samedi 31 mai 2014

Appel à tous les parrains et marraines : 1er JOUR NEUVAINE AU SAINT ESPRIT POUR LA RÉSISTANCE, AVEC INTENTION SPÉCIALE POUR MORGON



Nous appelons tous les prêtres de la Résistance externe et interne, tous les parrains et marraines, tous les membres de la Résistance, à commencer aujourd'hui une neuvaine au Saint-Esprit, qui se terminera le jour de la Pentecôte, afin d'implorer instamment les grâces dont nous avons besoin. 

Nous prierons spécialement pendant cette neuvaine pour les Capucins de Morgon et d'Aurenque. Il faut que le Père Antoine (Père Gardien des Capucins) obtienne la lumière et revienne très rapidement sur son entier soutien à Mgr Fellay. Soutenir Mgr Fellay, c'est en effet soutenir les six conditions. C'est donc soutenir le principe de l'accord pratique avec Rome, lequel est inacceptable, qu'il soit avec ou sans contrepartie, avec ou sans signature, à l'essai ou définif, nommé "accord", nommé "reconnaissance canonique" ou encore d'un autre nom.  Il est impossible en conscience d'accepter le principe que l'on puisse se remettre sous l'autorité romaine maçonnique et hérétique. Ce qui est le plus important, ce n'est pas qu'un accord soit ou non conclu avec Rome. Ce qui est le plus décisif, c'est déjà d'accepter le principe qu'on puisse en conclure un. L'essence de la Révolution est là, dans cette acceptation. Elle n'est pas dans les conséquences pratiques qui en découleront à plus ou moins long terme. Supplions donc en particulier le ciel pour nos Capucins. 
Tous les jours pendant neuf jours, nous mettrons donc un petit texte de méditation (facultatif). Comme prières, nous suggérons tous les jours :

-  un Souvenez-vous

- trois fois l'invocation : Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum. (c'est-à-dire : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole.) 
[C'est à cette Parole que la Sainte Vierge est devenue pleinement l’épouse du Saint-Esprit et qu'elle a conçu, par Lui, le Fils de Dieu. Ce sont donc ces paroles qui sont les plus puissantes pour attirer le Saint-Esprit dans notre âme.]

- une prière à l'Esprit-Saint : le Veni Creator, si possible. Si ce n'est pas possible, la prière Venez Esprit-Saint.

- trois fois l'invocation : Pater, non mea voluntas, sed tua fiat. Père, non pas ma volonté, mais la vôtre. 
[Paroles de Jésus au Jardin des Oliviers, à réciter spécialement pour tous ceux qui doivent prendre prochainement une décision].

Méditation pour le premier jour

Allons au Cénacle avec les saintes femmes, les apôtres et la Sainte Vierge. Demandons  à la Sainte Vierge d'intercéder pour nous, afin que nous recevions le Saint-Esprit, comme elle a intercédé pour que l'Eglise naissante le reçoive. Demandons lui pardon de nos négligences et de notre froideur à la prier. 

"Après les vêpres, pendant qu'on portait en procession selon l'usage les reliques et l'image de la bienheureuse Vierge, elle se rappelait avec peine comment la maladie l'avait empêchée pendant l'Avent de multiplier ses hommages et ses prières afin de les offrir à la Vierge Mère en une fête qui lui est si chère. Mais instruite soudain par l'onction du Saint-Esprit, elle sut ce qu'elle devait faire et offrit à la Vierge sans tache le très noble et très doux Cœur de Jésus-Christ pour suppléer à toutes ses négligences. La bienheureuse Vierge l'accepta avec grande joie et reconnaissance et y trouva des délices qui l'emportent sur tous les honneurs et les services, car ce Cœur très noble qui contient en lui seul tous les biens, lui offrait l'ensemble de tout ce que la dévotion et la prière des fidèles pourront jamais faire pour honorer sa divine Maternité."

- Souvenez-vous :


Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé votre secours, ait été abandonné. Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds.Ô Mère du Verbe incarné ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.


- Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum (trois fois) [Voici le servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole]

- Veni creator :

Veni, creator, Spiritus,   
Mentes tuorum visita,  
Imple superna gratia,     
Quae tu creasti pectora, 

Qui diceris Paraclitus,    
Altissimi donum Dei.       
Fons vivus, ignis, caritas  
Et spiritalis unctio.            

Tu septiformis munere,        
Digitus paternae dexterae. 
Tu rite promissum Patris,    
Sermone ditans guttura.       

Accende lumen sensibus  
Infunde amorem cordibus,   
Infirma nostri corporis      
Virtute firmans perpeti.           

Hostem repellas longius 
Pacemque dones protinus; 
Ductore sic te praevio 
Vitemus omne noxium. 

Per te sciamus da Patrem, 
Noscamus atque Filium; 
Teque utriusque Spiritum 
Credamus omni tempore. 

Deo Patri sit gloria, 
Et Filio, qui a mortuis 
Surrexit, ac Paraclito 
In saeculorum saecula. 

Amen.

- Pater, non mea voluntas, sed tua fiat. (trois fois)

Traduction :

O Esprit Créateur,
 Venez visitez les âmes des fidèles,
Remplir de la Grâce céleste
Les coeurs que vous avez créés

Vous êtes appelé le Consolateur
Le Don du Dieu Très-Haut
La source d'eau vive, le feu, l'amour,
Et l'onction spirituelle

Versant sur nous vos sept Dons
Vous êtes le doigt de la main du Père.
Promis solennellement par lui aux  hommes
Vous venez leur apporter la puissance du langage

Eclairez nos esprits de votre lumière
Versez l'amour dans nos cœurs
Soutenez la faiblesse de notre  corps
Par votre incessante énergie

Repoussez l'Ennemi loin de nous,
Hâtez-vous de nous donner la paix ;
Marchez devant nous comme notre chef,
Et nous éviterons tout mal.

Faites-nous connaître connaître Dieu le Père
Faites-nous apprendre aussi le Fils
Et croire en tout temps que vous êtes
L'unique Esprit de l'un et l'autre

Gloire soit à Dieu le Père,
Gloire soit au Fils ressuscité des morts
Gloire au Paraclet
Dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.

- Père, non pas ma volonté mais la vôtre (trois fois)

Uniquement pour ceux qui seraient empêchés de réciter le Veni Creator :

Prière Venez Esprit Saint :
« Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.»
V/. Envoyez votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle.
R/. Et vous renouvellerez la face de la terre.
Oraison : Ô Dieu, qui avez instruit les cœurs de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d'aimer ce qui est bien, et de jouir toujours de ses divines consolations. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

mercredi 28 mai 2014

Révélations de saintes sur l'Ascension



"Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, en redescendra un jour de la même manière que vous l'avez vu y monter." (Actes I, 11)


"DU PROFIT QUE LES HOMMES PEUVENT RETIRER DE L’ OFFRANDE FAITE PAR LE SEIGNEUR ET LES SAINTS.

Celle-ci [Ste Gertrude] devait, un matin, recevoir le corps du Christ et gémissait de se trouver si peu préparée. Elle pria la sainte Vierge et tous les saints d'offrir pour elle au Seigneur les ferventes dispositions qu'ils apportaient durant leur vie à la réception de la grâce. De plus, elle supplia Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même d'offrir cette perfection dont il était revêtu au jour de son Ascension lorsqu'il se présenta à Dieu le Père pour être glorifié.
Tandis qu'elle s'efforçait, plus tard, de connaître le résultat de sa prière, le Seigneur lui dit : « Aux yeux de la cour céleste, tu apparais déjà revêtue de ces mérites que tu as désirés. » Il ajouta : « Aurais-tu donc tant de peine à croire que moi, qui suis le Dieu bon et tout-puissant, j'ai le pouvoir d'accomplir ce que peut faire le premier venu ? En effet, celui qui veut honorer un ami le couvre de son propre vêtement ou d'un costume semblable, afin que cet ami se montre en public aussi richement habillé que lui. »
Mais celle-ci se souvint qu'elle avait promis à plusieurs personnes de communier ce jour-là à leur intention, et pria Dieu de leur accorder le fruit de ce sacrement. Elle reçut cette réponse : « Je leur donne la grâce réclamée, mais elles garderont la liberté de s'en servir à leur gré. »
Comme elle demandait ensuite de quelle manière il voulait que ces âmes cherchassent à en tirer profit, le Seigneur ajouta : « Elles peuvent se tourner vers moi à toute heure, avec un cœur pur et une parfaite volonté ; et lorsque avec leurs larmes et leurs gémissements elles auront imploré ma grâce, elles apparaîtront aussitôt revêtues de cette parure céleste que tu leur as obtenue par les prières. » 




"[...] Une grande troupe de saints apparut encore en ce lieu. Jean-Baptiste, Joseph, père nourricier du Seigneur, Siméon, qui recut le Christ dans le temple, y tenaient le premier rang ; tous montaient avec le Roi. La bienheureuse Vierge, Mère du Seigneur, parut aussi sur la montagne, revêtue d'un manteau semblable à celui de l'Amour, sa tunique était de couleur rouge. Elle dit à l'âme : « Toutes les douleurs que j'ai endurées avec mon Fils et à cause de mon Fils , je les ai supportées en silence et patience. J'offrais au Seigneur une prière continuelle pour l'Eglise naissante et je l'ai souvent incliné vers une miséricorde spéciale. C'est ainsi que, maintenant encore, il ne peut se dérober aux désirs de l'âme qui aime, et il en résulte que, sur terre, cette âme agit sur le Seigneur plus que si elle était déjà dans le ciel. » Alors celle-ci [Sainte Mechtilde] rappela à la bienheureuse Vierge toute la joie qu'elle ressentit à l'Ascension de son Fils : « J'ai appris dans cette joie l'allégresse et la béatitude que je recevrais à mon Assomption. » répondit-elle. 

Puis le Seigneur Jésus, s'élevant dans une ineffable allégresse, arriva devant son Père et lui présenta, renfermées en lui-même, les âmes de tous les élus, tant de ceux qui étaient montés avec lui que des élus à venir, avec toutes leurs œuvres, leurs souffrances et leurs mérites. Celles-là même qui, pour le moment, étaient en état de péché, apparaissaient dans le Christ, telles qu'elles seraient plus tard dans le ciel. Mais les âmes éprises d'amour et patientes dans la souffrance étincelaient en son Cœur d'un éclat particulier, tandis que les autres brillaient, selon leur rang, dans les diverses parties de son corps. Le Père céleste accueillit son Fils avec les plus grands honneurs et dit : « Voici que je te donne ces délices surabondantes que tu as pour ainsi dire abandonnées en descendant sur la terre d'exil ; j'y adjoins la pleine puissance de les communiquer sans réserve à toutes les âmes que tu me présentes maintenant avec toi. »
Alors le Seigneur Jésus offrit à Dieu le Père la pauvreté, les opprobres, les mépris, les douleurs, tout le labeur et les œuvres de son Humanité, comme un présent nouveau et très agréable qui n'avait jamais paru dans le ciel, quoiqu'il eût été prévu d'avance en Dieu. Le Père éternel attira ce présent en lui-même et l'unit à sa Divinité, aussi intimement que s'il eût souffert en personne. Le Seigneur Jésus offrit aussi au Saint-Esprit tout le parfum de l'amour qui avait consumé son très saint Cœur d'ardeurs sans égales, et les sept dons du même Esprit, avec leur fruit plénier, car c'est dans le Christ seul que le Saint-Esprit par ses dons a opéré d'une manière absolument parfaite, selon cette parole d'Isaïe : L'Esprit du Seigneur se reposera sur lui, esprit de sagesse, etc. (Is., XI, 3.) Aux esprits angéliques, il fit don du lait de son Humanité, dont les anges n'avaient pas eu jusque-là l'expérience ; c'est-à-dire qu'il leur donna une surabondance de douceur à puiser en cette Humanité pleine de charmes pour accroître leur joie et leur gloire. Aux patriarches et aux prophètes, il offrit une liqueur délicieuse, et ayant ainsi apaisé tous leurs désirs, il les fit reposer en lui-même. Quant aux Innocents et à ceux qui étaient morts pour la vérité, il embellit et ennoblit leurs souffrances, en les recouvrant pour ainsi dire de l'or précieux de sa glorieuse Passion et de sa mort. Il fit aussi des dons nombreux aux habitants de la terre, c'est-à-dire aux apôtres et aux autres fidèles, au sujet de la consolation intérieure, de la connaissance des choses spirituelles et de l'amour fervent. Ensuite le Seigneur, tourné vers l'âme, lui dit : « Voici que je suis monté comme un glorieux triomphateur, et j'ai enlevé avec moi tous tes fardeaux. » Par cette parole, elle comprit que les besoins et les peines de tous les hommes sont présents au Seigneur et, que combattant lui-même en nous et pour nous, il remporte une glorieuse victoire. Il ajouta : « Comme je l'ai dit à mes disciples, Dieu le Père a donné à mon Humanité la puissance de faire toute ma volonté, au ciel et sur la terre ; de remettre aux hommes leurs péchés, de faire obstacle à tout ce qui leur est hostile, d'incliner ma Divinité vers eux en proportion de leurs indigences. » Alors l'âme se prosterna aux pieds du Seigneur pour l'adorer et lui rendre grâces, mais il daigna lui adresser encore la parole et dit : « Lève-toi, ma reine, (car toutes les âmes unies à mon amour seront reines.) » L'âme, continuant à converser avec le Seigneur, lui dit encore : « Pourquoi, ô Dieu très aimable, la pensée de la mort ne me cause-t-elle que peu ou point de joie, tandis que d'autres attendent cette heure avec des transports d'allégresse ? » Le Seigneur répondit : « Cela vient d'un effet spécial de ma bonté, car si tu désirais mourir, tu attirerais mon Cœur divin avec tant de douceur que je ne pourrais te le refuser. » Elle reprit : « Pourquoi donc bien des hommes, quelquefois même très parfaits, ont-ils si grande frayeur de la mort ? Et moi-même, qui suis une misérable, je suis saisie d'effroi à la pensée de mourir. » Le Seigneur répliqua : « La crainte du trépas vient de la nature, car l'âme aime le corps et frissonne d'horreur devant l'amertume de la séparation. Mais toi, que craindrais-tu, puisque tu as reçu mon Cœur en gage d'immortelle alliance, pour maison de refuge et pour demeure éternelle ? »

Le même jour , comme on chantait le répons  : « Omnis pulchritudo Domini : toute la beauté du Seigneur, etc., » elle s'écria dans un élan d'amour: « Mon Seigneur, votre beauté, votre splendeur nous est enlevée ! » « Il n'en est rien, répondit avec bonté le Seigneur, car dans ma beauté et ma force, ma louange, ma gloire et mon amour, je demeure avec vous et j'y demeurerai à jamais » Comme on chantait à la procession : « Et benedixit eis : il les bénit », elle aperçut dans les airs, au-dessus de l'abbaye, une main admirablement belle qui bénissait la communauté pendant que le Seigneur disait  « La bénédiction que j'ai donnée jadis à mes disciples est éternelle, elle ne vous sera jamais enlevée. »



"DU JOUR SOLENNEL DE L'ASCENSION DU SEIGNEUR.


Au jour solennel de la glorieuse Ascension, elle [Sainte Gertrude] chercha dès le matin quel doux hommage de tendresse elle pourrait offrir au Seigneur, à l'heure où il s'éleva vers le ciel, c'est-à-dire à l'heure de midi. Le Seigneur lui dit : « Tu peux m'adresser dès maintenant les louanges que tu prépares pour cette heure, car en venant ce matin en toi, par le sacrement de l'autel, je goûterai de nouveau toutes les joies de mon Ascension. -- Enseignez-moi, reprit-elle, ô vous l'unique ami de mon âme, comment je puis organiser une procession qui vous soit agréable, en mémoire de cette marche si célèbre que vous fîtes avec vos disciples de Jérusalem à Béthanie avant de remonter vers votre Père. » Le Seigneur répondit : « Le nom de Béthanie signifie maison d'obéissance. Celui qui veut organiser une procession digne de moi doit, par l'offrande de son entière bonne volonté, m'introduire jusque dans le plus intime secret de son âme. Qu'il regrette ensuite les circonstances dans lesquelles il aurait préféré sa volonté à la mienne et qu'il se propose de chercher, de désirer et d'accomplir en tout mon bon plaisir. »

Au moment où elle allait recevoir la sainte communion : « Voici que je viens à toi, ô mon épouse, lui dit le Seigneur, moins pour te faire mes adieux que pour t'emmener avec moi et te présenter à mon Père. » Elle comprit alors qu'en se donnant à une âme par le sacrement de son Corps et de son Sang, le Seigneur attire et scelle en son être divin le désir et la bonne volonté de cette âme. Comme la cire offre aux regards l'empreinte dont elle a été marquée, ainsi le Fils de Dieu présente-t-il à son Père cette créature dont il a gravé l'image en lui-même, et obtient-il pour elle des grâces abondantes.

Celle-ci offrit ensuite à Dieu de courtes invocations qu'elle-même et d'autres personnes avaient adressées au Seigneur, dans le dessein d'orner ses plaies glorieuses et ses membres sacrés en sa triomphante Ascension. Aussitôt le Seigneur Jésus parut devant son Père, comme tout resplendissant de riches joyaux. Le Père céleste, dans la puissance infinie de sa Divinité, semblait attirer et absorber en lui cet éclat dont les âmes ferventes avaient orné son Fils unique. Il en faisait aussi rejaillir une splendeur merveilleuse sur les trônes réservés dans le ciel aux personnes qui avaient récité ces courtes prières, leur réservant une gloire spéciale, après l'exil de cette vie. [...]"

dimanche 25 mai 2014

Prières pour Jacques-Regis du Cray



Nous avons appris que Jacques-Régis du Cray a été hospitalisé. 

Il est du camp opposé au nôtre, mais nous devons l'entourer de prières. Nous pouvons par exemple réciter un souvenez-vous pour lui.




vendredi 23 mai 2014

Douceur et puissance du nom de Marie





NB: La traduction a été modifiée par nos soins en plusieurs endroits,  en prenant à la place la traduction du Père Jean-Baptiste Favre, C. SS. R.

O dulcis Virgo Maria 
O douce vierge Marie. 

DOUCEUR DU NOM DE MARIE 


L'auguste nom de la Mère de Dieu, le nom de Marie, n'est pas d'origine terrestre ; il ne fut pas, comme les autres noms, inventé par  l'esprit des hommes ; il ne lui fut pas donné par libre choix : descendu du ciel, il lui fut imposé par un décret divin ; ainsi l'attestent  saint Jérôme, saint Épiphane, saint Antonin et d'autres auteurs. 

" Le nom de Marie, dit saint Pierre Damien, fut tiré du trésor de la Divinité". Oui, ô Marie, ajoute Richard de Saint-Laurent, votre nom sublime et admirable est sorti du trésor de la Divinité ; les trois personnes de la Trinité sainte vous l'ont donné d'un commun accord,  ce nom qui éclipse tous les noms après celui de votre Fils ; elles l'ont rempli de tant de majesté et de puissance que, quand il est  prononcé, il faut que tout se prosterne pour le vénérer, au ciel, sur la terre et dans les enfers ". Mais, sans parler des autres  prérogatives que le Seigneur a voulu attacher au nom de Marie, considérons ici combien il l'a rendu doux aux serviteurs de cette céleste Reine, soit pendant la vie, soit à l'heure de la mort. [...]

L'abbé Francon dit à ce sujet : " Après le saint nom de Jésus, le nom de Marie est si fécond en biens de tout genre, que, ni sur la terre, ni dans le ciel, on n'entend prononcer aucun nom qui remplisse les âmes dévotes d'autant de grâces, de consolation et d'espérance. En effet, continue le même auteur, le nom de Marie renferme je ne sais quoi d'admirable, de doux et de divin, qui fait qu'il ne peut retentir dans un coeur aimant sans l'embaumer d'une odeur de sainte suavité. Et voici, dit-il en finissant, la merveille de cet auguste nom : mille fois répété, il paraît toujours nouveau à ceux qui aiment Marie, aussi bien que le plaisir avec lequel ils l'entendent ". 

Le bienheureux Henri Suso avait bien fait, lui aussi, l'expérience de cette douceur du nom de Marie. En le prononçant, il se sentait, disait-il lui-même, pénétré de confiance et enflammé d'amour ; aussi, versant des larmes de joie et transporté hors de lui-même, il eut voulu que le coeur lui bondît de la poitrine jusque sur les lèvres ; car, assurait-il, ce nom si doux, si cher, se liquéfiait au fond de son âme comme un rayon de miel. Après quoi, il s'écriait : " O nom plein de suavité ! O Marie ! que devez-vous donc être vous-même, si votre nom seul est déjà si aimable et si gracieux ? " 

De son côté, saint Bernard, s'adressant à sa bonne Mère, lui disait, en ces termes pleins de tendresse, la flamme dont il brûlait pour elle : " O grande, ô clémente, ô admirable Marie ! ô Vierge très sainte et digne de toute louange, combien doux et aimable est votre nom ! On ne peut le prononcer sans se sentir embrasé d'amour et pour vous et pour Dieu ; il suffit même que ce nom se présente à la pensée de ceux qui vous aiment, pour accroître beaucoup leur amour et les consoler ". - Ah ! si les richesses consolent les pauvres, en les tirant de leur misère, ajoute Richard de Saint-Laurent, combien plus, ô Marie, votre nom nous console dans nos peines, car, bien mieux que les richesses de la terre, il adoucit les angoisses de la vie présente ! 

En un mot, votre nom, ô Mère de Dieu,  est tout rempli de grâces et de bénédictions divines, comme le dit saint Méthode, "il en déborde de toutes parts". Aussi, assure saint Bonaventure, "personne ne saurait le prononcer dévotement sans en retirer quelque faveur". Et même, ajoute l'Idiota, il y a dans votre nom, ô Vierge Marie une telle puissance, que le pécheur, si endurci et désespéré qu'il soit, verra, en le prononçant, fondre la dureté de son coeur, ranimé par vous dans l'espérance du pardon et de l'amitié de Dieu. 

Votre doux nom, dit à son tour saint Ambroise, est un baume qui répand l'odeur de la grâce ; ah ! que ce baume de salut descende au fond de nos âmes ! Voici donc ce que le saint vous demandait par ces paroles, ô Marie, et ce que nous vous demandons après lui : faites que nous pensions souvent à invoquer votre nom avec amour et confiance ; car c'est là, sinon un signe de la présence de la grâce divine en nous, du moins un gage de son prochain retour. Il en est bien ainsi, car, ô Marie, selon la pensée de Ludolphe de Saxe, " le souvenir de votre nom console les affligés, remet dans la voie du salut ceux qui en sont sortis, et fortifie les pécheurs contre la tentation du désespoir. " 
[...] Voilà pourquoi il est dit dans les cantiques sacrés : votre nom est comme une huile répandue ; paroles qu'Alain de l'Isle commente ainsi : " L'huile guérit les malades, répand une odeur agréable, et nourrit la flamme ; et le nom de Marie guérit les pécheurs, réjouit les âmes, et les embrase du divin amour." [...]

D'autre part, au témoignage de Thomas a Kempis " les démons redoutent à tel point la Reine du ciel, que, si quelqu'un vient à prononcer son nom, ils fuient incontinent loin de lui, comme on fait pour échapper aux atteintes de la flamme ". Et, d'après une révélation de la bienheureuse Vierge elle-même à sainte Brigitte, "il n'est pas sur la terre de pécheur tellement froid dans l'amour de Dieu qu'en invoquant mon nom avec la bonne volonté de se convertir, il ne force le démon à s'éloigner aussitôt de lui." Et pour lui faire encore mieux comprendre quel respect et quelle terreur son nom inspire à l'enfer, elle lui dit une autre fois : "tous les démons tremblent devant mon nom. Dès qu'ils l'entendent, ils relâchent aussitôt l'âme qu'ils tenaient captive entre leurs griffes." Par contre, pendant que les anges rebelles s'éloignent des pécheurs qui invoquent le nom de Marie, les bons anges se rapprochent davantage des âmes justes qui le prononcent dévotement ; c'est ce qu'a dit encore Notre-Dame à sainte Brigitte. 

Selon saint Germain, comme la respiration est un signe de vie, ainsi la répétition fréquente du nom de Marie est un signe, ou que déjà la grâce vit en nous, ou qu'elle y revivra bientôt ; car ce nom puissant a la vertu d'attirer en ceux qui l'invoquent, le secours de Dieu et la vie. Enfin, Richard de Saint-Laurent dit que ce nom admirable est comme une forte tour où le pécheur qui s'y réfugie est à l'abri de la mort, où les plus désespérés trouvent une défense sûre et le salut. Mais, continue le même, cette tour céleste ne préserve pas seulement les pécheurs du châtiment qui leur serait dû ; elle protège encore les justes contre les assauts de l'enfer ; et, après le nom de Jésus, aucun nom n'est secourable aux hommes, aucun n'est salutaire à l'égal du grand nom de Marie. 

Notamment, c'est chose universellement reconnue, et dont les serviteurs de Marie font tous les jours l'expérience, que son nom puissant donne la force de vaincre les tentations contre la chasteté. Sur ces paroles de saint Luc : " Et le nom de cette vierge est Marie ", le même Richard observe que l'évangéliste a joint ensemble le nom de Marie et celui de Vierge, pour nous donner à entendre que le nom de cette Vierge très pure ne va jamais sans la chasteté. De là, cette sentence de saint Pierre Chrysologue : " Le nom de Marie est une marque de chasteté ". C'est-à-dire : celui qui doute s'il n'a pas consenti à une tentation impure, mais qui se souvient en même temps d'avoir invoqué le nom de Marie, a la preuve certaine qu'il n'a pas blessé la sainte vertu. 

Suivons donc le bon conseil de saint Bernard : " Dans les périls, dans les difficultés, dans les doutes, pense à Marie, invoque Marie ; que son nom soit sans cesse sur tes lèvres, qu'il soit toujours dans ton coeur ". Oui, toutes les fois que nous sommes en danger de perdre la grâce de Dieu, pensons à Marie, invoquons le nom de Marie, conjointement avec celui de Jésus ; car ces deux noms ne doivent jamais se séparer. Que ces deux noms si doux et si puissants ne s'éloignent jamais de notre coeur ni de nos lèvres ; ils nous donneront la force de ne pas succomber et de vaincre toutes les tentations. 

Admirables sont les faveurs promises par Jésus-Christ à ceux qui sont dévots au nom de Marie ; sainte Brigitte les apprit de la bouche du Sauveur lui-même s'entretenant avec sa sainte Mère : " Quiconque , lui disait-il, invoquera votre nom avec confiance et avec la résolution de se convertir recevra trois grâces signalées : une parfaite douleur de ses péchés et le don de satisfaire pleinement pour eux, la force de parvenir à la perfection, et finalement la gloire du Paradis. Car, ajouta le divin Sauveur, vos paroles me sont si douces et si chères, que je ne puis repousser aucune de vos demandes ". 

[...] Richard de Saint-Laurent nous assure que, par l'invocation de ce nom si saint et si doux, nous acquérons une grâce surabondantes en cette vie et un sublime degré de gloire en l'autre. 

Concluons par cette exhortation de Thomas a Kempis : " Voulez-vous donc, mes frères, être consolés dans toutes vos peines, recourez à Marie, invoquez Marie, recommandez-vous à Marie ; réjouissez-vous avec Marie, pleurez avec Marie, priez avec Marie, marchez avec Marie, cherchez Jésus avec Marie, désirez enfin vivre et mourir avec Jésus et Marie. Par ce moyen, ajoute-t-il, vous avancerez toujours dans la voie du Seigneur ; car Marie priera volontiers pour vous, et le Fils exaucera certainement sa Mère ". [...]

Le Père Sertorius Caputo de la Compagnie de Jésus, engageait tous ceux qui doivent assister un mourant, à lui répéter fréquemment le nom de Marie ; prononcé à l'heure, disait-il, ce nom de vie et d'espérance suffit à lui seul pour mettre en fuite tous les démons et fortifier les mourants dans toutes leurs angoisses. Avec non moins de zèle, saint Camille de Lellis recommandait à ses religieux d'exciter souvent les moribonds à invoquer les noms de Jésus et de Marie. Après avoir lui-même suggéré toujours cette sainte pratique aux autres, il apprit par sa propre expérience combien elle est douce et salutaire à l'heure de la mort. En ce moment suprême, raconte l'auteur de sa vie, il prononçait avec tant de tendresse les noms, si chers à son coeur, de Jésus et de Marie, que les flammes dont il était consumé se communiquaient aux assistants. Enfin, les yeux amoureusement fixés sur les images de Jésus et de Marie, le front serein et les bras en croix, il expira dans une paix céleste, en invoquant encore ces doux noms, qui furent les dernières paroles de sa vie. 

Jésus ! Marie ! . . . est-il prière plus courte que celle-là ? Et pourtant, remarque Thomas a Kempis, autant elle est facile à retenir, autant elle est douce à méditer, et elle est une puissante sauvegarde contre tous les ennemis de notre salut. 

Heureux, s'écriait saint Bonaventure, heureux celui qui aime votre doux nom, ô Mère de Dieu ! Votre nom est si glorieux, si admirable en est la vertu, que tous ceux qui ont soin de l'invoquer à l'article de la mort, n'ont rien à craindre des attaques de l'ennemi. [...]


Prière de Saint Alphonse de Liguori

O Marie, auguste Mère de Dieu et ma Mère, il est vrai que je ne suis pas digne de prononcer votre nom ; mais, puisque vous m'aimez et que vous désirez mon salut, c'est à vous de m'accorder de pouvoir toujours, quelque impure que soit ma langue, appeler à mon aide ce nom si saint et si doux, notre soutien pendant la vie, et notre salut à l'heure de la mort. 

Oui, ô Marie, Vierge si pure, ô Marie, Mère si douce, faites que votre nom soit désormais la respiration de ma vie ; et chaque fois que je vous appellerai, ah ! ma Souveraine, ne tardez pas à me secourir ; dans toutes les tentations qui viendront m'assaillir et dans toutes les épreuves que j'aurai à traverser, je veux vous appeler et ne jamais cesser de m'écrier  : Marie ! Marie ! Voilà ce que j'espère faire durant le reste de ma vie, voilà ce que j'espère faire surtout à ma mort, pour aller ensuite louer éternellement votre nom bien-aimé, ô clémente, ô bonne, ô douce Vierge Marie ! 

Aimable, tout aimable Marie, quelle consolation, quelle douceur, quelle confiance, quelle tendresse ressent mon âme, à prononcer seulement votre nom, à me rappeler seulement votre souvenir ! Je remercie mon Seigneur et mon Dieu de vous avoir donné, pour mon bonheur, ce nom si doux, si aimable et si puissant. Mais, ô ma Souveraine, il ne me suffit pas de prononcer votre nom, je veux encore le prononcer par amour. Je veux que l'amour me mette au coeur la pensée de vous appeler à chaque instant du jour, en sorte que je puisse moi aussi m'écrier comme Saint Anselme : "ô Nom de la Mère de Dieu, vous êtes mon amour !"(1)

Marie, ma Mère Bien aimée et vous aussi, ô mon bien-aimé Jésus, que vos doux noms vivent toujours dans mon coeur et dans tous les cœurs ! Que mon âme oublie tous les autres noms, pour ne se rappeler que vos noms adorés et les vénérer sans cesse ! 

Ah ! Jésus, mon Rédempteur, et vous, ô Marie, ma Mère, quand arrivera pour moi le moment de la mort, où, exhalant mon dernier souffle, je devrai quitter ce monde, oh ! alors  par vos mérites, accordez-moi cette grâce que ma bouche s'ouvre une dernière fois pour dire et redire : Jésus, Marie, je vous aime. Jésus, Marie, je vous donne mon coeur et mon âme.

Note :
(1) "O amor mei ! Nomen Matris Dei !" S. Anselmus Mantuanus, Meditatio de Salutatione B. V. M.

jeudi 22 mai 2014

Association Notre-Dame gardienne de la foi




L’Association Cultuelle Notre-Dame Gardienne de la Foi a pour mission de soutenir l’apostolat des prêtres du Combat de la Foi dans le grand Sud-Ouest.

Aidez-nous pour l’achat d’un prieuré central destiné à la communauté des prêtres desservant les différentes chapelles du Sud-Ouest dont : 
    • Une chapelle déjà ouverte dans la région de Lourdes-Pau ;
    • Suivront, avec votre générosité, d’autres chapelles dans le Pays-Basque, les Landes et la région Bordelaise. 

➜ Par chèque libellé à l’ordre de : ASSOCIATION NOTRE-DAME GARDIENNE DE LA FOI
adressé à : 86, Route de Pau - 64410 VIGNES

➜ Par virement bancaire national ou international
 code banque    code guichet    numéro de compte    clé rib
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mercredi 21 mai 2014

Le nullam partem et l'apostolat (2ème partie)


Rappelons tout d'abord la première partie de cet article. Nous avons déjà vu :

1) Que les règles du nullam partem sont forcément compatibles avec l'apostolat car c'est la volonté de Dieu que les apôtres évangélisent toutes les nations. 


2) Qu'il y a donc nécessairement des règles qui permettent de concilier la doctrine du nullam partem établie par les apôtres avec l'évangélisation de ceux qui n'ont pas la bonne doctrine et que pour cela il faut faire des distinctions entre ce qui plaît à Dieu et ce qui ne lui plaît pasdans les relations que nous avons avec ceux qui n'ont pas la vraie foi. 


3) Nous avons vu également le texte du livre de l'Exode 34, 11 qui condamne l’œcuménisme et l'amitié avec ceux qui n'ont pas la bonne doctrine : Dieu dit à Moïse : « Garde-toi de t’allier aux habitants des pays où tu vas, de peur qu’ils ne soient pour toi un piège. Mais vous renverserez leurs autels et briserez leurs idoles … »


4) nous avons ensuite étudié Saint Paul aux Galates I, 8-9 :"Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!"

Nous avons vu que ces paroles étaient capitales pour nous donner la marche à suivre :

a) parce que Saint Paul exige par ces mots que dès que les apôtres voient une erreur, ils la condamnent et condamnent aussi l'hérétique qui les diffuse. Donc dans les rapports que les apôtres ont avec ceux qui ont une fausse doctrine, ils ont l'obligation grave et préalable de faire savoir à tous sans ambiguïté qu'ils condamnent l'erreur professée par ces personnes et que s'ils communiquent avec elles, ce n'est que pour les ramener au bercail... 

b) nous avons ensuite étudié que le concile de Constantinople expliquait, à propos de l'anathème : "Ignorent-ils donc que la sentence d’anathème n’est autre chose qu’une sentence de séparation ?"(source Chaîne d'or de Saint Thomas sur Matthieu XVI 13-19). Le concile de Constantinople affirme donc qu'il faut rester séparé des hérétiques... Cela signifie que nous ne pouvons accepter une quelconque communion avec eux, et encore moins une reconnaissance de leur part, comme étant en conformité doctrinale avec eux. 

Continuons à présent notre réflexion sur le sujet :


L'obligation que nous fait le Concile de Constantinople de rester séparés des hérétiques implique nécessairement que nous devons refuser de nous faire reconnaître par le Pape François tant qu'il est moderniste. Saint Pie X n'a-t-il pas écrit dans Pascendi que le modernisme était l'égoût collecteur de toutes les hérésies ? Devons-nous donc nous faire reconnaître comme "doctrinalement conformes" par quelqu'un qui a une doctrine collectant toutes les hérésies ? 

- Quelle valeur aurait cette reconnaissance aux yeux de Notre-Seigneur ? Comment peut-il regarder avec bienveillance une reconnaissance qui nous fait accepter l'autorité d'un destructeur de l'Eglise comme étant légitime 
- Aux yeux des fidèles, une reconnaissance canonique implique que nous attachons de la valeur au jugement d'un hérétique... Si nous attachons de la valeur au jugement d'un hérétique, c'est donc que nous pactisons avec son hérésie. C'est donc les inciter à pactiser avec l'hérésie.

5) Or, dès que le pape s'éloigne un tant soit peu de la bonne doctrine, il ne faut plus lui obéir. Voici un exemple (qui est aussi une objection au sédévacantisme) que nous avons trouvé dans l'oeuvre d'Arnaldo Xavier da Silveira, La nouvelle Messe de Paul VI, qu'en penser?, p.232 à 234 (document anglais sur ce lien. p. 151 et 152): 


Saint Bruno de Segni et Saint Hugues de Grenoble

Saint Godefroy d'Amiens, saint Hugues de Grenoble, Guy de Vienne et d'autres évêques réunis au synode de Vienne (1112) résistèrent au Pape Pascal II, dans la question des investitures : "Si, comme nous ne le croyons absolument pas, vous choisissiez une autre voie et que vous refusiez de confirmer les décisions que nous avons prises, à Dieu ne plaise, nous serions alors éloignés de votre obéissance" (cité par Bouix, Tract. de Papa, t. II, p. 650). 

En effet, pour ces saints, la question des investitures touchait à la foi. Voici une lettre le prouvant. Il s'agit d'une lettre écrite au pape Pascal II par Saint Bruno de Segni, ami de Saint Hugues de Grenoble :


« [...].Je vous estime comme mon père et seigneur [...]. Je dois vous aimer ; cependant, je dois aimer encore plus Celui qui nous a créés vous et moi. [...]. Je n'approuve pas le pacte [signé par le pape] si horrible, si violent, fait avec tant de traîtrise, et si contraire à la piété et à la religion. [...]. Nous avons les canons; nous avons les constitutions des Pères, depuis l'époque des apôtres jusqu'à vous. [...]. Les apôtres condamnaient et expulsaient de la communion des fidèles tous ceux qui obtenaient des charges dans l'Eglise au moyen du pouvoir séculier. [...]. Cette détermination des apôtres est sainte et catholique et celui qui la contredirait ne serait pas catholique. Car seuls sont catholiques ceux qui ne s'opposent pas à la foi et à la doctrine de l'Eglise catholique, et ceux qui s'opposent obstinément à la foi et à la doctrine de l'Eglise catholique sont hérétiques. [...] » (1).

Quand, enfin, le pape se rétracta devant un synode réuni à Rome pour examiner la question, saint Bruno de Segni s'écria : « Dieu soit loué ! car voilà que c'est le pape lui-même qui a condamné ce prétendu privilège [des investitures par le pouvoir temporel], lequel est hérétique » (2).


"Par cette phrase, saint Bruno, pour la première fois, révéla publiquement à quel point il doutait de l'orthodoxie de Pascal II", commente Arnaldo Xavier da Silveira. C'est pour cela que le synode de Vienne menaça de s'éloigner du pape en lui désobéissant.


Commentaire :

On voit donc que si le Pape s'éloigne de la bonne doctrine, même sur un seul point (ici, les investitures par le pouvoir temporel), il faut lui désobéir et s'éloigner de lui, d'après plusieurs saints. Ces saints, bien loin de chercher une quelconque reconnaissance par le pape ont menacé au contraire en synode "de s'éloigner de son obéissance".

6) Saint Paul résistant en face à Saint Pierre est aussi un guide pour nous. Une telle attitude était justifiée, dit Saint Thomas,  par la défense de la foi :
"Résister en face", c'est-à-dire devant tout le monde, dépasse la mesure de la correction fraternelle ; et Paul n'aurait pas ainsi repris Pierre s'il n'avait été son égal en quelque manière pour la défense de la foi. [...] s'il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public." (IIa IIae question 33 article 4.)


Nous pouvons donc en déduire quelques règles pour évangéliser l'Eglise conciliaire :


- il faut publiquement reprendre le pape et les autorités  tant que la foi est attaquée. cf. Synode de Vienne et Saint Paul résistant en face à Saint Pierre.


- il faut anathémiser l'erreur.


- il faut anathémiser l'hérétique, c'est-à-dire se séparer de tout hérétique, dit le concile de Constantinople. Donc on ne peut faire de reconnaissance canonique (même tels que nous sommes et sans signature) car ce serait être complice de l'hérétique en accordant un crédit à son jugement et à son autorité.


- L'exemple de Saint François de Sales avec les Protestants peut nous inspirer : de même qu'il leur a fait une lettre ouverte, nous pouvons et même nous devons interpeller publiquement les autorités romaines. Tout apostolat public, qui dénonce systématiquement les erreurs et enseigne la vérité opposée est excellent.


Concrètement, voici donc comment la Fraternité Saint Pie X pourrait procéder vis-à-vis de l'Eglise conciliaire, afin d'être apostolique sans faire de compromis. 


a) établir le principe du nullam partem avec l'hérésie. C'est-à-dire proclamer qu'il n'y aura aucun accord avec Rome, aucune reconnaissance canonique (avec ou sans signature), tant que Rome ne sera pas convertie entièrement et parfaitement... Il faut que la Rome maçonnique prouve sa conversion en condamnant solennellement Vatican II, le nouveau code de Droit Canon de 1983, la nouvelle liturgie et tout ce qui met la foi en danger. 

Il faut aussi exiger que soient impitoyablement  renvoyés tous les  prélats et évêques qui refusent de se soumettre parfaitement  aux nouvelles mesures traditionnelles ou qui ont eu une vie scandaleuse. 
Il faut que soient réaffirmés clairement et préalablement par Rome tous les principes et enseignements traditionnels, notamment la Royauté sociale de Notre-Seigneur ;
Il faut que la messe tridentine, l'ancien code de droit canon et les anciens rituels des sacrements soient pleinement rétablis dans leurs droits. 
Il faut dire et affirmer que le nullam partem n'est pas un principe sur lequel on peut revenir car en effet, ce principe est révélé par les Apôtres.

b) Il faut faire ensuite un apostolat public, qui touche le  public le plus large possible. L'enseignement doit être accessible facilement à tous. Pour cela, il faut se servir de tous les médias qui sont à notre disposition, sans préjugés. Il faut donc utiliser largement internet, faire des vidéos en ligne de formation, avec différentes séries destinées à des personnes d'âges et de niveaux différents. Il faut aborder systématiquement dans certaines séries les sujets de fond (conférences sur chaque point de Vatican II, par exemple), faire de nombreux articles correspondant aux vidéos, écrire des livres, proposer des abonnements dans l'esprit de la lettre à nos frères prêtres (à condition bien entendu que les articles tiennent la route et ne soient pas faits par l'abbé Célier, par exemple).


c) Il faut bannir les entrevues secrètes. Dans le contexte actuel, qui dit entrevue secrète ou privée dit tractations non avouables, en vue d'une reconnaissance. Tout doit donc se faire publiquement au grand jour. 

Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour, et ce que vous entendez à l'oreille, publiez-le sur les toits, a dit Notre-Seigneur (Matthieu, X). Saint Paul dit de prêcher à temps et à contretemps
Rome et la FSSPX pourraient s'échanger des lettres ouvertes doctrinales. Ce serait très formateur pour les prêtres conciliaires et les fidèles de tout bord qui suivraient ce débat. 

d) On pourrait reprendre l'idée de l'abbé Chazal de faire un site d'observation du Vatican, qui relèverait au fur et à mesure les erreurs du Pape et de la hiérarchie. Il serait intéressant par exemple d'analyser systématiquement les sermons de François faits à Saint Marthe. Il faudrait ne laisser passer aucun scandale, aucune hérésie. 


Plusieurs prêtres devraient donc travailler à plein temps à cet apostolat public qui demanderait un gros travail, mais qui aurait beaucoup d'audience, s'il était fait de façon systématique, régulière, professionnelle, attrayante et sérieuse en même temps.


Ces règles suivraient le nullam partem tout en étant très apostoliques. Nous ne convertirons pas les hérétiques en faisant "un bout de chemin avec eux". Ce n'est pas aux enfants de lumière de suivre les pécheurs et les loups, mais c'est aux loups de se convertir à Jésus-Christ. Nous  ne les convertirons donc pas en faisant des concessions coupables, comme cette rencontre du 13 décembre 2013 de Mgr Fellay avec la commission Ecclesia Dei, rencontre qu'il nous a cachée et qu'il n'a été forcé de révéler qu'à cause des médias. Nous convertirons les loups en suivant les conseils de Dieu Lui-même, c'est-à-dire en proclamant la vérité sur les toits, en toute droiture et charité. Si la FSSPX respectait ces règles, elle suivrait le commandement du Maître : Soyez donc prudents comme les serpents [nullam partem] et simples comme les colombes [prêcher sur les toits]. 

Notes :

(1) Lettre de saint Bruno de Segni à Pascal II, écrite en 1111. P.L., tome 163, col. 463. Voir aussi Baronius, Annales, ad ann. 1111, n• 30, p. 228; Hefele-Leclercq, tome V, part. 1, p. 530.
(2) Cité par Hefele-Leclercq, tome V, part. 1, p. 555.