma charité au fond de leurs âmes.

2.- La seconde manifestation de ma charité a lieu DANS L’AME MÊME, quand je me révèle moi-même à elle par sentiment d’amour. Non que je fasse acception des créatures : je ne regarde qu’au saint désir. Mais je me manifeste à l’âme avec la même perfection qu’elle me cherche. Quelquefois je me révèle à elle — et c’est le second genre de manifestation dans l’âme — en lui donnant l’esprit de prophétie, en lui découvrant les choses futures, et de bien des manières différentes, suivant que je le juge conforme aux besoins de cette âme ou des autres créatures.

3.- D’autres fois — c’est le troisième genre de manifestation — je me révèle par le sentiment de la PRÉSENCE DE MA VÉRITÉ, mon Fils unique, dans l’esprit de mes serviteurs, suivant des modes divers, en conformité avec les désirs et la volonté de l’âme. Tantôt elle me cherche dans la sagesse de mon Fils, et je l’exauce en le proposant pour objet au regard de son intelligence ; tantôt elle me cherche dans la clémence de l’Esprit-Saint, et alors a Bonté lui fait goûter le feu de ma divine Charité, en lui faisant concevoir les vraies et réelles vertus, fondées sur la charité pure du prochain.

vendredi 30 octobre 2015

Description du 2eme degré : imperfection de l'amour mercenaire du serviteur



Parmi ceux qui sont devenus mes serviteurs de confiance, il en est qui me servent avec foi, sans crainte servile : ce n’est pas la seule peur du châtiment, c’est l’amour qui les attache à mon service. Mais cet amour ne laisse pas que d’être imparfait, parce que, ce qu’ils cherchent dans ce service, c’est leur propre utilité, c’est leur satisfaction ou le plaisir qu’ils trouvent en Moi. La même imperfection se rencontre aussi dans l’amour qu’ils ont pur leur prochain. Et sais-tu ce qui démontre l’imperfection de leur amour ? Dès qu’ils sont privés des consolations qu’ils trouvaient en Moi, cet amour ne leur suffit plus, et ne peut plus se soutenir. Il languit et souvent va se refroidissant de plus en plus vis-à-vis de Moi, quand, pour les exercer dans la vertu et les arracher à leur imperfection, je leur retire ces consolations spirituelles et leur envoie des luttes et des contrariétés. Je n’en agis ainsi cependant que pour les amener à la perfection, pour leur apprendre à se bien connaître, à prendre conscience qu’ils ne sont rien et que d’eux-mêmes ils ne possèdent aucune grâce. L’adversité doit avoir pour effet de les porter à chercher un refuge en moi, à me reconnaître comme leur bienfaiteur, à s’attacher à Moi seul par une humilité vraie. C’est dans ce but, encore une fois, que je leur retire, non la grâce, mais la consolation que je leur avais donnée.

Mais eux, en cette épreuve, se relâchent et se rejettent en arrière avec une sorte de colère spirituelle ; souvent même, ils en viennent à abandonner de différentes façons, leurs exercices, parfois sous couleur de vertu, en se disant en eux-mêmes que ces exercices ne sont plus qu’une opération toute naturelle, puisqu’ils n’y trouvent plus les consolations spirituelles que retirait leur âme.

Si une âme en agit ainsi, c’est qu’elle est imparfaite, c’est qu’elle n’a pas encore complètement rejeté le bandeau de l’amour-propre spirituel qui recouvre la pupille de l’œil de la très sainte Foi. Si elle avait bien écarté ce voile, en vérité elle verrait que toute chose procède de Moi et qu’il ne tombe pas une feuille d’arbre sans l’ordre de ma Providence ; que ce que je lui promets et lui envoie, c’est uniquement pour sa sanctification, c’est-à-dire pour qu’elle possède le bien et la fin pour lesquels je la créai.

Voilà ce que mes serviteurs doivent voir et comprendre : c’est que je ne veux rien d’autre que leur bien, par le sang de mon Fils unique, dans lequel ils ont été lavés de leurs iniquités. En ce sang ils peuvent connaître ma vérité, et ma vérité la voici : c’est pour leur donner la vie éternelle que je les créai à mon image et ressemblance, et que je les créa à nouveau dans le sang de mon propre Fils, en faisant d’eux mes fils adoptifs. Mais parce qu’ils sont imparfaits, c’est encore leur propre intérêt qu’ils cherchent dans mon service, et ils se relâchent pareillement de l’amour du prochain. Les premiers se sont découragés, par peur de la souffrance qu’ils avaient à endurer ; et ceux-ci, les seconds, s’attardent, ils se négligent dans le service du prochain, leur charité se replie sur elle-même, parce qu’il n’y trouvent plus leur propre satisfaction ni les consolations qu’ils étaient accoutumés d’en retirer. Cela vient de ce que leur amour n’est pas assez épuré. Ils aiment leur prochain avec la même imperfection qu’ils m’aiment moi-même : ils cherchent dans leur amour leur propre intérêt. S’ils ne reconnaissent par leur imperfection, avec le désir de devenir parfaits, il est impossible qu’ils ne retournent pas en arrière.

Il est donc nécessaire, pour quiconque veut la vie éternelle, d’aimer sans calcul. Ce n’est pas assez de fuir le péché par crainte du châtiment, ni d’embrasser la vertu pour l’intérêt personnel que l’on y trouve ; non, cela ne suffit pas pour obtenir la vie éternelle. Il faut sortir du péché parce qu’il me déplaît à Moi, et aimer la vertu pour l’amour de Moi.

Il est bien vrai que cette crainte est ordinairement le premier pas que tout pécheur fait vers Moi, parce que l’âme commence par être imparfaite avant d’être parfaite, mais elle doit sortir de cette imperfection pour atteindre à la perfection, ou pendant le cours de sa vie, en vivant dans la vertu, avec un cœur purifié et libre de m’aimer sans aucun retour sur soi-même, ou à l’heure de la mort, en reconnaissant son imperfection avec la résolution, si elle en avait le temps, de me servir sans regarder à son intérêt.

C’est de cet amour imparfait que saint Pierre aimait le bon et doux Jésus, mon Fils unique, lorsqu’il éprouvait si délicieusement la douceur de son intimité. Mais dès que vint le temps de la tribulation, tout son courage l’abandonna. Non seulement il n’eut pas la force de souffrir pour lui, mais la première menace, la peur la plus servile eut raison de sa fidélité, et il le renia en jurant qu’il ne l’avait jamais connu.

De nombreux périls attendent ainsi l’âme qui gravit ces échelons, mue seulement par la crainte servile ou par un amour mercenaire. Mes serviteurs doivent sortir de ces sentiments pour devenir de vrais fils et me servir sans intérêt personnel. Je récompense tout labeur, je rends à chacun selon son état et ses œuvres. Aussi, s’ils ne délaissent pas l’exercice de l’oraison et des autres bonnes œuvres, et s’ils vont toujours avec persévérance, en progressant dans la vertu, ils arriveront à cet amour de fils. Et Moi, je les aimerai à mon tour comme on aime des enfants, parce que je réponds toujours par le même amour à l’amour qu’on a pour moi. Si vous m’aimez comme un serviteur aime son maître, je vous aimerai en maître, vous payant votre dû suivant votre mérite ; mais je ne me manifesterai pas moi-même à vous. Les secrets intimes on les livre à son ami ; parce qu’on ne fait qu’un avec son ami. On ne fait pas qu’un avec son serviteur.

Le serviteur, il est vrai, peut croître en vertu, se rapproche de son maître par l’amour et devenir enfin son ami très cher. Mais tant qu’ils se contentent d’un amour mercenaire, je ne me manifeste pas moi-même à eux. S’ils rougissent de leur imperfection, s’ils se mettent à aimer la vertu, s’ils s’emploient avec haine à arracher d’eux-mêmes la racine de l’amour-propre spirituel, si, du haut du tribunal de la conscience et faisant appel à la raison, ils ne souffrent dans leur cœur aucun mouvement de crainte servile et d’amour mercenaire sans les redresser par la lumière de la très sainte Foi, je te dis qu’en agissant ainsi, ils me seront si agréables, qu’ils auront accès au cœur de l’ami. Je me manifesterai moi-même à eux, ainsi que l’a proclamé ma Vérité quand elle a dit : Celui qui m’aimera sera une même chose avec moi et moi avec lui. Je me manifesterai moi-même à lui et nous demeurerons ensemble (Jn 14, 21.35).

Telle est en effet l’union qui existe entre deux amis très chers : ils sont deux corps, mais une seule âme par sentiment d’amour, parce que l’amour transforme dans la chose aimée. S’ils ne forment plus qu’une âme, aucun secret n’est possible entre eux désormais. C’est pourquoi, dit ma Vérité, "Je viendrai et nous demeurerons ensemble." C’est la vérité même.

jeudi 29 octobre 2015

Sortir de la crainte servile



Je t’ai dit que nul ne pouvait passer par le pont ni sortir du fleuve, sans monter les trois gradins et telle est la vérité. On les franchit, qui imparfaitement, qui parfaitement, quelques-uns avec une grande perfection. Ceux qui sont mus par la crainte servile ne les gravissent et n’assemblent leurs puissances qu’imparfaitement.

L’âme voit la peine qui suit la faute, et elle se lève, elle recueille ensemble ses puissances : la mémoire pour évoquer le souvenir de son péché ; l’intelligence pour contempler le châtiment qui lui est réservé ; la volonté pour détester et fuir le châtiment. Bien que ce sot là la première montée, la première réunion des puissances, il convient de l’accomplir, à la lumière de l’intelligence, par le regard intérieur de la très sainte Foi. Elle ne doit pas regarder seulement à la peine, mais aussi à la récompense de la vertu, et à l’amour que je lui porte, pour dépouiller la crainte servile, et accomplir cette ascension par amour, avec les pieds de l’affection.

En agissant ainsi, l’on cesse d’être esclave pour devenir féal serviteur, servant par amour et non par crainte ; et l’on y arrive, si l’on s’emploie avec haine à arracher la racine de l’amour-propre, et si l’on apporte à ce travail de la prudence, de la constance et de la persévérance.

Mais nombreux sont ceux qui se mettent à l’œuvre et accomplissent leur ascension si lentement, qui me servent avec tant d’imperfection, tant de négligence, tant d’ignorance, que soudain ils perdent courage. Le moindre vent contraire les prend comme une voile et les ramène en arrière. Il y avait d’imperfection dans leur montée du premier degré du Christ crucifié, qu’ils n’ont pu atteindre au second, qui est son cœur.

mercredi 28 octobre 2015

Mercenaire - serviteur - fils



Les trois gradins que je t’exposai comme figurant, en général, les trois puissances de l’âme, représentent aussi les trois états de l’âme, dont le premier est imparfait, le second est parfait, le troisième très parfait.

Dans le premier, l’homme est, pour moi, un mercenaire, dans le second, il se montre féal serviteur, dans le troisième, il est un fils qui m’aime, sans penser à lui. Ces trois états se peuvent rencontrer et se rencontrent séparément en des personnes différentes, mais on peut aussi parfois les trouver réunis dans une seule. Ils sont dans une seule et même personne, quand celle-ci avance dans cette voie sans interruption, et s’élève de l’état servile à l’état d’affranchi et de l’état d’affranchi à l’état de fils.
(...)
Alors cette âme, dans l’angoisse d’un désir de feu, regardait dans le divin miroir. Elle y voyait des créatures avancer de diverses manières, et avec des pensées différentes, pour arriver à leur fin. Nombreuses étaient celles qui commençaient à gravir l’échelle, aiguillonées par la crainte servile, par l’épouvante du châtiment qui les menaçait. Parmi elles, beauoup passaient de cette première crainte à la seconde. Elle en voyait bien peu arriver à la très grande perfection.

mardi 27 octobre 2015

Description du passage des trois degrés de sainteté




Tu sais que les commandements de la Loi se ramènent à deux seulement et que sans l’observation de ces deux commandements aucun autre ne peut être observé. Il faut m’aimer par-dessus toute chose, et le prochain comme soi-même : voilà le commencement, le milieu et la fin de la Loi.

Ces deux commandements ne peuvent être réunis en mon nom, sans la réunion des trois puissances de l’âme, mémoire, intelligence, volonté. La mémoire doit conserver mes bienfaits et le souvenir de ma Bonté en elle-même. L’intelligence doit fixer son regard sur l’amour ineffable que je vous ai montré, dans mon Fils unique. C’est lui que j’ai proposé comme objet à l’œil de votre intelligence pour qu’il contemple en lui le foyer de ma Charité. La volonté doit se réunir à la mémoire et à l’intelligence pour m’aimer et me désirer, Moi qui suis sa fin. Lorsque ces trois vertus et puissances de l’âme sont assemblées, je suis au milieu d’elles. Et parce qu’alors l’homme est rempli de ma charité et de l’amour du prochain, il se trouve par là même accompagné de nombreuses et réelles vertus. C’est dans cet état que l’âme est disposée à avoir soif : elle a soif de la vertu, soif de mon honneur, soif du salut des âmes ; toute autre soif est éteinte et morte en elle. Elle marche en sécurité, sans aucune crainte servile, après avoir franchi le premier degré de l’affection, parce que son affection, dépouillée de l’amour-propre, s’est élevée au-dessus d’elle-même et des choses périssables, ne les aimant et ne les conservant, si elle les conserve, que pour moi et non en dehors de moi, c’est-à-dire avec une crainte véritablement sainte, avec l’amour de la vertu.

Elle se dispose ainsi à franchir le second degré, où, par la lumière de l’intelligence, elle contemple l’amour profond que je vous ai manifesté dans le Christ crucifié. C’est là qu’elle trouve la paix et le repos, que désormais, la mémoire n’est plus vide, elle est toute remplie de ma charité. Tu sais qu’un vase vide résonne quand on le frappe, et qu’il n’en est pas de même quand il est plein. Quand donc la mémoire est remplie de la lumière de l’intelligence et de l’affection toute d’amour, elle peut être touchée ou heurtée par la tribulation ou par les plaisirs du monde, elle ne rend plus le son d’une joie ou d’une colère désordonnées : car elle est pleine de moi qui suis tout Bien.

C’est ainsi qu’elle franchit le troisième degré, et l’union est faite. La raison en possession de ces trois degrés, des trois puissances de l’âme, comme je t’ai dit, les a assemblées en mon nom. Après avoir réuni les deux, c’est-à-dire l’amour de Dieu, et l’amour du prochain, puis les trois, la mémoire pour retenir, l’intelligence pour voir, la volonté pour aimer, l’âme se trouve tout à la fois en compagnie de Moi qui suis sa force et sa sécurité, et en compagnie des vertus, et elle se sent tranquille et sûre, parce que Je suis au milieu de cette assemblée.

Alors elle se met en marche, pressée par le désir, assurée de suivre le chemin de la vérité, qui mène à la fontaine d’eau vive. La soif qu’elle a de mon honneur, de son salut et du salut du prochain lui fait désirer cette voie, sans laquelle elle n’y pouvait atteindre. Elle va alors, portant le vase de son cœur, vide de toute affection et de tout amour déréglé du monde. Mais aussitôt vide, il se remplit ; car rien ne peut demeurer vide ; le vide-t-on de son contenu matériel, du même coup il se remplit d’air.

Le cœur est un petit vase, qui lui aussi ne peut rester vide. A peine l’a-t-on vidé des choses qui passent qu’il est déjà plein d’air, c’est-à-dire du céleste et doux amour divin qui donne accès aux eaux de la grâce. Arrivée là, l’âme passe par la porte du Christ crucifié, et goûte l’eau vive, en se désaltérant en moi, qui suis l’Océan de paix.

lundi 26 octobre 2015

Première condition du succès : avoir soif



Je veux maintenant te ramener aux trois gradins par lesquels il vous faut passer, si vous désirez sortir du fleuve sans vous y noyer, et atteindre l’eau vive que vous êtes invités à boire, et si vous voulez pareillement que je sois au milieu de vous, c’est-à-dire que, par ma grâce, je fais en vos âmes ma demeure.

Tout d’abord, si vous voulez effectuer le passage, la première condition, c’est d’avoir soif. Car ceux-là seuls qui ont soif sont invités : Qui a soif, est-il dit, qu’il vienne et qu’il boive. Celui donc qui n’a pas soif, ne saurait persévérer dans son voyage, la moindre fatigue l’arrête, ou le moindre plaisir le distrait.

dimanche 25 octobre 2015

Les velléités de conversion




Il est bien vrai que, communément et en règle générale, c’est par la crainte du châtiment que les serviteurs du monde commencent de se sonvertir. Les tribulations de cette vie font souvent qu’ils deviennent à charge à eux-mêmes, et ils commencent ainsi à se détacher du monde. S’ils soumettent cette crainte à la lumière de la foi, elle les conduira à l’amour de la vertu. Mais il en est qui avancent avec tant de tiédeur, que maintes fois, à peine arrivés à la rive, ils se rejettent dans le fleuve. Viennent alors à souffler des vents contraires, ils sont à nouveau roulés par les flots, ballotés par les tempêtes de cette vie ténébreuse.

Est-ce un souffle de prospérité qui passe avant que, par leur négligence, ils n’aient gravi le premier degré, avec le sentiment de l’amour et de la vertu, les voilà qui regardent en arrière, les voilà repris par l’amour désordonné des plaisirs du monde ! Mais c’est le vent de l’adversité qui souffle : c’est leur impatience alors qui les détourne de la rive. C’est que, ce n’est pas vraiment la faute qu’ils ont commise, ce n’est pas l’offense qu’ils m’ont faite qu’ils détestent et qu’ils veulent éviter. Ce qui les a ébranlés et soulevés, c’est uniquement la crainte du châtiment réservé au péché.

(...)

Parfois, en effet, le démon essaye de déprécier ce premier effort et d’en inspirer de la confusion. "Ce bien que tu a entrepris, insinue-t-il, qu’est-ce que cela, auprès de tes péchés, auprès de tes fautes ?" Il en agit ainsi pour les ramener en arrière et pour qu’ils renoncent au peu de bien qu’ils ont commencé de faire ! D’autres fois, il les provoque à s’abandonner en toute confiance à ma miséricorde. "Pourquoi tant de fatigues ? leur souffle-t-il : jouis de cette vie ; au moment de la mort il sera toujours temps de te reconnaître et d’obtenir ton pardon." Par ce moyen, le démon leur fait perdre la crainte qui les avait portés à commencer.

samedi 24 octobre 2015

Un avant-goût de la vie éternelle dès cette vie





Tu comprends ainsi que mes serviteurs, en me voyant, me connaissent, qu’en me connaissant ils m’aiment, qu’en m’aimant ils anéantissent et perdent leur volonté propre. En se dépouillant de leur volonté ils se revêtent de la mienne, et moi je ne veux rien d’autre que votre sanctification.

Par le fait, ils se détournent aussitôt du chemin d’en bas, pour prendre plus haut, par le pont, et ils ne reculent plus devant les épines ; car leurs pieds, comme soulevés par l’amour de ma volonté, n’en éprouvent aucun dommage. S’ils souffrent comme je te l’ai dit, c’est du corps, non de l’esprit, parce que chez eux la volonté sensitive est morte, et c’est elle qui afflige et tourmente l’esprit de la créature. Cette volonté étant détruite, détruite aussi est la souffrance. Dès lors, ils supportent tout ce qui leur arrive, avec respect, estimant une grâce d’être éprouvés par moi, et ne désirant rien d’autre que ce que je veux.

Laissé-je le démon les tourmenter, en lui permettant d’éprouver leur vertu par les tentations, alors, comme je te l’ai dit plus haut, ils résistent à cet assaut par la volonté qu’ils ont affermie en moi ; ils s’humilient, ils se regardent comme indignes de posséder la paix et le repos de l’esprit, ils croient avoir mérité cette tribulation, ils la traversent dans l’allégresse, avec la connaissance qu’ils ont d’eux-mêmes, sans en ressentir d’affliction.

L’épreuve leur vient-elle des hommes ? Est-ce la maladie, ou la pauvreté, ou la perte de l’état qu’ils avaient dans le monde ? Est-ce la privation de leurs enfants ou de personnes qui leur sont particulièrement chères, — car voilà les épines que produit la terre depuisle péché ? Ils acceptent tout, avec la lumière de la raison et de la sainte Foi. Ils n’ont d’yeux que pour moi, qui suis la Souveraine Bonté et qui ne peux vouloir rien d’autre que le Bien ! Ils savent dès lors que c’est pour leur bien, par amour et non par haine, que je leur envoie ces épreuves.

Après avoir ainsi pris conscience de mon amour, ils se regardent eux-mêmes, ils reconnaissent leurs fautes, ils voient, à la lumière de la Foi, que le bien doit être récompensé, que le péché doit être puni. Ils comprennent que toute faute mériterait une peine infinie, parce qu’elle est commise contre moi qui suis le Dieu infini, et ils considèrent comme une grâce, que je veuille bien les punir en cette vie et en ce temps fini. Ainsi tout à la fois, ils se purifient de leurs péchés par la contrition du cœur, ils acquièrent des mérites par leur parfaite patience, et leurs épreuves seront récompensées par un Bien infini. Ils savent aussi que toute souffrance en cette vie, est de courte durée, comme le temps. Le temps est comme un point sur le fléau d’une balance, rien de plus ! Le temps écoulé, finie la souffrance ! C’est bien peu de chose, tu vois !

Mes serviteurs portent ainsi leurs épreuves présentes, ils passent avec patience à travers les épines ; celles-ci ne leur blessent point le cœur. Leur ne leur a-t-il pas été enlevé avec l’amour sensitif, pour être transporté en moi et uni à moi par sentiment d’amour ! Il est donc bien vrai qu’ils ont dès cette vie un avant-goût de la vie éternelle. Ils passent au milieu des eaux sans en être mouillés ; à travers les épines sans en être déchirés, parce qu’ils m’ont connu comme le souverain Bien, et qu’ils l’ont cherché là où il se trouve, je veux dire dans le Verbe, mon Fils unique.

vendredi 23 octobre 2015

Que se passe-t-il à la mort ?



Dieu le Père à sainte Catherine de Sienne :



"Aussi, je veux que tu saches ce qui arrive, au moment de la mort, à ceux qui se sont mis pendant leur vie sous la domination du démon. Ce n’est pas par contrainte, car nul ne les y peut forcer, comme je te l’ai dit, c’est volontairement qu’ils se sont livrés entre ses mains et qu’ils ont porté jusqu’aux approches de la mort, le joug honteux de cet esclavage. A ces derniers instants ils n’ont pas besoin d’un jugement étranger, leur conscience est à eux-mêmes leur propre juge, et c’est en désespérés qu’ils se jettent dans l’éternelle damnation. Aux portes de la mort, ils se cramponnent à l’enfer par la haine, avant même d’y pénétrer.

Il en va de même pour les justes qui ont vécu dans la charité et meurent dans l’amour. Quand ils arrivent au terme de la vie, s’ils ont bien vécu dans la vertu, éclairés par les lumières de la foi, et soutenus par l’espérance absolue dans le sang de l’Agneau, ils voient le bonheur que je leur ai préparé ; ils l’étreignent avec les bras de leur amour, m’embrassant étroitement et amoureusement, Moi le Bien souverain et éternel, en cette extrémité de la mort. Ils goûtent ainsi à la vie éternelle, avant qu’ils aient abandonné leur dépouille mortelle, avant que l’âme soit séparée du corps.

Pour d’autres qui ont passé leur vie et arrivent à leur dernier instant, avec une charité commune mêlée de beaucoup d’imperfections, ils se jettent dans les bras de ma miséricorde, avec cette même lumière de foi et d’espérance, quoiqu’à un degré moindre, que nous avons rencontrée dans les parfaits. A cause de leur imperfection, ils s’attachent à ma miséricorde, qu’ils estiment bien plus grande que leurs fautes.

C’est tout le contraire que font les pécheurs d’iniquité. La vue de la place qui leur est destinée les remplit de désespoir et ils s’y attachent de toute leur haine, comme je t’ai dit.

Ainsi ni les uns ni les autres n’attendent leur jugement ; chacun, au sortir de cette vie, reçoit sa place comme je viens de t’expliquer. Ils goûtent à leur destinée, ils en prennent possession possession avant même de quitter le corps, à ’instant de la mort : les damnés par la haine et le désespoir, les parfaits par l’amour, par la lumière de la foi, par l’espérance du Sang ; les imparfaits, par la miséricorde et la même foi, entrent dans le séjour du purgatoire."

jeudi 22 octobre 2015

Le rôle des démons





Fille très chère, le démon est devenu l’exécuteur de ma justice, pour tourmenter les âmes qui m’ont misérablement offensé. En cette vie, je l’ai placé pour tenter, pour provoquer mes créatures, non pour que mes créatures soient vaincues, mais pour qu’elles triomphent de lui et reçoivent de moi la gloire de la victoire après avoir fourni la preuve de leur vertu. Personne ne doit avoir peur d’aucune bataille, d’aucun assaut du démon, parce que j’ai fait de tous des forts. Je leur ai donné une volonté intrépide, en la trempant dans le sang de mon Fils. Cette volonté, ni démon, ni aucune puissance créée ne la peut ébranler. Elle est à vous, uniquement à vous : c’est Moi qui vous l’ai donnée avec le libre arbitre. C’est donc à vous qu’il appartient d’en disposer, par votre libre arbitre, et de la retenir ou de lui lâcher la bride suivant qu’il vous plaît. La volonté, voilà l’arme que vous livrez vous-même aux mains du démon : elle est vraiment le couteau avec lequel il vous frappe, avec lequel il vous tue. Mais si l’homme ne livre pas au démon ce glaive de la volonté, je veux dire, s’il ne consent pas aux tentations, à ses provocations, jamais aucune tentation ne pourra le blesser et le rendre coupable de péché : elle le fortifiera au contraire, en éclairant son intelligence sur ma charité et en lui faisant comprendre que c’est par amour que je vous laisse tenter, pour vous faire aimer et pratiquer la vertu. Car l’on en vient à aimer la vertu que par la connaissance que l’on prend de soi-même et de moi. Et cette connaissance, c’est surtout dans le temps de la connaissance qu’elle s’acquiert. C’est alos que l’homme apprend bien qu’il n’est pas l’être même, puisqu’il ne peut faire disparaître des ennuis et des embarras qu’il souhaiterait pourtant d’éviter ; et il me connaît aussi Moi dans sa volonté, que ma Bonté rend assez forte pour ne pas consentir à ces pensées. Il voit bien que c’est ma charité qui en dispose ainsi : car le démon est faible ; il ne peut rien par lui-même, sinon qu’autant que je le lui permets. Et moi, c’est par amour que je vous laisse tenter et non par haine, pour votre triomphe, non pour votre défaite ; c’est pour que vous parveniez à la parfaite connaissance de vous-même et de moi ; c’est pour que votre vertu fasse ses preuves, et elle ne peut être éprouvée que par son contraire.

Tu vois donc bien que les démons sont à mon service pour tourmenter les damnés de l’enfer, et en cette vie pour exercer et procurer la vertu dans les âmes. Non que l’intention du démon soit de promouvoir votre vertu, car il n’a pas la charité et il ne veut que vous la faire perdre ; mais cela il ne le peut, si vous ne le voulez pas. Quelle étrange nature que l’homme, qui se fait lui-même débile, quand moi-même je l’avais fait si fort, et qui se livre ainsi aux mains des démons !

mercredi 21 octobre 2015

Description par Dieu le Père des peines des damnés et de la joie des justes au jugement dernier




"En effet, quand ils entendront cette voix terrible : "O morts, levez-vous, venez au jugement !" l’âme sera de nouveau unie au corps, pour le glorifier dans les justes, pour le supplicier éternellement dans les damnés, et ceux-ci seront couverts de honte et de confusion en présence de ma Vérité et de tous les bienheureux. Le ver de la conscience rongera alors la moelle de l’arbre, c’est-à-dire l’âme, et il en dévorera encore l’écorce, c’est-à-dire le corps. Contre eux se lèveront, accusateurs, le Sang qui pour eux fut répandu, les œuvres de ma miséricorde spirituelle et temporelle accomplies pour eux par mon Fils, leurs propres obligations envers leur prochain écrites dans le saint Évangile. Ils seront convaincus d’orgueil, de basse débauche, d’avarice ; et toutes ces accusations renouvelleront et rendront plus cruelle leur réprobation. Au moment de la mort, l’âme était seule à entendre sa condamnation, mais, au jugement général, l’âme et le corps à la fois seront frappés, parce le corps fut le compagnon et l’instrument de l’âme, pour faire le mal comme pour accomplir le bien, suivant le bon plaisir de la volonté de chacun. Toute opération bonne ou mauvaise est produite par l’intermédiaire du corps.

Ainsi est-il juste, ma fille, que les âmes de mes élus reçoivent leur gloire et leur bonheur infini avec leur corps glorifié, pour les récompenser tous les deux des fatigues qu’ensemble ils endurèrent pour moi. Et pareillement les corps des méchants partageront leurs peines éternelles, parce qu’ils ont été un instrument de péché. Ce sera donc pour ceux-ci un renouvellement et un redoublement de peine, de se trouver avec leur corps en présence de mon Fils.

Quelle condamnation de leur sensualité misérable, et de leurs impuretés, de voir leur nature humaine, dans l’humanité du Christ unie à la pureté de ma Divinité ! Ils verront cette masse d’Adam, votre nature, élevée au-dessus de tous les chœurs des anges, tandis qu’eux ils seront précipité par leur faute au fond de l’enfer ! Ils verront la libéralité et la miséricorde briller dans les bienheureux quand ceux-ci recevront le fruit du sang de l’Agneau ; ils auront sous les yeux toutes les fatigues, qu’ils ont dû endurer, et qui seront visibles sur leur corps comme un ornement, ainsi qu’une broderie sur un manteau. Ce n’est pas là une vertu propre au corps, mais un effet de l’âme qui, en communiquant au corps sa plénitude, réfléchit en lui la récompense de ses labeurs, parce qu’il fut son compagnon dans la pratique de la vertu. Comme le visage de l’homme se reflète au dehors et se rend visible dan un miroir, ainsi transparaît dans le corps le fruit des mérites passés, de la manière que j’ai dite.

En regard de tant de gloire, dont ils sont privés, ces êtres ténébreux sentiront leur peine s’accroître, en même temps que leur confusion, en voyant apparaître dans leurs corps torturés et tourmentés par le châtiment, le signe des iniquités qu’ils ont commises. Aussi, à cette parole qu’ils entendront dans l’épouvante : "Allez, maudits, au feu éternel…" l’âme s’en ira avec le corps vivre désormais avec les démons, sans la consolation d’aucune espérance. Ils seront enveloppés par toutes les infections de la terre, chacun à sa manière, suivant la mesure et la diversité des fautes qu’il aura commises.
(...)
Voilà la misérable fin de ceux qui vont par le chemin d’en dessous, en suivant le fleuve, sans vouloir retourner sur leurs pas, pour reconnaître leurs fautes et implorer ma miséricorde. Ils arrivent ainsi à la porte du mensonge, parce qu’ils suivent la doctrine du démon, qui est le Père du mensonge, et le démon lui-même est la porte par laquelle ils entrent dans l’éternelle damnation, comme je te l’ai déjà dit.

Ces élus, au contraire, mes fils, prennent la voie d’en haut, celle du pont ; ils suivent le chemin de la Vérité, et cette Vérité est elle-même la Porte. Aussi ma Vérité a-t-elle dit : Nul ne peut aller à mon Père, sinon par moi. Il est la porte, il est la vie par laquelle il faut passer pour entrer en moi, l’océan de paix. Ceux, au contraire, qui ont suivi le mensonge, sont conduits aux eaux de mort. Aveugles et insensés ! C’est là que le démon les appelle ; et ils ne s’en aperçoivent pas, parce qu’ils ont perdu la lumière de la foi. Venez, semble-t-il leur dire, venez à moi, vous tous qui avez soif d’eau de mort et je vous en donnerai à boire…"

mardi 20 octobre 2015

L'humanité de Jésus sera une source de joie des élus




Quelles délices pour eux, de me voir, Moi le Bien absolu ! Quelle joie quand ils posséderont leur corps glorifié ! Ce bonheur ils ne l’auront qu’au jugement général ; mais d’ici là, ils n’en ressentent aucune peine. Rien ne manque à leur béatitude : car elle-même est comblée, et le corps ne fera que participer à cette plénitude, comme je t’ai dit.

Que te dire du bonheur que recevront les corps glorifiés, de l’humanité glorifiée de mon Fils unique, qui vous donne la certitude de votre résurrection ? Ils tressailliront d’allégresse, à la vue de ses plaies toujours fraîches, de ses blessures toujours ouvertes dans sa chair, et qui sans cesse crient miséricorde pour vous, à Moi, Père éternel et souverain. Tous goûteront la joie d’être semblables à lui. Leurs yeux seront conformes à ses yeux, leurs mains à ses mains, tout leur corps pareil au corps du doux Verbe mon Fils. Etant en moi ils seront en lui, qui est une même chose avec Moi. L’œil de leur corps se délectera dans l’humanité glorifiée du Verbe, mon fils unique. Pourquoi ? Parce que leur vie s’est achevée dans la dilection de ma charité, et pour cela leur amour durera éternellement.

lundi 19 octobre 2015

Intercession des saints pour le monde





Dès qu’une âme aborde à la vie éternelle, tous participent au bonheur de cette âme, comme cette âme participe au bonheur de tous. Non que la coupe de leur félicité puisse s’agrandir ou ait besoin d’être remplie : non, elle est pleine et plus grande ne peut être ; mais ils éprouvent une ivresse, un contentement, une jubilation, une allégresse qui se renouvellent en eux par la vue de cette âme. Ils voient que, par miséricorde, elle a été enlevée de la terre, dans la plénitude de la grâce, et ils se réjouissent en moi du bonheur de cette âme, qu’elle a reçu de ma bonté. Cette âme, à son tour, est heureuse en moi, et dans les âmes et dans les esprits bienheureux, en contemplant et en goûtant en eux la beauté et la douceur de ma charité. Et tous ensemble, leurs désirs montent vers moi, ils crient devant moi pour le salut du monde entier. Leur vie a fini dans la charité du prochain, et ils n’ont pas perdu cet amour. (...)

le désir des bienheureux c’est de voir mon honneur réalisé en vous, pèlerins voyageurs, qui toujours courez vers le terme de la mort. Par conséquent, en même temps que mon honneur, c’est votre salut qu’ils désirent. Aussi sans cesse me prient-ils pour vous. Autant qu’il est en moi, j’exauce leur désir alors que, dans votre ignorance, vous résistez à ma miséricorde.

dimanche 18 octobre 2015

Le bonheur des élus s'accroît du bonheur des autres saints et des anges, spécialement de ceux qu'ils aimaient particulièrement sur terre




"Parce qu’ils sont demeurés dans ma charité et dans celle du prochain, et qu’ils sont unis ensemble par la charité soit générale, soit particulière, qui procède d’une seule et même charité, outre le Bien universel qu’ils possèdent tous ensemble, ils jouissent aussi et sont heureux du bonheur d’autrui ; ils participent par la charité, au bien particulier de l’un et de l’autre.

Les saints partagent la joie et l’allégresse des anges, au milieu desquels ils sont placés, selon le degré et la qualité des vertus qu’ils pratiquèrent spécialement dans le monde, unis qu’ils sont avec eux par les liens de la charité. Ils participent aussi tout particulièrement au bonheur de ceux qu’ils aimaient sur terre, plus étroitement, d’une affection à part. Par cet amour [qu'ils avaient sur la terre] ils croissaient en grâce et en vertu, ils se provoquaient l’un l’autre à procurer ma gloire et à faire honorer mon nom, en eux et dans le prochain. Cet amour ils ne l’ont pas perdu dans l’éternelle vie, ils le gardent toujours. C’est lui qui fait plus abondante leur félicité, par la joie particulière que chacun ressent du bonheur de l’autre, et qui s’ajoute pour tous deux à leur commune béatitude. Je ne voudrais pas d’ailleurs te laisser croire que ce bonheur particulier, ils sont seuls à en jouir entre eux : non, il est partagé par tous les heureux habitants du ciel, par tous mes fils bien-aimés, par toute la nature angélique."

samedi 17 octobre 2015

Le degré d'amour au moment de la mort est la mesure du bonheur des élus




Importance du degré d'amour au moment de la mort

"C’est ainsi la condition de l’âme juste qui achève sa vie dans la charité. Elle est enchaînée désormais dans l’amour, et ne peut plus croître en vertu : le temps est passé. Mais toujours elle peut aimer de la dilection qu’elle avait quand elle est venue à moi, et qui est la mesure de son amour. Toujours elle me désire, toujours elle m’aime, et son désir n’est jamais frustré ; elle a faim et elle est rassasiée, et rassasiée, elle a encore faim, échappant ainsi au dégoût de la satiété comme à la souffrance de la faim.

C’est dans l’amour que mes élus jouissent de mon éternelle vision, et qu’ils participent à ce bien que j’ai en moi-même et que je communique à chacun selon sa mesure ; cette mesure, c’est le degré d’amour qu’ils avaient en venant à moi."

vendredi 16 octobre 2015

La peine des damnés s'accroît de la peine de ceux dont ils ont causé la damnation




"l’âme [est] enchaînée dans les liens de la haine, et toujours elle demeure obstinée dans le mal qu’elle porte en elle, en se rongeant elle-même. Aussi toujours s’accroissent ses peines, et spécialement celles qui viennent de ceux dont elle a causé la damnation.

Souvenez-vous de ce riche damné, qui demandait en grâce que Lazare allât trouver ses frères, qui étaient demeurés dans le monde, pour leur apprendre quelles étaient ses peines.

Ce n’était pas la charité qui le poussait à agir ainsi ni la compassion pour ses frères, puisque privé de la charité, il ne pouvait désirer le bien, ni mon honneur ni leur salut. Car, je te l’ai déjà dit, au prochain ils ne peuvent faire aucun bien, et moi ils me blasphèment ; leur vie s’est achevée dans la haine de moi et de la vertu.

Pourquoi donc le faisait-il ? Il le faisait, parce qu’il avait été le plus grand parmi ses frères et qu’il les avait élevés dans les iniquités dans lesquelles il avait vécu. Il était ainsi la cause de leur damnation, et il prévoyait que par là même son châtiment allait s’aggraver encore, quand ils viendraient partager ses tourments."

jeudi 15 octobre 2015

Description des peines de l'enfer par Dieu le Père




Il y a aussi dans l’enfer quatre supplices principaux, d’où découlent tous les autres tourments. Le premier, c’est que les damnés sont privés de ma vision. Ce leur est une si grande peine que — s’il leur était possible — ils choisiraient d’endurer le feu, les tortures et les tourments en jouissance de ma vue, plutôt que d’être délivrés de leurs souffrances sans me voir.

Cette peine est encore aggravée par la seconde, celle du ver de la conscience qui les ronge sans cesse, et sans cesse leur fait entendre que c’est par leur faute, qu’ils sont privés de ma vue et de la société des anges et qu’ils ont mérité d’être placés dans la compagnie des démons pour se repaître de leur vision.

Cette vue du démon, qui est la troisième peine, redouble toutes leurs souffrances. Dans la vision qu’ils ont de moi, les saints sont toujours en exultation et renouvellent incessamment, par leur allégresse, la récompense de leurs travaux, supportés pour moi avec une si grande abondance d’amour et un si grand mépris s’eux-mêmes. Tout au contraire, ces malheureux sentent leurs tourments toujours renouvelés par la vue du démon. Car en le voyant, ils se connaissent mieux eux-mêmes et comprennent mieux que c’est par leur faute qu’ils ont mérité ces châtiments. Alors, le ver de la conscience les ronge davantage et les brûle comme un feu qui ne s’éteint jamais. Ce qui fait encore leur peine plus grande, c’est qu’ils le voient dans sa propre figure, qui est si horrible qu’il n’est pas un cœur d’homme qui la puisse imaginer.

Tu dois te souvenir que je te l’ai fait voir un tout petit instant, tel qu’il est dans sa propre forme, et, une fois revenue à toi, tu aurais préféré marcher dans un chemin de feu jusqu’au dernier jour du jugement plutôt que de le revoir encore. Malgré tout ce que tu as pu en apercevoir, tu ne sais pas complètement à quel point il est affreux ; car, par divine justice, il se découvre plus horrible encore à l’âme qui est séparée de moi, et plus ou moins suivant la gravité des fautes de chacun.

Le quatrième tourment qu’endurent les damnés est le feu. Ce feu brûle et ne consume pas. L’être de l’âme ne se peut consumer, parce qu’elle n’est pas une chose matérielle qui puisse être détruite par le feu. Mais moi, par divine justice, je permets que ce feu les brûle douloureusement, qu’il les afflige sans les détruire, qu’il les châtie de peines très grandes, et de différentes manières, suivant la gravité de la faute.

A ces quatre supplices s’ajoutent tous les autres tourments, le froid, le chaud, le grincement de dents et d’autres encore. Ainsi sont punis misérablement tous ceux qui après avoir été repris une première fois au cours de leur vie, de leur injustice et de leur faux jugement, sans se corriger, ont entendu, à l’heure de la mort, la seconde réprimande, sans vouloir espérer en moi, sans vouloir se repentir de l’offense qu’ils m’ont faite, sans concevoir d’autre regret que celui de la peine qui les menace.

Ils ont reçu la mort éternelle.

mercredi 14 octobre 2015

Le désespoir de Judas fut plus grave que sa trahison





"à cet instant de la mort, quand l’homme s’aperçoit qu’il va tomber entre mes mains, ce ver commence à se réveiller et à ronger la conscience de ses reproches à la vue des grands maux où il a été conduit par sa faute. Si cette âme avait alors la lumière qu’il faut pour connaître son péché et en concevoir du repentir, non à cause de la peine de l’enfer qui en est la suite, mais pour moi qu’elle a offensé et qui suis la souveraine et éternelle Bonté, elle trouverait encore miséricorde. Mais elle franchit encore cet instant de la mort, sans une lumière, avec le seul remord dans sa conscience, sans l’espérance dans le Sang, tout entière à sa propre souffrance, se lamentant de sa perte, sans un regret de mon offense : elle tombe ainsi dans l’éternelle damnation. C’est alors que ma justice intervient pour l’accuser, en toute rigueur, de son injustice et de son faux jugement, et non seulement en général, des injustices et des faux jugements dont elle a usé ordinairement dans toutes ses opérations, mais aussi et surtout de l’injustice particulière qu’elle a commise en ce dernier instant, et du faux jugement qu’elle a porté, en estimant que sa misère était plus grande que ma miséricorde. Voilà le péché irrémissible, qui n’est pardonné ni en ce monde ni dans l’autre. Elle a repoussé, elle a méprisé ma miséricorde, et ce péché est plus grave à mes yeux que tous les autres péchés dont elle s’est rendue coupable. Aussi le désespoir de Judas, fut-il plus offensant pour Moi, et plus douloureux pour mon Fils que sa trahison elle-même.

Ainsi l’âme pécheresse est accusée de ce faux jugement qui lui a fait estimer son péché plus grand que ma miséricorde et, pour cette raison, elle est punie avec les démons et tourmentée éternellement avec eux. Elle est accusée aussi de l’injustice qu’elle a commise en se montrant plus sensible à sa perte qu’à mon offense. Il y a là vraiment une injustice, car elle ne m’a pas accordé à Moi, ce à quoi j’avais droit, et à elle-même, ce qui lui était dû. Elle me devait à moi l’amour ! Quant à elle, elle ne pouvait prétendre qu’à la douleur et au repentir du cœur, qu’elle devait offrir en ma présence, pour l’offense qu’elle m’avait faite. Bien au contraire, c’est à elle qu’elle donne tout son amour, elle n’a de compassion que pour elle-même, de douleur que de la peine que lui a attirée son péché. Tu vois donc bien qu’elle double injustice elle commet. Voilà pourquoi elle est punie tout à la fois de l’une et de l’autre. Puisqu’elle a méprisé ma miséricorde. Moi, par ma justice, je la condamne, en même temps que sa servante cruelle et la sensualité, et avec le diable cet impitoyable tyran dont elle s’est fait l’esclave en consacrant à son service sa propre sensualité, et je les livre tous ensemble aux supplices et aux tourments, comme c’est ensemble aussi qu’ils m’ont offensé. Elle sera tourmentée par mes ministres, les démons, chargés par ma justice de châtier ceux qui ont fait le mal."

mardi 13 octobre 2015

Les saints sont tous des passionnés





Cette doctrine leur a été donnée par ma Vérité, par mon Verbe incarné dans votre chair mortelle. Qui sont donc ces autres qui ont suivi ce Verbe ? Des créatures mortelles comme vous, passibles comme vous, éprouvant en elles, comme vous, la lutte de la chair contre l’esprit ? C’est Paul, mon héraut, et c’est la multitude de mes saints, qui tous, pour une chose ou pour une autre, ont été des passionnés.

Les passions, je les permettais et je les permets toujours, pour l’accroissement de la grâce et le progrès de la vertu dans les âmes.

lundi 12 octobre 2015

Quel est le péché qui obscurcit le plus l'intelligence et empêche de voir la vérité




Si grande est la misère de ces pécheurs, que non seulement Moi, qui suis la pureté même, je ne les puis souffrir, mais que les démons eux-mêmes dont ils se sont faits les amis et serviteurs, ne peuvent voir commettre tant d’obscénités. Aucun péché n’est plus abominable que celui-là et n’éteint davantage la lumière de l’intelligence. Les philosophes eux-mêmes, — non par la lumière de la grâce qu’ils n’avaient pas, mais par celle que la nature leur donnait, — ont connu que ce péché dégradant obscurcissait l’intelligence, aussi gardaient-ils la chasteté et la continence pour mieux étudier. Et pareillement renonçaient-ils aux richesses, afin que le souci des richesses n’occupât point leur cœur. Ce n’est point ce que fait l’ignorant et faux chrétien qui a perdu la grâce par sa faute.

dimanche 11 octobre 2015

L'aveuglement du pécheur. Processus qui mène à la damnation





Dieu reprenant son discours lui disait : Fille très chère, tu as parlé devant moi de ma miséricorde, parce que je te l’ai fait goûter, et voir dans la parole que je t’ai dite : "Ce sont ces pécheurs, pour lesquels je vous conjure de me prier !"

Mais sache bien que, sans aucune comparaison possible, ma miséricorde envers vous, est bien plus grande que tu ne le vois. Ta vue est imparfaite, et ma miséricorde est parfaite et infinie, de sorte qu’aucune comparaison ne se peut établir entre l’une et l’autre, sinon celle du fini à l’infini.

Mais j’ai voulu te la faire goûter, cette miséricorde, et aussi la dignité de l’homme telle que je te l’ai exposée plus haut, pour que tu comprennes mieux la cruauté et la bassesse des hommes pervers, qui prennent par le chemin d’en dessous [c.a.d le chemin du fleuve qui passe sous le pont qui est Jésus-Christ]. Ouvre donc l’œil de ton intelligence, regarde ceux qui volontairement se noient, et vois en quelle indignité ils sont tombés par leurs fautes.

Premièrement ils sont devenus infirmes, par le fait qu’ils ont conçu le péché mortel dans leur esprit ; puis ils l’ont enfanté et ont perdu du même coup la vie de la grâce. De même qu’un mort est incapable d’aucun sentiment, et de lui-même ne se peut mouvoir qu’autant qu’il est soulevé et porté par autrui, ainsi ceux qui se sont noyés dans le fleuve de l’amour désordonné du monde, sont morts à la grâce ; et parce qu’ils sont morts, leur mémoire n’évoque plus le souvenir de ma miséricorde. L’œil de leur intelligence ne voit plus, ne connaît plus ma vérité, parce que le sentiment est mort, c’est-à-dire parce que l’intelligence n’a plus en face d’elle, qu’elle-même, avec l’amour mort de la sensualité propre. Leur volonté aussi est morte à ma volonté : car elle n’aime plus que choses mortes. Ces trois puissances étant mortes, toutes leurs opérations soit extérieures soit intérieures sont donc mortes aussi quant à la grâce. En conséquence, il leur est impossible de se défendre contre leurs ennemis ni de s’aider elles-mêmes, sinon pour autant que je les secoure moi-même. Il est bien vrai que ce mort a conservé encore son libre arbitre, et que, tant qu’il demeure en son corps mortel, chaque fois qu’il demande mon aide, il le peut obtenir ; mais il ne pourra jamais rien par lui-même. Il est devenu insupportable à lui-même, et en voulant dominer le monde, il a été dominé par cette chose qui n’est pas, par le péché. Le péché est un non être, et ils sont devenus serviteurs et esclaves du péché. J’avais fait d’eux des arbres d’amour par la vie de la grâce qu’ils reçurent au saint Baptême, et ils sont devenus des arbres de mort, parce qu’ils sont morts comme je te l’ai dit plus haut.

Sais-tu où pousse le racine de cet arbre ? Dans l’élévation de la superbe que nourrit l’amour égoïste de la propre sensualité. Sa moëlle est l’impatience, la fuite de toute souffrance, et il a un rejeton, qui est l’aveuglement. Tels sont les quatre vices qui tuent l’âme de celui que j’ai appelé un arbre de mort, parce qu’il ne puise pas la vie dans la grâce. A l’intérieur de l’arbre se nourrit le ver de la conscience, mais l’homme le sent peu, tant qu’il vit en péché mortel, aveuglé qu’il est par l’amour-propre. Les fruits de cet arbre sont des fruits de mort, parce qu’ils ont tiré leur sève de la racine de la superbe, et la pauvre âme est pleine d’ingratitude. C’est de là que vient tout le mal. Si elle gardait quelque souvenir des bienfaits reçus de moi, elle me connaîtrait moi, et en me connaissant, elle se connaîtrait elle-même et ainsi elle demeurerait dans mon amour ; mais elle, aveugle qu’elle est, prend par en bas et s’en va à tâtons par le fleuve

samedi 10 octobre 2015

Miséricorde divine





Alors, cette âme, comme enivrée, ne se pouvait plus contenir et, debout en la présence de Dieu, elle disait : O éternelle miséricorde, qui couvrez les fautes de vos créatures ! Je ne m’étonne donc plus que vous disiez de ceux qui sortent du péché mortel pour faire retour à vous : Moi, je ne me souviens plus que vous m’ayez jamais offensé ! Miséricorde ineffable, non je ne m’étonne plus que vous disiez cela à ceux qui sortent du péché, quand je vous entends dire de ceux qui vous persécutent : Je veux que vous me priez pour eux afin que je leur fasse miséricorde. (...)
c’est votre miséricorde qui a mis votre Fils en agonie et l’a abandonné sur le bois de la croix, dans cette lutte de la mort contre la vie et de la vie contre la mort ! C’est alors que la Vie a vaincu la mort du péché et que la mort du péché a arraché la vie corporelle à l’Agneau sans tache. Qui resta vaincu ? La mort ! Quelle en fut la cause ? La miséricorde !

vendredi 9 octobre 2015

La Voie est la doctrine





La Voie, c’est [la] doctrine [de Jésus] elle-même, attestée par les Apôtres, affirmée dans le sang des martyrs, éclairée par la lumière des Docteurs, professée par les Confesseurs, et écrite avec amour par les Evangélistes. Tous concordent en un même témoignage pour confesser la Vérité dans le corps mystique de la sainte Église. Ils sont comme le flambeau placé sur le chandelier pour montrer la voie de la vérité qui mène à la vie dans la lumière parfaite, comme je t’ai dit. Aussi peuvent-ils t’assurer, pour l’avoir éprouvé en eux-mêmes, que chaque homme a la lumière nécessaire pour connaître la vérité, s’il le veut bien, c’est-à-dire s’il ne veut pas éteindre la lumière de la raison, par un amour égoïste et désordonné. Oui, telle est bien la vérité ! Sa doctrine est vraie ; elle vous demeure comme une nacelle, pour transporter l’âme au-delà de la mer orageuse et la conduire au port du salut.

jeudi 8 octobre 2015

Les trois degrés




Sache que ce pont, qui est mon Fils unique a trois degrés : deux furent faits sur le bois de la très sainte Croix, et le troisième, quand il éprouva la grande amertume, alors qu’on lui donna à boire du fiel et du vinaigre. Ces trois degrés te feront connaître trois états de l’âme, comme je te l’exposerai.

Le premier degré ce sont ses pieds, qui signifient l’affection : car, comme les pieds portent le corps, l’affection porte l’âme.

Les pieds constituent un gradin pour pouvoir arriver jusqu’au côté où t’est manifesté le secret du cœur. Ainsi en s’élevant sur les pieds de l’affection, l’âme commence à goûter l’amour du cœur, en fixant le regard de l’intelligence sur le cœur ouvert de mon Fils, où l’on trouve le parfait et ineffable amour. Je dis parfait, parce que ce n’est pas l’intérêt propre qui l’inspire. Quelle utilité personnelle peut-il retirer de vous, lui qui est une même chose avec moi ? Ainsi l’âme se remplit-elle d’amour en se voyant tant aimée.

Le deuxième degré franchi, elle s’élève au troisième, c’est-à-dire à la bouche, où elle trouve la paix après la grande guerre qu’avait déchaînée ses fautes.

Dans le premier degré, en dégageant ses pieds des attaches terrestres, elle se dépouille du vice ; dans le second, elle s’emplit d’amour et de vertu ; dans le troisième elle goûte la paix.

Ainsi le pont a trois gradins, et il faut passer par les deux premiers pour arriver au dernier. (...)

Ma Bonté voyant donc que vous ne pouviez être attiré d’une autre manière, je l’envoyai pour qu’il fût élevé sur le bois de la Croix. J’en ai fait une enclume sur laquelle l’on forgerait le fils de la race humaine, pour le délivrer de la mort et restaurer en lui la vie de la grâce. Voilà comment il a tiré tout à lui, en démontrant l’amour ineffable que j’ai pour vous ; car le cœur de l’homme est toujours attiré par l’amour. Pouvait-il vous donner une plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour vous ? L’homme ne peut donc faire autrement que de se laisser attirer par l’amour, s’il n’est pas assez aveugle pour résister à cet attrait.

mercredi 7 octobre 2015

Plan du salut (III)





Ici, la Vérité éternelle montrait à cette âme qu’elle nous avait créés sans nous, mais qu’elle ne nous sauverait pas sans nous. Dieu veut que par notre libre arbitre et par notre volonté libre, nous employions le temps qui nous est donné à l’exercice des vraies vertus. Et il ajoutait aussitôt : il faut que tous vous passiez par ce pont, cherchant la gloire et l’honneur de mon nom dans le salut des âmes, supportant comme expiation de nombreuses fatigues, et suivant les traces de ce doux verbe d’amour. Pas d’autre moyen pour vous de venir à moi. Vous êtes mes ouvriers que j’ai mis à travailler dans la vigne de la sainte Église. (...)

Toute créature douée de raison possède en elle-même une vigne, qui est la vigne de son âme. C’est la volonté par le libre arbitre qui est l’ouvrier de cette vigne, durant le temps de la vie ; passé ce temps, il n’y peut plus faire aucun travail, ni bon ni mauvais, mais pendant la vie, elle peut cultiver sa vigne dans laquelle je l’ai envoyée. Si grande est la force dont je l’ai revêtue pour cette culture de l’âme, que ni le démon, ni une autre créature ne peuvent l’en dépouiller si elle ne le veut pas. (...)

Il faut donc tout d’abord, vous purifier par la contrition du cœur et la détestation du péché, et par l’amour de la vertu, avant de recevoir le prix du Sang. Vous ne le pourriez recevoir si vous ne vous disposiez pas de votre côté à devenir de bons rameaux unis au cep de la vigne, mon Fils unique qui a dit : "C’est moi qui suis la Vigne, mon Père est le vigneron, et vous êtes les rameaux" (Jn 15, 45).

(...) Qui ne produira pas le fruit des œuvres bonnes et saintes sera retranché de la Vigne et se desséchera ; car, séparé du cep, il perd la vie de la grâce et est jeté au feu éternel (...)

 En demeurant en [Jésus], vous suivrez ses enseignements ; en suivant ses enseignements vous participerez de la substance de ce Verbe, c’est-à-dire que vous participerez de ma Divinité éternelle, unie à l’humanité, et puiserez en elle un amour divin où l’âme s’enivre.