mercredi 30 septembre 2015

Prière que Sainte Catherine de Sienne adresse au Père pour l'Eglise



"Mon Seigneur, abaissez les yeux de votre miséricorde sur ce peuple qui est vôtre, et sur le corps mystique de la sainte Église. A pardonner et à communiquer la lumière de la connaissance à tant de créatures, qui ensuite chanteront vos louanges en voyant que c’est votre infinie bonté qui les aura retirées des ténèbres du péché mortel et de l’éternelle damnation, vous serez plus glorifié que vous ne pourriez l’être par moi, misérable qui vous ai tant offensé et qui suis l’occasion et l’instrument de tout mal. Aussi, vous prié-je, divine et éternelle Charité, d’exercer sur moi votre vengeance et de faire miséricorde à votre peuple. Je ne sortirai point de votre présence que je ne vous aie vu lui faire miséricorde. Et que me servirait de voir que j’ai la vie, si votre peuple est dans la mort, si les ténèbres enveloppent votre épouse, et cela principalement à cause de mes crimes, les miens et non ceux des autres créatures. Je veux donc et je vous demande en grâce, que vous ayez pitié de votre peuple ! Faites-lui miséricorde, je vous en prie par cette charité incréée qui vous a porté vous-même à créer l’homme à votre image et ressemblance quand vous avez dit :

Faisons l’homme à notre image et ressemblance.

— Et vous avez fait cela, vous, Trinité éternelle, en voulant que l’homme vous participât tout entier Vous, haute et éternelle Trinité. Vous lui avez donné la mémoire pour qu’il reçût vos bienfaits et par elle il participe à la puissance du Père. Vous lui avez donné l’intelligence pour qu’en la voyant il connût votre bonté, et qu’il participât ainsi à la sagesse de votre Fils unique. Enfin vous lui avez donné la volonté pour qu’il pût aimer ce que l’intelligence voit et connaît de votre Vérité, et participer par là même à l’amour de l’Esprit-Saint.

Quelle raison vous a fait constituer en si grande dignité ? L’amour inestimable par lequel vous avez regardé en vous-même votre créature, et vous êtes épris d’elle ; car c’est par amour que vous l’avez créée, c’est par amour que vous lui avez donné un être capable de goûter votre Bien éternel.

Je vois bien que le péché qu’il a commis a fait perdre à l’homme la dignité dans laquelle vous l’aviez établi. Par sa révolte, il s’est mis en guerre contre votre clémence, il s’est fait votre ennemi. Mais, par le même amour qui vous avait porté à le créer, vous avez voulu offrir un moyen de réconciliation à l’âme entraînée dans la grande guerre, afin qu’après la grande guerre, fût faite la grande paix. C’est alors que vous lui donnâtes le Verbe, votre Fils unique, qui fut le Médiateur entre vous et nous. Il fut notre justice, parce qu’il se chargea de nos offenses et de nos injustices, et accomplit, ô Père éternel, l’obéissance que vous lui aviez imposée, quand il revêtit notre humanité et prit ainsi notre image. O abîme de charité ! Quel cœur n’éclaterait à contempler la grandeur descendue à tant de bassesse, jusqu’à notre humanité ! Nous sommes votre image et vous êtes devenu notre image par l’union que vous avez contractée avec l’homme en voilant la Divinité éternelle sous la nuée misérable de la chair corrompue d’Adam. Quelle en fut la raison ? L’Amour. Ainsi Dieu s’est fait homme, l’homme est devenu Dieu. C’est par cet amour ineffable que je vous implore, que je vous supplie de faire miséricorde à vos créatures.

mardi 29 septembre 2015

Description par le Père de la vertu de discrétion




"La discrétion n’est rien d’autre que la connaissance vraie que l’âme doit avoir de soi-même et de Moi. C’est dans cette connaissance qu’elle prend racine. (...) cette racine doit être plantée dans la terre de l’humilité, qui est la mère nourricière de la charité sur laquelle est greffé ce rejeton ou cette arbre de la discrétion. La discrétion ne serait pas une vertu et ne produirait pas des fruits de vie, si elle n’était plantée dans la vertu d’humilité, parce que l’humilité procède de la connaissance que l’âme a de soi-même. Et je t’ai déjà dit que la racine de la discrétion était une connaissance vraie de soi et de ma bonté, qui porte l’âme naturellement à accorder à chacun ce qui lui est dû.

Et premièrement, elle m’attribue à moi ce qui m’est dû, en rendant honneur et gloire à mon nom, en rapportant à moi les grâces et les dons qu’elle sait avoir reçus de moi : elle rend à elle-même ce qu’elle a conscience d’avoir mérité, en reconnaissant qu’elle n’est pas par elle-même, et que son être elle ne le tient que d’une grâce de moi. Tous les dons qu’elle possède en plus de l’être, c’est à moi pareillement qu’elle les attribue et non à elle-même. Pour ce qui est d’elle, elle confesse s’être montrée ingrate pour tant de bienfaits et n’avoir pas profité du temps et des grâces reçues : aussi s’estime-t-elle digne des châtiments, et est-elle pour elle-même, à cause de ses fautes, un objet de haine et de dégoût.

Voilà les effets de la discrétion fondée sur la connaissance de soi qui est l’humilité vraie. Sans cette humilité, l’âme serait indiscrète. Et l’indiscrétion a sa source dans l’orgueil, comme la discrétion a la sienne dans l’humilité. Aussi, sans discernement me déroberait-elle comme un larron l’honneur qui m’appartient pour se l’attribuer à elle-même et s’en faire gloire ; ce qui est bien à elle, elle me l’imputerait, se lamentant et murmurant contre les mystérieux desseins que j’ai accomplis en elle et dans mes autres créatures ; elle se scandaliserait de tout, tant de moi que du prochain."

lundi 28 septembre 2015

Comment le Père voit la pénitence



Dialogue ste Catherine de Sienne suite 
https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dialogue_(Hurtaud)/9

"Si, par exemple, l’âme accomplissait ces pénitences sans discernement, en s’attachant principalement à la pénitence elle-même, il y aurait là un obstacle à sa perfection. C’est à l’amour qu’elle doit s’affectionner, avec une sainte haine d’elle-même, accompagnée d’humilité vraie et de parfaite patience, ainsi qu’aux autres vertus intérieures, avec faim et désir de mon honneur et du salut des âmes. Ces vertus-là démontrent que la volonté sensuelle est morte ou meurt continuellement sous les coups de l’amour vertueux. C’est avec cette discrétion qu’il faut pratiquer la pénitence, aimer la vertu plus que la pénitence, considérer celle-ci seulement comme un moyen d’augmenter la vertu, suivant qu’il en est besoin, et en tenant compte de ses forces. A faire fond sur la pénitence, l’âme entraverait elle-même sa perfection, parce qu’elle ne se comporterait pas avec le discernement que donne la connaissance de soi-même et de ma bonté ; elle ne se conformerait pas à ma vérité, elle agirait indiscrètement, en n’aimant pas ce que j’aime par-dessus tout, en ne haïssant pas ce que j’ai le plus en aversion."

dimanche 27 septembre 2015

Effets des épreuves et des persécutions chez les justes


Saint Etienne était le cousin germain de Saint Paul (à l'époque nommé Saul). Il a prié pour ses bourreaux et certainement particulièrement pour son cousin qui participait froidement à son assassinat. Quelque temps après, Saul a eu la grâce du chemin de Damas et est devenu un des plus grands saints de l'Eglise.


https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dialogue_(Hurtaud)/8

Non seulement la vertu s’affermit en ceux qui rendent le bien pour le mal, mais, je te le dis, souventes fois l’épreuve fait d’eux des charbons ardents, tout brûlants du feu de la charité dont la flamme consume la haine et les ressentiments jusque dans le cœur et l’esprit du méchant irrité, transformant ainsi l’inimitié en bienveillance. Telle est l’efficacité de la charité et de la parfaite patience en celui qui est en butte à la colère du méchant et subit sans se plaindre ses assauts. Si tu considères la vertu de force et de persévérance, elle se prouve par le long support des affronts et des médisances des hommes, qui souvent, tantôt par la violence, tantôt par la flatterie cherchent à détourner de la voie et de la doctrine de la Vérité.

Elle demeure inébranlable et résiste à toute adversité, si vraiment la vertu de force a été conçue intérieurement ; c’est alors qu’elle se prouve dans ses rapports avec le prochain, comme il a été dit. Si, au moment où elle est aux prises avec les nombreuses contrariétés, elle ne faisait pas bonne contenance, ce ne serait pas une vertu fondée sur la Vérité.

samedi 26 septembre 2015

Cause de la crise : l'amour propre




Dans ce passage, Dieu le Père désigne la cause de la crise de l'Eglise de l'époque de Sainte Catherine de Sienne. Mais c'est aussi la cause de la crise actuelle : l'amour propre. 



C’est l’amour-propre qui a empoisonné le monde entier et rendu malade le corps mystique de la sainte Église et tout le corps de la Religion chrétienne. (...)

Ne pouvant tirer moi-même profit de vos services, c’est en faveur du prochain que vous les devez employer. Ce sera la preuve que vous me possédez dans vos âmes par la grâce, si vous le faites bénéficier de nombreuses et saintes oraisons, avec un doux et amoureux désir de mon honneur et du salut des âmes. L’âme amoureuse de ma Vérité ne cesse jamais de se rendre utile à tout le monde, tant en général qu’en particulier, peu ou beaucoup, selon la disposition de celui qui reçoit et selon l’ardent désir de celui qui donne.

vendredi 25 septembre 2015

Pleure, afin que la prière triomphe des pécheurs




N’est-ce pas une cruauté du pécheur envers tout le monde que de savoir lui ou les autres créatures en danger de mort et de damnation, par la privation de la grâce, et d’être assez insensible pour ne pas secourir les autres ou lui-même par l’amour de la vertu et la haine du vice ?
(...)
O très chère fille, afflige-toi de l’offense qui m’est faite et pleure sur ces morts, afin que la prière triomphe de leur mort.

jeudi 24 septembre 2015

On se fait du mal à soi-même si l'on n'aide pas le prochain




chapitre V dialogue de sainte catherine de sienne

(...) vous êtes tenus d’aimer votre prochain comme vous-mêmes, et cet amour vous fait un devoir de l’assister par la prière, par la parole, par le conseil et de lui procurer tous les secours spirituels ou temporels suivant la mesure de ses besoins. Et si vous ne le pouvez faire réellement, parce que vous n’en avez pas le moyen, tout au moins, devez-vous en avoir le désir.
Mais si l’on ne m’aime pas, l’on n’aime pas non plus le prochain. Ne l’aimant pas, on ne le secourt pas et du même coup l’on se fait tort à soi-même. On se prive de ma grâce, en même temps que l’on frustre le prochain, en ne lui donnant pas les prières et les pieux désirs que l’on doit m’offrir pour lui. Toute assistance prêtée au prochain doit procéder de la dilection que l’on a pour lui pour l’amour de moi.

mercredi 23 septembre 2015

Solutions à la crise : 1er enseignement donné par Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne




Dieu le Père résume au chapitre XII sa doctrine concernant la souffrance pour les âmes, spécialement pour les prêtres. On remarquera le ton d'espérance et de joie du texte. Avec Dieu, rien n'est jamais perdu même quand tout paraît perdu. 


"Je t’ai expliqué pareillement de quelle manière l’on satisfait à la faute et à la peine, pour soi et pour le prochain, en te disant que les souffrances endurées par les créatures pendant quelles sont dans le corps mortel, ne sont pas suffisantes à elles seules pour satisfaire à la faute et à la peine, si elles ne sont pas unies au sentiment de la charité et de la douleur de la faute commise. Cette charité est acquise par la lumière de l’intelligence, par un cœur pur et généreux, qui n’a d’autre objet que moi qui suis la Charité même. Je t’ai expliqué tout cela, quand tu me demandais à souffrir.

Je te l’ai exposé, pour que toi et mes autres serviteurs sachiez en quelle mesure et de quelle manière vous me devez faire le sacrifice de vous-mêmes : sacrifice intérieur et extérieur tout à la fois, unis ensemble, comme la coupe et l’eau que l’on offre au maître. L’on ne pourrait présenter l’eau sans la coupe, et le maître ne saurait avoir pour agréable qu’on lui présentât la coupe sans l’eau. Ainsi, vous dis-je, devez-vous m’offrir la coupe de vos nombreuses peines extérieures, de quelque manière que je vous les envoie, sans choisir ni le temps, ni le lieu, ni la mesure qui vous conviennent, mais en les acceptant comme je vous les donne. Cette coupe doit être pleine, et elle sera remplie, si vous recevez toutes ces épreuves par sentiment d’amour, si vous supportez tous les défauts de votre prochain, avec une véritable patience, accompagnée de la haine et détestation du péché. Ces peines sont ainsi comme une coupe remplie de l’eau de ma grâce qui donne à l’âme la vie, et dès lors j’agrée ce présent de mes chères épouses, c’est-à-dire de toute âme qui me sert bien : j’accueille leurs angoisses, leurs désirs, leurs larmes, leurs humbles soupirs et leurs continuelles oraisons ; toutes choses qui sont un moyen d’obtenir que, par amour, j’apaise ma colère contre mes ennemis, et contre les hommes d’iniquité, qui m’offensent si gravement.

Souffrez ainsi virilement, jusqu’à la mort : ce sera pour moi le signe que vous m’aimez. N’allez pas regarder en arrière en tournant le dos à la charrue, par crainte des créatures ou des tribulations : c’est dans les tribulations que vous devez vous réjouir. Le monde prend plaisir à vous faire mille injustices ; ne vous attristez des injustices du monde que parce qu’elles sont des offenses qu’elle me fait : car en m’offensant, elles vous offensent, et en vous offensant, elles m’offensent, Moi qui suis devenu une même chose avec vous.

Tu le sais bien, Je vous ai donné mon image et ressemblance, mais vous avez perdu la grâce par le péché. Pour vous rendre cette vie de la grâce, j’ai uni ma nature à vous, en la couvrant du voile de votre humanité. Ainsi, à vous, mon image, j’ai emprunté votre ressemblance en prenant la forme humaine. Je suis une seule chose avec vous, tant que l’âme ne se sépare pas de moi par le péché mortel ; car celui qui m’aime demeure en moi et moi en lui. Mais celui-là sera persécuté par le monde, parce que le monde n’est pas en conformité avec moi. C’est pour cela qu’il a poursuivi mon Fils unique jusqu’à la mort ignominieuse de la croix. Ainsi fait-il à vous-même : il vous persécute, et il vous persécutera jusqu’à la mort, parce qu’il ne m’aime pas. Si le monde m’aimait, il vous aimerait aussi, mais réjouissez-vous, car votre joie sera grande dans le ciel.

En vérité je te le dis, plus abondera la tribulation dans le corps mystique de l’Église plus il abondera lui-même en douceur et en consolation. Elle sera, cette douceur, la réforme des saints et bons pasteurs, lesquels sont des fleurs de gloire. Ce sont eux qui rendent gloire et honneur à mon nom et font monter vers moi le parfum d’une vertu fondée dans la vérité. Ce sont mes ministres, ce sont les Pasteurs qui seront réformés. Mais le fruit de l’Église mon épouse n’a pas besoin de réforme : il n’est ni corrompu, ni amoindri par les fautes des ministres. Réjouis-toi donc dans la douleur, avec le père de ton âme et mes autres serviteurs, puisque je vous ai promis, moi la Vérité éternelle, de vous donner la joie. Après que vous aurez souffert, je mêlerai la consolation à vos dures épreuves, par la réformation de la sainte Église.



mardi 22 septembre 2015

La patience, signe de l'amour. Virilité



CHAPITRE IV Dialogue de Sainte Catherine de Sienne (extraits)


Il m’est bien agréable, fille très chère, le désir de vouloir endurer toutes peines et fatigues jusqu’à la mort pour le salut des âmes. (...) Ne l’oublie pas, l’amour de la divine charité est tellement uni dans l’âme à la patience parfaite, que l’une ne peut disparaître sans que l’autre s’évanouisse. Aussi l’âme qui veut m’aimer doit-elle vouloir du même coup endurer pour moi toutes les peines qu’il me plaira de lui envoyer, quelle qu’en soit la nature, ou la gravité. La patience ne se trouve que dans les peines, et la patience, comme il a été dit, est inséparable de la charité.

Comportez-vous donc virilement. Il n’est point d’autre moyen pour vous d’être et de prouver que vous êtes les époux de ma Vérité et mes enfants fidèles, comme aussi que vous avez le goût de ma gloire et du salut des âmes.

lundi 21 septembre 2015

La contrition fait désirer la souffrance



(...) L’âme s’embrase dans cette connaissance de moi-même d’un amour ineffable. Cet amour la tient en peine continuelle ; non pas une peine afflictive, qui abat ou dessèche l’âme, mais qui plutôt la nourrit. Elle a connu ma Vérité et en même temps sa propre faute, son ingratitude comme aussi l’aveuglement du prochain, et elle en éprouve une douleur intolérable. Si elle souffre, c’est qu’elle m’aime ; si elle ne m’aimait pas, elle ne souffrirait pas. Dès que toi et mes autres serviteurs aurez ainsi connu ma Vérité, vous serez disposés à endurer jusqu’à la mort toutes les tribulations, injures, opprobres, en paroles et en actions, pour la gloire et l’honneur de mon nom. C’est ainsi que tu recevras et porteras les peines.

(...) les peines que vous supporterez seront suffisantes en vertu de la charité pour expier et mériter pour vous et pour les autres. Pour vous, vous en recevrez un fruit de vie ; les taches de vos ignorances seront effacées, et je ne me souviendrai plus que vous m’ayez jamais offensé. Pour les autres, j’aurai égard à votre charité et à votre amour et je leur distribuerai mes dons suivant la disposition qu’ils apporteront à les recevoir. 

(...) Mais si, comme des ignorants, ils me méconnaissent, s’ils sont ingrats envers moi comme à l’égard des fatigues endurées pour eux par mes serviteurs, tous les dons de ma miséricorde tournent contre eux en ruine et damnation. Cette conséquence n’est imputable ni à un défaut de la miséricorde, ni à celui qui implorait la miséricorde pour l’ingrat, mais seulement à la malice et à la dureté de celui qui, par la main de son libre arbitre, a ainsi fermé son cœur comme avec une pierre de diamant qui, si elle n’est pas attendrie par le sang, ne peut être entamée par rien d’autre. Encore je te le dis, nonobstant sa dureté, pendant qu’il en a le temps, il peut se servir de son libre arbitre pour implorer le sang de mon Fils ; que de cette même main, il l’applique sur la dureté de son cœur, pour la briser, et il recevra le fruit du sang qui a été versé pour lui. Mais, s’il remet sans cesse et laisse passer le temps, il n’y a plus pour lui aucun remède (...)

Qu’ainsi donc croisse en toi le feu de ton désir, et ne laisse pas passer un instant sans crier vers moi d’une voix humble, en m’offrant pour le prochain d’incessantes prières. 


dimanche 20 septembre 2015

Voie pour parvenir à la connaissance parfaite



CHAPITRE III Dialogue sainte Catherine de Sienne


Je t’ai montré, fille très chère, comment la faute n’est expiée, en ce temps fini, par aucune peine, endurée seulement à ce titre de peine. Je t’ai dit qu’elle s’expie par la peine supportée avec désir, amour et contrition du cœur, non à raison même de la peine, mais en raison du désir de l’âme. Le désir — comme d’ailleurs toute vertu — n’a de valeur, n’a en soi de vie, que par le Christ crucifié, mon Fils unique, pour autant que l’âme a puisé en lui l’amour, et modèle sa vertu sur la sienne, en suivant ses traces. C’est de là et de rien d’autre, que les peines tirent leur valeur. Ainsi peuvent-elles satisfaire à la faute, par le doux et profond amour acquis dans l’aimable connaissance de ma bonté, et par l’amertume et contrition du cœur qui procède de la connaissance de soi-même et de ses fautes. Cette connaissance engendre ce regret du péché et cette haine de la sensualité qui font que l’âme s’estime digne des châtiments et indigne de toute consolation, ainsi que le disait la douce Vérité.

(...) Si tu veux parvenir à la connaissance parfaite, si tu veux me goûter, moi la Vérité éternelle, voici la voie : Ne sors jamais de la connaissance de toi-même et demeure abaissée dans la vallée de l’humilité. Tu me connais moi-même en toi, et de cette connaissance tu tireras tout le nécessaire.

samedi 19 septembre 2015

Réponse de Dieu le Père au désir de Sainte Catherine d'être punie à la place des pécheurs



Premier enseignement de Dieu le Père : on expie nos péchés et les péchés des autres par le désir infini, la vraie contrition, la plus infinie possible. Ce n'est donc pas tant la souffrance infinie qui expie que l'intensité de la contrition. Plus loin dans le Dialogue, Dieu explique que pour lui plaire, point n'est besoin de sentir la contrition, du moment qu'on a un ardent désir de celle-ci : le Père nomme cela les larmes de feu.

« Ne sais-tu pas, ma fille, que toutes les peines que l’âme supporte ou peut supporter en cette vie ne suffisent pas à punir même la plus petite faute. L’offense qui m’est faite à moi, le Bien infini, appelle une satisfaction infinie. C’est pourquoi je veux que tu saches que toutes les peines de cette vie ne sont pas une punition, mais une correction [...] Mais c’est avec le désir de l’âme que l’on expie, c’est par la vraie contrition, c’est par le regret du péché que l’on satisfait à la faute et à la peine. Une souffrance infinie est impuissante, il faut le désir infini.

« Infini je suis, et je veux un amour infini, une douleur infinie. Cette douleur infinie je la réclame de la créature, et pour ses propres offenses personnelles commises contre moi son Créateur, et pour celles qu’elle voit commettre par le prochain. Ceux-là seuls ont un désir infini, qui sont unis à moi par affection d’amour. C’est à ce titre qu’ils s’affligent lorsqu’ils m’offensent ou qu’ils me voient offensé. Toutes leurs peines, soit spirituelles, soit corporelles, de quelque côté qu’elles viennent, reçoivent ainsi un mérite infini et satisfont à la faute qui est due à une peine infinie, bien qu’elles soient des œuvres finies, faites dans un temps fini. La vertu du désir a agi en elles. Elles ont été supportées, avec désir et contrition et déplaisir infinis de la faute. De là leur prix."

vendredi 18 septembre 2015

Sainte Catherine demande à être punie à la place des pécheurs




Le matin venu, à l’heure de la messe, elle se rendit à sa place, toute angoissée de désir, pénétrée de la connaissance d’elle-même, rougissant de son imperfection, s’estimant la cause de tout le mal qui se faisait dans le monde entier, concevant avec un sentiment de sainte justice la haine et le mépris d’elle-même, Par cette connaissance, par cette haine, par cette justice elle purifiait les souillures qui lui paraissaient être dans son âme, par sa faute. « Ô Père éternel, disait-elle, contre moi, j’en appelle moi-même à vous ! Punissez-moi des offenses en ce temps qui passe. Et puisque je suis cause par mes péchés des peines que doit porter mon prochain, je vous demande en grâce de le punir sur moi. »

jeudi 17 septembre 2015

Comment mettre encore davantage la pagaille dans l'Eglise? En créant un schisme.



Comment mettre encore davantage la pagaille ? Telle est la question que se pose journellement la franc-maçonnerie. Ordo ab chaos, telle est leur devise. Cette devise signifie qu'ils veulent mettre le chaos dans la société à tous les niveaux, dans tous les milieux, afin de reconstruire à la place un nouvel ordre mondial luciférien, quand tout aura été balayé et que les gens auront été définitivement déboussolés. C'est ce que dit très clairement le mage et haut franc-maçon Albert Pike, le 15 août 1871 (cf. livre Pawns in the game). 

L'élection du pape François, Benoît XVI étant maintenu pape émérite, rentre dans cette logique, à mon avis. En effet, cela fait plusieurs fois que l'on peut constater que l'on cherche à présenter le pape François comme un affreux et le pape Benoît XVI comme un bon... alors qu'ils sont tous les deux hérétiques (cf. l'étrange théologie de Benoît XVI de Mgr Tissier de Mallerais) et qu'ils diffusent tous deux les idées de la franc-maçonnerie. 

Les cardinaux et les évêques ayant tous été nommés par le franc-maçon Jean-Paul II ou les papes suivants qui ne valent pas mieux (cf. les études de Don Luigi Villa sur Benoît XVI, site Chiesa viva), il est fort probable qu'ils sont tous franc-maçons. Or voici qu'une partie de  ces francs-maçons fait actuellement semblant de se révolter contre François, faussement "choqués" par son attitude vis-à-vis du mariage chrétien. Ne soyons pas dupes. Tout cela est une comédie. Il me semble qu'ils cherchent à créer un schisme, avec deux papes. C'est pour cela qu'ils ont maintenu Benoît XVI pape émérite et que les médias continuent à lui faire une publicité favorable. 

Voici un extrait de leurs simagrées :


Vatican: Révolte contre François

Julius Müller-Meiningen
Die Zeit, le 10 septembre 2015.
Des prélats de haut rang du Vatican se révoltent contre la récente décision du pape sur l’annulation du mariage. Ils lui reprochent d’abandonner un dogme essentiel.

Pour eux, la coupe est pleine. Dans trois semaines, les évêques catholiques du monde entier vont se réunir au Vatican, pour débattre de la marche à suivre par l’Eglise. A Rome, les pères synodaux vont trouver un appareil qui a définitivement déclaré la guerre au pape. Dans les enceintes sacrées de la Curie circule un dossier, qu’on peut lire dans « Christ und Welt », supplément au journal Die Zeit ; on y recense systématiquement les supposés péchés du pape. « François a laissé tomber le masque » dit un haut prélat du Vatican.

Le dernier texte promulgué par le pape argentin, âgé aujourd’hui de 78 ans, a mis le feu aux poudres de ce que l’on peut assurément définir comme le prodrome d’une résistance organisée contre François. En publiant mardi dernier un document qui permet, plus facilement et plus rapidement, une annulation du mariage religieux, le pape a placé l’Eglise devant le fait accompli. Mitis Iudex Dominus, ainsi s’intitule cet édit, c’est à dire « le Seigneur, juge clément ». Mais de cette clémence, que François veut offrir aux croyants en conflit avec les règles de l’Église, la curie ne veut pas entendre parler. Beaucoup de Monsignori, qui sont nominalement aux commandes de l’Église universelle, sont hors d’eux-mêmes.

On le voit dans un dossier au langage cinglant qui circule ces jours-ci dans les bureaux les plus importants du Vatican, au nombre desquels il faut compter aussi la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et la Secrétairie d’Etat. Le motu proprio sur l’allègement de la déclaration de nullité du mariage y est épluché juridiquement, dans ses moindres détails. On y reproche principalement au pape d’avoir contourné les congrégations compétentes dans une matière aussi essentielle pour l’Église et d’avoir de facto introduit « le divorce catholique ». Le document, qui compte plusieurs pages, parle d’une « évolution inquiétante » où la procédure législative régulière dans l’Église universelle est réduite à néant. La plupart des fusibles dans le processus d’annulation du mariage se trouvent délibérément « court-circuités ».

Mgr Fellay, les 12 et 13 octobre 2013 à Kansas City, avait également présenté François comme un affreux et Benoît XVI comme étant de valeur. Il avait parlé de deux papes, ce qui avait suscité la réaction de certains. C'est à la suite de cette conférence que j'ai soupçonné qu'ils préparaient un schisme, Mgr Fellay semblant par moments vraiment vouloir nous rallier à Benoît XVI en désobéissant à François. Malheureusement, je n'ai pas le script complet de cette conférence et du sermon et je n'ai pas le temps de tout réécouter pour retrouver les citations de Mgr Fellay. Pour les courageux, on peut les trouver sur ce lien. http://sspx.org/en/media/audio/bishop-fellay-10-12-2013-ap-conference-1-2625
Si quelqu'un avait le script complet en anglais de la conférence et du sermon, cela m'intéresserait beaucoup qu'il me les envoie par email à indominosperavi@gmail.com. 

Que penser de tout cela et que faire ?... Rien. Les laisser continuer leur comédie et pratiquer de notre côté le nullam partem avec Rome tant qu'elle n'est pas entièrement et parfaitement convertie en paroles et en actes. En cas de schisme, cela ne changera rien pour nous, puisque nous n'avons rien à faire avec ces gens-là. Gardons la vraie foi et l'état de grâce. C'est cela qui compte. Quand le moment sera venu, le Bon Dieu interviendra et remettra les choses en ordre en un instant. Laissons-les s'agiter et empêchons-les de nous agiter et de nous faire perdre la paix, en obéissant à l'enseignement multiséculaire de l'Eglise qui enseigne que l'on ne doit pas fraterniser avec les hérétiques et encore moins se mettre sous leur autorité.

Premiers mots du Dialogue de Sainte Catherine de Sienne




La situation de l'Eglise actuellement présente plusieurs similitudes avec la situation à l'époque  de Sainte Catherine de Sienne. Elle est cependant pire à présent. Mais les remèdes que Dieu le Père donne à Sainte Catherine sont toujours extrêmement précieux pour notre époque et pour notre vie spirituelle. Nous allons donc étudier certains passages de ce livre dicté par Dieu à Sainte Catherine, afin de chercher la solution que la Sagesse éternelle proposerait à la crise actuelle. Voici les premiers mots du Dialogue :

Grand était ce désir et continuel. Mais il s’accrut bien davantage,quand la Vérité première lui eut fait voir la misère du monde, et dans quel péril il se trouvait par ses offenses contre Dieu. Elle avait aussi reçu du Père de son âme une lettre où il lui découvrait la peine et la douleur intolérable que lui causait l’outrage à la majesté divine, la perte des âmes et la persécution de la sainte Église. Tout cela attisait le feu du désir. À la douleur qu’elle ressentait de l’injure faite à la Divinité se joignait chez elle l’allégresse d’une vive confiance qui lui faisait espérer que Dieu pourvoirait à tant de maux.

mercredi 16 septembre 2015

Il est lent à la colère et riche en bonté


Mais maintenant encore, oracle de Yahweh, revenez à moi de tout votre coeur, avec des jeûnes avec des larmes et des lamentations.
Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et revenez à Yahweh, votre Dieu; car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté, et il s'afflige du mal qu'il envoie.
Qui sait s'il ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s'il ne laissera pas après lui une bénédiction, l'offrande et la libation pour Yahweh, notre Dieu? 
Joël

lundi 14 septembre 2015

Dieu ne nous a pas donné un esprit de pusillanimité



St Paul 2 Timothée ch. 1 v. 7- 12

Car ce n'est pas un esprit de pusillanimité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi. N'aie donc pas honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi, son prisonnier ; mais prends ta part de souffrances pour l'Evangile, moyennant la force de Dieu, qui nous a sauvés et nous a appelés par une vocation sainte, non en vertu de nos œuvres, mais en vertu de son propre décret et de sa grâce [...] C'est pourquoi aussi j'endure ces souffrances, mais je n'en ai point honte, car je sais en qui j'ai mis ma confiance, et j'ai la conviction qu'il a le pouvoir de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là.

dimanche 13 septembre 2015

Ce que Jésus veut pour nous



Jn, XVII, 24, 26

"Père, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je suis, ils y soient avec moi, afin qu'ils voient la gloire que vous m'avez donnée, parce que vous m'avez aimé avant la création du monde.

Et je leur ai fait connaître votre nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont vous m'avez aimé soit en eux, et que je sois moi aussi en eux."

samedi 12 septembre 2015

12 septembre : Fête du Saint Nom de Marie



Extraits des gloires de Marie, chapitre X :

" Tous les démons tremblent devant mon nom. Dès qu'ils l'entendent, ils relâchent aussitôt l'âme qu'ils retenaient captive en leurs griffes. "
" Dès qu'ils entendent les âmes justes prononcer mon nom, les bons anges se pressent autour d'elles."(Rev. Sainte Brigitte Livre 1 ch. 9, citées par Saint Alphonse de Liguori.)

Saint Alphonse ajoute : "L'admirable nom de Marie est comme une tour inexpugnable, c'est le mot de Richard de Saint Laurent, laquelle met à l'abri de la mort les pécheurs qui s'y réfugient. Les plus désespérés y trouvent une défense et le salut (...) "Elle défend tous les pécheurs quels qu'ils soient et de quelques péchés qu'ils soient chargés." (Richard de Saint Laurent, De laudibus B. M. V. livre I ch. II)

"Dans le doute [de savoir] si l'on est exempt de péché après une tentation impure, celui qui a conscience d'avoir invoqué le nom de Marie a la preuve certaine de ne pas avoir blessé la vertu." Saint Alphonse de L. chapitre 10

Rev. de sainte Brigitte livre I, ch. 50 : Jésus parle à Marie : "Maintenant donc, demandez tout ce que vous voudrez, et il vous sera donné, car vous tirez puissamment ma miséricorde infinie, par les douces paroles de votre bouche.

Sa Mère lui répondit, disant : Mon Fils, d’autant que j’ai acquis et obtenu de vous miséricorde, j’ose vous demander miséricorde et secours pour les pauvres misérables.  Certes, il y a quatre lieux : le premier est le ciel, où sont les anges et les âmes des saints, qui n’ont besoin de personne, sinon de vous, qu’ils possèdent d’une manière ineffable, car en vous, ils jouissent à souhait de tout bien.  Le deuxième lieu, c’est  l’enfer effroyable, dont les habitants sont remplis de malice et de désespoir, et sont exclus de toute miséricorde : c’est pourquoi éternellement rien de bien ne peut entrer en eux.  

Le troisième lieu est le purgatoire ; ceux qui y sont détenus ont besoin d’une triple miséricorde, parce qu’ils sont affligés triplement : 1° ils sont troublés en l’ouïe, parce qu’ils n’entendent que cris, douleurs, peines et misères ; 2° ils sont affligés par la vue, attendu qu’ils ne voient rien que leur misère ; 3° ils sont affligés par l’attouchement, d’autant qu’ils sentent la chaleur intolérable du feu et la gravité des peines.  Mon Fils et mon Seigneur, donnez-leur miséricorde à raison de mes prières.


Son Fils lui répondit : Je leur donnerai librement, par considération pour vous, une triple miséricorde : 1° leur ouïe sera allégée, leur vue sera adoucie, leur peine sera plus douce et plus agréable.  De plus, tous ceux qui maintenant sont en la plus grande peine du purgatoire, viendront au milieu, et ceux qui sont au milieu viendront en une peine légère ; mais ceux qui sont en une peine légère, s’en iront dans le repos éternel.

Sa Mère lui répondit : Mon Seigneur, louange et honneur vous soient donnés !

Et incontinent après, elle ajouta et dit à son cher Fils : Le quatrième lieu, c’est le monde, dont les habitants ont besoin de trois choses : 1° de contrition pour leurs péchés ; 2° de satisfaction ; 3° de force pour le bien.


Son Fils lui répondit : Quiconque invoquera votre nom et aura espérance en vos prières, avec la résolution de corriger et d’amender ce qu’il aura fait, ces trois choses lui seront données, et après, le royaume céleste, car je sens tant de douceur en vos paroles que je ne puis refuser ce que vous me demandez ; car aussi vous ne voulez que ce que je veux. 


vendredi 11 septembre 2015

La préface du Père Antoine de Morgon (article revu et augmenté)



Article initialement écrit le 11 septembre 2015. 
Ce matin du 12 septembre, prise de doutes sur le bien fondé de l'accusation que je lançais contre le Père Antoine, j'ai consulté les différents sens des mots "issu de" dans plusieurs dictionnaires de la langue française. Les dictionnaires me donnent tous raison. Je publie donc à la suite de cet article, en note, ce qu'ils disent. A partir de leurs définitions, on voit que lorsqu'on parle d'une famille, issu de signifie toujours la génération, stricto sensu. Il est donc impossible théologiquement de dire que Jésus est issu de la Sainte Famille.

La préface du livre de François-Xavier Péron sur le Pape François, rédigée par le Père gardien de Morgon se termine ainsi (le passage problématique a été mis en caractères gras soulignés par Avec l'Immaculée):


Que la Sainte Famille, dont notre Sauveur trois fois Saint est issu intercède auprès de la sainte Trinité afin que soient promues à nouveau dans l’Eglise les vraies valeurs catholiques de la famille pour que refleurisse aux quatre coins du monde la Sainteté chrétienne et qu’enfin soit définitivement renouvelée la face de la Terre comme nous le récitons dans le « Veni Sancte Spiritus » !

Fr. Antoine de Fleurance O.F.M Cap.
Père Gardien du Couvent Saint-François de Morgon

Commentaire d'Avec l'Immaculée :

Il est entièrement faux d'écrire que notre Sauveur est issu de la Sainte Famille, à moins que pour le Père Antoine, Notre Sauveur ne soit pas Notre-Seigneur Jésus-Christ mais quelqu'un d'autre. Cette expression ne peut se comprendre d'une façon catholique. En effet, Jésus n'a pas été conçu de façon naturelle, mais par l'opération du Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité. Saint Joseph est vierge et la Très Sainte Vierge Marie aussi. Le Saint-Esprit l'a prise sous son ombre et a conçu en elle Jésus-Christ, Dieu fait homme. 

Saint Joseph est le père nourricier de Jésus mais n'est intervenu en rien dans sa conception. Jésus peut donc être considéré à raison comme étant issu de la Sainte Vierge Marie car il a été formé de la chair de Marie et le sang de sa sainte Mère coule en ses veines... mais par contre, il ne peut absolument pas être considéré comme étant "issu de la Sainte Famille". 

Une famille comporte en effet au minimum deux personnes. Si l'expression "notre Sauveur, issu de la Sainte Famille" était vraie, cela impliquerait que Jésus est issu de Saint Joseph et de la Sainte Vierge ! Saint Joseph serait donc celui qui a conçu Jésus, ce qui est faux et blasphématoire. Jésus a été conçu par le Saint-Esprit, voilà ce que nous enseigne la foi catholique. Il y a en lui une seule personne divine et deux natures : la nature humaine et la nature divine, unies "sans confusion ni changement, sans division ni séparation"  en sa personne adorable (cf. Concile de Chalcédoine en 451): c'est le mystère de l'union hypostatique. Jésus est pleinement Dieu et en même temps pleinement homme. Il a été conçu du Saint-Esprit et est né de la Sainte Vierge Marie. 

Conclusion :

Il est entièrement faux, hérétique et blasphématoire d'écrire que notre Sauveur est issu de la Sainte Famille.

Note :
Voici ce que disent les dictionnaires :
Larousse en ligne :
être issu
verbe intransitif
(ancien français issir, sortir, du latin exire)
- Provenir par descendance de quelqu'un, d'une famille : Issu d'une famille de paysans.
- Être la conséquence de quelque chose : La révolte est issue du mécontentement général.
- En parlant d'une droite (respectivement demi-droite), contenir (respectivement avoir pour origine) un point donné.

Dictionnaire en ligne de l’académie française :
ISSU, -UE adj. XIIe siècle, eissuz. Participe passé de l'ancien eissir, issir (voir Issant).
Issu de, qui est né de telle famille, de telle lignée ; qui descend de. De ce mariage sont issus beaucoup d'enfants. Il est issu d'une famille de magistrats. Des cousins issus de germain, dont les parents respectifs étaient cousins germains.  
Par ext. Un homme issu du peuple, de telle province. Deux ingénieurs issus de la même école.  
Fig. Qui est venu à la suite de, constitue le prolongement, le résultat de. Les langues issues du latin. Une doctrine issue de la pensée des Lumières.

Littré :
issu, ue
(i-su, sue) part. passé de l'ancien verbe issir, qui signifiait sortir
1. Descendu d'une personne, d'une race.
[Il] est d'aïeux issus de sang royal, [Rotrou, Vencesl. IV, 6]
Et, malgré le héros de Jupiter issu [Alexandre], [La Fontaine, Fabl. IV, 12]
Issue de cette race [de saint Louis], fille de Henri le Grand et de tant de rois, son grand cœur a surpassé sa naissance, [Bossuet, Reine d'Anglet.]
Alors soyez issu des plus fameux monarques, [Boileau, Sat. V]
Et vous-même ignorez de quels parents issu, De quelles mains Joad en ses bras l'a reçu, [Racine, Athal. III, 4]
Cousins issus de germain, enfants de deux cousins germains.
Mon dessein, dit la princesse, est assurément de ne jamais me séparer de mon cousin issu de germain mais je crois qu'il convient que je me rende auprès du roi mon père, [Voltaire, Princ. de Babyl. 11]
On dit absolument : ils sont issus de germain.
2. Provenu, advenu.
S'il doit réparer le mal qui en sera issu, [Pascal, Prov. 8]

 Petit Robert :
Issu, ue adj. (p.p de l’ancien français issir « sortir » (latin exire)
- qui est né (de qqu) : il est issu d’une famille modeste.
- qui provient ( de qqch) : Les progrès issus des travaux scientifiques.



Prière de Jésus pour nous



Jn, XVII, 17, 19-21

Sanctifiez-les dans la vérité.
Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés en vérité.
Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi,
Pour que tous ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, pour que, eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé.



jeudi 10 septembre 2015

Qu'est-ce que la vie éternelle ?



Jn, XVII, 3
"la vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ."

mercredi 9 septembre 2015

Un sujet de joie


Epître de saint Jacques, I, v. 2- 6
Ne voyez qu'un sujet de joie, mes frères, dans les épreuves de toute sorte qui tombent sur vous;
sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience.
Mais que la patience soit accompagnée d’œuvres parfaites, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne laissant à désirer en rien.
Si la sagesse fait défaut à quelqu'un d'entre vous, qu'il la demande à Dieu, lequel donne à tous simplement, sans rien reprocher et elle lui sera donnée.
Mais qu'il demande avec foi, sans hésiter car celui qui hésite est semblable au flot de la mer, agité et ballotté par le vent.

mardi 8 septembre 2015

Un texte de nouveau d'actualité




Révélations de sainte Brigitte livre 1 chap 5 extraits. Un texte de nouveau d'actualité :

Je suis le Créateur de toutes choses. Je suis le Roi de gloire et le Seigneur des anges. Je me suis fait un noble camp où j'ai mis mes élus. Mes ennemis ont percé le fondement de ce camp, et ils ont tellement prévalu sur mes amis, qu'ils ont fait sortir la moëlle de leurs pieds liés et attachés à la colonne. Leur bouche a été froissée avec des pierres, et ils ont été opprimés de faim et de soif ; et d'ailleurs, ils poursuivent leur Seigneur. Maintenant, mes amis demandent secours avec gémissement ; la justice crie vengeance, et la miséricorde néanmoins veut le pardon.

Alors Dieu même dit à l'armée céleste qui est debout devant lui : Que vous semble-t-il de ceux-ci, qui ont envahi et occupé mon camp ? L'armée céleste répondit unanimement Seigneur, en vous est toute justice, et en vous nous voyons toutes choses. Vous êtes Fils de Dieu, sans principe et sans fin ; tout jugement vous est donné ; vous êtes leur juge. Et Notre-Seigneur leur dit : Bien que vous sachiez et voyiez tout en moi, néanmoins, pour l'amour de cette épouse (sainte Brigitte), prononcez un juste jugement. Et eux répondirent : Telle est la justice et l'équité : que ceux qui ont percé la muraille soient punis comme des larrons ; que ceux qui persistent en leur malice, soient châtiés comme ceux qui entrent par assaut ; que les captifs soient affranchis et les faméliques rassasiés.


Alors la Mère de Dieu, la Sainte Vierge Marie, s'étant tue au commencement, parla en ces termes : Mon Seigneur et mon très cher Fils, vous avez été en mon ventre vrai Dieu et vrai homme; vous m'avez sanctifiée par votre bonté, moi qui n'étais qu'un vase de terre. Je vous en prie, ayez pitié d'eux encore une fois.


Alors Notre-Seigneur répondit à sa Mère : Bénie soit la parole de votre bouche ! elle s'est élevée vers Dieu comme une agréable odeur. Vous êtes la gloire et la Reine des anges et des saints, attendu que vous avez en quelque sorte consolé la divinité et réjoui tous les saints. Et parce que votre volonté a été, dès le commencement de votre jeunesse, unie à la mienne, je ferai encore une fois ce que vous voulez. 

Et il dit à l'armée céleste : D'autant que vous avez généreusement combattu, je serai encore apaisé à raison de votre charité. Voilà que je réédifierai ce mur pour l'amour de vos prières. Je sauverai et guérirai ceux qui ont été opprimés par violence; je les honorerai au centuple au-delà des calomnies qu'ils ont souffertes. Mais je donnerai paix et miséricorde à ceux qui se feront violence et qui me demanderont miséricorde ; et ceux qui la mépriseront sentiront et éprouveront ma justice.

(...) Maintenant aussi, je vous dirai ce que ces choses signifient : le camp dont nous avons parlé ci-dessus est l'Église militante, que j'ai édifiée de mon sang et de celui de mes saints ; je l'ai liée et conjointe par mon amour et j'ai mis en elle mes élus et mes amis. La foi en est le fondement, savoir, de croire que je suis juge juste et miséricordieux. 

Or, maintenant, le fondement est creusé, d'autant que tous croient en moi et publient ma miséricorde, mais presque pas un ne me publie juste juge ni ne croit que je juge justement. Car le juge serait inique, qui, ému de miséricorde, renverrait les méchants impunis, afin que les méchants oppriment de plus en plus les justes. Or, je suis juge juste et miséricordieux, de sorte que je ne laisse pas le moindre péché impuni ni le moindre bien sans récompense. Ceux qui pèchent sans crainte, qui nient que je sois juste, et troublent de la même manière mes amis qui ont troublé ceux qui sont liés au cep, sont entrés en la sainte Église par le creux de la muraille, car mes amis n'ont point de joie ni de consolation, mais on vomit sur eux mille sorte d'opprobres, et on les tourmente comme des démoniaques. S'ils parlent de moi avec vérité, on les repousse et on les accuse de mensonge. Il y en a qui désirent grandement d'ouïr parler ou dire des choses bonnes, mais il n'y a personne qui les écoute ou qui leur parle des choses justes. On vomit des blasphèmes contre moi, qui suis Seigneur et Créateur : ils disent en effet : Nous ne savons pas s'il y a un Dieu ; et, s'il y en a un, ne nous en soucions point. Ils jettent par terre l'étendard de ma croix et le foulent aux pieds, disant : Pourquoi a-t-il souffert ? A quoi cela nous sert-il ? S'il veut satisfaire ici nos appétits et nos désirs, nous en sommes contents : qu'il garde son royaume et son ciel. Je veux aussi entrer dans leurs cœurs, mais ils disent : Nous aimons mieux mourir que de quitter nos volontés. Voyez, ô mon épouse ! de quelle trempe ils sont : je les ai faits, et avec une parole, je pourrais les effacer et détruire : néanmoins, regardez comme ils s'enorgueillissent contre moi. Or, maintenant, à raison des prières de ma Mère et de tous les saints, je suis encore si miséricordieux et si patient, que je veux leur envoyer les paroles qui sont sorties de ma bouche, et leur offrir ma miséricorde. S'ils le veulent recevoir, je serai apaisé et je les aimerai, sinon, je leur ferai ressentir ma justice, et ils seront confondus publiquement devant les anges et les hommes, et ils seront jugés de tous comme des larrons. Car comme des larrons pendus au gibet sont dévorés par les corbeaux, de même ceux-ci seront dévorés par les démons sans jamais se consommer ; et comme aussi ceux qui sont punis par le cep de bois ne trouvent aucun repos, de même ceux-ci seront en tout et partout environnés de douleur et d'amertume. Un fleuve ardent coulera en leur bouche, et leur ventre ne sera pas rempli et rassasié, mais de jour en jour ils seront en proie à de nouveaux supplices. 
Or, mes amis seront sauvés, et seront consolés par les paroles qui sortent de ma bouche. Ils verront ma justice et ma miséricorde. Je les revêtirai des armes de l'amour, et les rendrai tellement forts, que les adversaires de la foi tomberont à la renverse comme de la boue ; et ils auront honte éternellement, quand ils verront ma justice, parce qu'ils ont abusé de ma patience.