mardi 30 juillet 2013

Commentaires sur le fax envoyé par l'abbé de Cacqueray le 2 juillet 2013 aux prieurs de France

Commentaires sur le fax envoyé par l'abbé de Cacqueray le 2 juillet 2013 aux prieurs de France







Les commentaires sont à la suite de ce texte. 

N' 5445

FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIE X
Le Supérieur de district

+ Suresnes, le 2 juillet 2013 

TELECOPIE

Aux prêtres du district de France 

RC/Sr

Objet : Au sujet de la Déclaration du 27 juin 2013

Cher Monsieur l'abbé,

La Déclaration doctrinale des évêques de la Fraternité du 27 juin 2013 exprime avec netteté et avec force le combat de la foi qu'elle doit livrer dans les circonstances de la crise dans l'Église où elle est amenée à vivre.

La vérité catholique et la dénonciation des hérésies et de la perversion de l'esprit de ce temps d'apostasie s'y trouvent exposées. Il faut prier pour que cette Déclaration aide les autorités de l'Église à se rendre enfin compte de la dissolution toujours plus grave de la foi catholique où les conduisent les erreurs du concile Vatican II . Il faut espérer également qu'elle confortera nos fidèles dans leur attachement à cette unique vérité catholique et qu'elle les réconfortera.

Après avoir retiré la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 et après avoir rappelé les positions de la Fraternité dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs, notre Supérieur général communique maintenant cette autre Déclaration. Qu'il en soit vivement remercié. Donnée à l'occasion des 25 ans des sacres épiscopaux de 1988 et dans le sillage des entretiens doctrinaux avec le Saint Siège, elle revêt une importance historique pour réaffirmer la nature du combat à mener.

Quelles que soient les difficultés et les inquiétudes de ces deux dernières années, constatons dans ce texte que les positions de la Fraternité sont clairement exprimées.

Cependant, comme le paragraphe 11 de ladite Déclaration a provoqué certaines interrogations, j'en profite pour y apporter quelques précisions. Ce paragraphe se contente d'exposer deux évolutions possibles des autorités romaines. La première est que ces autorités reviennent bientôt à la Tradition et à la foi de toujours. La seconde conjecture une phase intermédiaire où Rome reconnaîtrait à la Fraternité le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir, reconnus à la Fraternité, de s'opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, quels qu'ils soient.

Il est important de noter qu'il n'est aucunement dit, dans ce deuxième cas de figure - fort hypothétique au demeurant - que la Fraternité accepterait alors sa reconnaissance canonique « ipso facto. Les circonstances seraient alors minutieusement étudiées pour voir ce qu'il est prudent de faire ou de ne pas faire pour contribuer au bien de l'Église.

Par ailleurs, en aucune manière la déclaration du 27 juin ne fait la demande de pouvoir s'opposer aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, pour la bonne raison qu'elle n'a nullement besoin de l'autorisation de Rome pour le faire comme elle l'a toujours fait jusqu'ici, Elle espère simplement que Rome lui en reconnaîtra un jour le droit, mais ce droit, elle sait qu'elle le possède déjà. Elle espère même que Rome lui en fera un devoir, mais ce devoir, elle sait qu'il lui incombe dès à présent.

Enfin, après avoir moi-même posé la question à nos Supérieurs, je me suis entendu répondre que cette seconde hypothèse supposerait un pape qui ne serait plus moderniste, un pape qui serait donc dégrisé des erreurs libérales et modernistes, mais qui se trouverait très faible et isolé. Voilà quel est le pape qui pourrait nous reconnaître explicitement le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, sans qu'il soit encore question de reconnaissance canonique,

Le texte de la Déclaration ne répond-il pas d'ailleurs lui-même à cette interrogation ? Je crois que oui. Car il semblerait contradictoire qu'un pape toujours moderniste et libéral fasse à la Fraternité un droit et même un devoir de s'opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs (c'est-à-dire à lui-même, qui serait toujours prisonnier de ces erreurs).

Prenons un exemple tiré du monde de l'entreprise. Dans le droit du travail, on parle de « faute lourde » lorsqu'un des employés commet une action particulièrement grave, dirigée contre le bien commun de son entreprise, Cette faute particulièrement grave doit être immédiatement sanctionnée par une mise à pied, en attendant un licenciement. On ne conçoit donc évidemment pas qu'un chef d'entreprise fasse à l'un de ses employés le droit et le devoir de commettre des « fautes lourdes » contre son entreprise

C'est pourtant ce que ferait un pape libéral ou moderniste s'il reconnaissait à notre Fraternité le droit et même le devoir d'attaquer les erreurs et les fauteurs d'erreurs dans l'Église. Cela reviendrait à ce qu'il reconnaisse à la Fraternité le droit et le devoir (le commettre des fautes lourdes, non pas contre l'Église certes, mais contre l'église conciliaire et contre lui-même. En réalité, un tel pape, à moins qu'il ne soit devenu fou, serait « redevenu catholique » pour ainsi favoriser les attaques contre cette église conciliaire.

Bien sûr, on peut toujours se demander si cela ne pourrait pas aussi dissimuler une tactique ou si ce pape ne désignerait pas, par les mots de libéralisme et de modernisme, autre chose que ce qu'ils sont réellement. Tout est possible et tout serait à soupeser attentivement dans un tel cas. Mais, c'est justement pour ce motif que la Déclaration se garde bien de dire que la conséquence serait notre acceptation d'une reconnaissance canonique.

Il serait vraiment paradoxal et une œuvre du diable que de vouloir quitter la Fraternité alors qu'une telle Déclaration vient d'être produite. C'est sous la houlette de notre Supérieur général, et non pas en francs-tireurs, que nous devons continuer à mener le combat de la foi.

Combattons donc fermement, de tout notre coeur, en nous appuyant en particulier sur cette Déclaration, Combattons avec intelligence et prudence, avec esprit surnaturel et dans l'obéissance à nos Supérieurs. Combattons pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes qui nous sont confiées.

Combattons sans zèle amer, sans lassitude et sans aigreur, S'il arrive que nous pensions que nos Supérieurs ne s'y prennent pas comme il faut dans le combat, n'hésitons pas à nous en ouvrir à eux mais ne murmurons pas entre nous.

Du moment que l'étendard de la foi est fièrement déployé contre les hérésies et la folie du monde moderne, sachons passer sur tout ce qui reste accessoire et accidentel. Nous avons déjà bien de la chance d'être, en ces temps d'apostasie, les membres de cette phalange de prêtres catholiques qui défendent l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si nous croyons avoir été parfois victimes d'injustices ou d'incompréhensions, ou si nous le sommes réellement, demandons la grâce de savoir nous en réjouir et offrons-les en sacrifices pour ce grand combat de notre foi.

Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration doctrinale permettra à ceux qui ne sont plus avec nous, évêque, anciens membres de la Fraternité ou communautés amies, de revenir au bercail. Nous citons spécialement l'abbé Olivier Rioult. Puisse cette Déclaration doctrinale du 27 juin 2013 l'aider désormais à comprendre que ses conférences dénoncent à tort la trahison et le ralliement de la Fraternité.

Nous invitons donc chacun à demeurer ferme dans la foi et à ne pas penser qu'il existerait comme « un état de nécessité dans l'état de nécessité », qui dispenserait désormais de demander des autorisations et qui permettrait de prendre n'importe quelle initiative.

A ce propos, je signale que le livre composé par l'abbé Pivert n'a pas été interdit de diffusion par la Maison générale. C'est une rumeur dénuée de fondement, véhiculée par le « Courrier de Tychique » de Monsieur Max Barret, qui a affirmé que je l'aurais laissé se vendre contre l'autorisation de nos Supérieurs. La réalité est que nos Supérieurs ne m'ont pas demandé de retirer ce livre de la diffusion. J'ai demandé à Monsieur Barret de bien vouloir rectifier cette inexactitude.

Enfin, j'ai la joie de vous annoncer le lancement du site « Vatican2enquestions » le lundi 1er juillet 2013, en ce vingt-cinquième anniversaire, presque jour pour jour, des Sacres de 1988.

J'avais eu l'occasion, lors de la dernière session des prieurs à Flavigny, d'expliquer les motifs à l'origine de cette initiative, Ce site nous permettra, en particulier, de montrer que l'essentiel de tout ce qui, se dit et se fait au nom de l'Eglise, aujourd'hui, trouve ses véritables racines dans le Concile. J'ai eu la joie de pouvoir montrer ce matin à Nos Seigneurs Fellay et de Galarreta, de passage à Suresnes, ce site nouvellement ouvert,

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher Monsieur l'abbé, l'expression de toute mon espérance et de mon dévouement sacerdotal dans le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie,

Abbé Régis de CACQUERAY


Commentaires d'Avec l'Immaculée

Pourquoi l'abbé de Cacqueray a-t-il écrit uniquement aux prêtres ce qui est envoyé dans ce fax ? Les fidèles n'avaient-ils pas, eux aussi, le droit de connaître sa pensée ? L'interprétation que l'abbé de Cacqueray nous donne de cette déclaration  est-elle top secret ? N'a-t-il pas vu que les fidèles, eux aussi, se posaient des questions ? L'abbé de Cacqueray souhaitant que le courant de résistance se calme suite à cette déclaration, il est bon que la Résistance étudie ses arguments. Ce fax est précieux car il nous révèle enfin la pensée de l'abbé de Cacqueray soi-disant "très bien pensant" et "anti-accordiste", "contre un accord pratique" avec Rome, "combattant dans l'ombre", "héros obscur du devoir" pour sauver la Fraternité, etc. Nous allons voir ce qu'il en est.

Citation :
La Déclaration doctrinale des évêques de la Fraternité du 27 juin 2013 exprime avec netteté et avec force le combat de la foi qu'elle doit livrer dans les circonstances de la crise dans l'Église où elle est amenée à vivre.
Commentaire :
Il est vrai qu'apparemment cette déclaration exprime la doctrine avec force... Mais il n'en est rien. cf. notre article de synthèse sur la déclaration du 27 juin.


Citation :
La vérité catholique et la dénonciation des hérésies et de la perversion de l'esprit de ce temps d'apostasie s'y trouvent exposées. Il faut prier pour que cette Déclaration aide les autorités de l'Église à se rendre enfin compte de la dissolution toujours plus grave de la foi catholique où les conduisent les erreurs du concile Vatican II . Il faut espérer également qu'elle confortera nos fidèles dans leur attachement à cette unique vérité catholique et qu'elle les réconfortera.
Commentaire :
Les buts de cette déclaration sont évidents quand on lit le texte sans lunettes roses :

1) Réaffirmer le principe de l'accord pratique dans l'article 11, qui réexprime la première des six conditions, tout en endormant les fidèles par l'aspect soi-disant traditionnel des articles précédents.


2)  nous inculquer des notions viciées et ambiguës, pour préparer l'accord pratique (cf. l'article de synthèse). 

Citation :
Après avoir retiré la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 et après avoir rappelé les positions de la Fraternité dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs, notre Supérieur général communique maintenant cette autre Déclaration. Qu'il en soit vivement remercié. Donnée à l'occasion des 25 ans des sacres épiscopaux de 1988 et dans le sillage des entretiens doctrinaux avec le Saint Siège, elle revêt une importance historique pour réaffirmer la nature du combat à mener.
Commentaire : 
Notons que, comme Fr Morgan, l'abbé de Cacqueray se félicite que Mgr Fellay ait "retiré" sa déclaration du 15 avril.  Il est vrai que Mgr Fellay a dit qu'il retirait le texte et que dorénavant les relations avec Rome ne seraient plus basées sur ce texte. MAIS Mgr Fellay n'a jamais voulu revenir sur les mauvais principes doctrinaux énoncés dans cette déclaration. Au contraire, il affirme en octobre 2012 qu'il n'a eu aucun tort et ne s'est trompé en rien, sauf sur les intentions du saint Père (cf. annexe 4 du document de truetrad). Il persiste dans cette voie, dans le Cor unum 104, p.37 à 40. Mgr Fellay y défend cette déclaration doctrinale du 15 avril 2012 en présentant plusieurs arguments. Sachant donc que cette déclaration a été "retirée" pour des raisons diplomatiques mais absolument pas rétractée sur le fond, bien au contraire, est-il bien honnête de se féliciter de ce "retrait" de façade et de faire croire à tous que tout va bien ? 
L'abbé de Cacqueray n'est pas un imbécile. Il sait très bien ce que pense Mgr Fellay. Il a lu le Cor unum 104 et la défense que Mgr Fellay fait de ce texte, tout en disant qu'il le retire. Il se comporte donc, non comme un bon pasteur qui dit la vérité, mais comme un complice  de Mgr Fellay.

Quant à la lettre aux amis et bienfaiteurs n°80, son hypocrisie est démontrée par le sermon de Cotignac qui a été prononcé à la même époque, sermon dans lequel Mgr Fellay affirme de façon mensongère que nous ne retournerons à Rome que lorsqu'elle sera convertie. Dans le même sermon, Mgr Fellay nous fait croire que les six conditions reviennent à réclamer la conversion de Rome. (cf. lien ci-dessus pour des explications détaillées)

Citation :
Quelles que soient les difficultés et les inquiétudes de ces deux dernières années, constatons dans ce texte que les positions de la Fraternité sont clairement exprimées.
Commentaire :
Non, les positions de la Fraternité ne sont pas clairement exprimées.
Ex : Nulle part dans la déclaration du 27 juin 2013, il n'est dit que la nouvelle messe n'est pas légitimement promulguée. Il y a seulement marqué : " La nouvelle messe, promulguée en 1969..." 
La suite des ambiguïtés est expliquée dans la synthèse sur la DVSJ.

Citation :
Cependant, comme le paragraphe 11 de ladite Déclaration a provoqué certaines interrogations, j'en profite pour y apporter quelques précisions. Ce paragraphe se contente d'exposer deux évolutions possibles des autorités romaines. La première est que ces autorités reviennent bientôt à la Tradition et à la foi de toujours. La seconde conjecture une phase intermédiaire où Rome reconnaîtrait à la Fraternité le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir, reconnus à la Fraternité, de s'opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, quels qu'ils soient.
Commentaire :
Nous avons démontré de façon détaillée 
dans l'article sur l'abbé Pivert que le paragraphe 11 réaffirmait la volonté d'accord pratique et la première des six conditions. Le principe de l'accord pratique repose sur les six conditions du 14 juillet 2012, spécialement sur la première d'entre elles. La phrase que nous avons mise en gras dans la citation ci-dessus est donc mensongère.


Citation :
Il est important de noter qu'il n'est aucunement dit, dans ce deuxième cas de figure - fort hypothétique au demeurant - que la Fraternité accepterait alors sa reconnaissance canonique "ipso facto". Les circonstances seraient alors minutieusement étudiées pour voir ce qu'il est prudent de faire ou de ne pas faire pour contribuer au bien de l'Église.
Commentaire :
C'est le paragraphe le plus important du fax.

1) L'abbé de Cacqueray avoue ici que la Fraternité ne rejette pas forcément le principe d'un accord pratique et il y souscrit dès maintenant ainsi que dans les paragraphes suivants. 
2) Il défend ici (avec la bénédiction de Menzingen) exactement la même position que celle exposée par Mgr Tissier au pèlerinage de Pentecôte, le 19 mai dernier. Nous en profitons pour revenir sur ce sermon de Pentecôte qui a été parfois mal interprété dans le milieu de la Résistance, ce qui est compréhensible, étant donné son ambiguïté. 


Ce jour-là, Mgr Tissier a utilisé à contre-sens l'exemple de Saint Herménégilde qui repousse le prélat arien lui proposant de lui donner le saint Viatique dans sa prison.
Saint Herménégilde repousse l'hérétique et ne veut rien avoir à faire avec lui. Il choisit héroïquement de mourir martyr sans communier... Mais Mgr Tissier, en revanche, est prêt à signer un accord avec l'hérétique en examinant de très près les conditions et en vérifiant bien qu'il aura le droit de critiquer tous les jours ses supérieurs romains (condition vraiment absurde, ridicule et irréaliste)... 
Mgr Tissier, le 19 mai 2013, dit : "[Saint Herménégilde] a dit "Non! Je ne recevrais pas la communion de vos mains sacrilèges! Moi je suis dans les fers et je suis libre pour faire mon salut! Et vous qui êtes libre, Monseigneur, eh bien vous êtes esclave du diable parce que vous avez une foi fausse, vous n'êtes pas catholique! Et je ne recevrais pas la communion de mains sacrilèges!" Exemple pour nous, bien chers fidèles! Tous les beaux cadeaux qu'on pourrait nous offrir depuis Rome nous ne sommes pas prêts de les accepter sans examen, sans considérer les circonstances dans lesquelles ce cadeau nous serait fait. Nous exigeons de pouvoir garder notre profession de foi publique et complète, catholique;"
 Explication :
Mgr Tissier dit qu'il  négociera avec l'hérétique. Il acceptera d'examiner les circonstances dans lesquelles les cadeaux sont faits et il se décidera ensuite pour accepter ou refuser ces cadeaux
Au contraire, saint Herménégilde dans sa prison refuse toute discussion avec l'hérétique. Il n'examine aucune circonstance et il rejette tout en bloc.
Saint Herménégilde a-t-il dit : " Voyons un peu... Avant d'accepter, je dois faire un examen, je dois considérer les circonstances... M'autorisez-vous à garder la profession de la foi catholique ?"
Qu'aurait répondu l'arien, si Saint Herménégilde avait dit cela ?
Il aurait dit : "OUI, bien sûr, je connais ta foi, puisque tu t'apprêtes à mourir pour elle. Evidemment que tu peux continuer à la professer, puisque je suis là, en train de te proposer la communion sans aucune contrepartie de ta part. Nous voulons juste te faire une fleur avant de mourir."

C'est donc un contresens total et une tromperie de la part de Mgr Tissier de nous proposer saint Herménégilde en exemple pour défendre l'accord pratique. L'exemple de saint Herménégilde vient au contraire renforcer la position de la Résistance. De même que ce saint martyr a refusé toute discussion avec l'arien, de même nous devons refuser toute discussion avec Rome tant qu'elle est hérétique et qu'elle n'est pas parfaitement convertie.
Dieu a permis que Mgr Tissier, en prenant ce saint comme exemple, coule lui-même toute son argumentation au moment où, pour la première fois en France, il exposait son ralliement au principe de l'accord pratique. Voilà qui devrait le faire réfléchir. Dieu a permis que sa belle intelligence fasse ce jour-là un contresens évident. C'est, selon nous, un avertissement du ciel qui le met en garde contre de futurs aveuglements encore plus graves s'il s'obstinait dans son erreur. Et c'est un clin d'œil d'encouragement à notre égard. Nous en remercions le Bon Dieu.

Pour en revenir à ce fax du 2 juillet, voici enfin un écrit qui clarifie la position de l'abbé de Caqueray car nous voyons noir sur blanc qu'il pense la même chose que Mgr Tissier... Et la position de Mgr Tissier est la même que celle de Mgr Fellay : c'est celle du Chapitre du 14 juillet 2012 et des six conditions (trois conditions sine qua non et trois conditions souhaitables). L'abbé de Cacqueray accepte donc l'accord pratique si Rome donne les garanties exigées par les trois conditions sine qua non.(1)
Il a fallu un an pour savoir ce que Mgr Tissier et l'abbé de Cacqueray pensaient. De même pour Fr Morgan. Ils se sont tous donnés le mot pour expliciter maintenant leur position. Pourquoi ? Parce que s'ils avaient parlé plus tôt, il y aurait eu une réaction plus forte et davantage de prêtres auraient quitté, juste après le Chapitre. Ils ne veulent donc pas de Résistance hors de la Fraternité. Ils sont tous d'accord pour mettre tout en œuvre pour garder les prêtres non-accordistes dans la Fraternité. Pourquoi ? Parce que dans la Fraternité, ils sont NEUTRALISES, comme le cardinal Siri et le Coetus Internationalis ont été neutralisés et pourris peu à peu, en restant avec l'église conciliaire... et comme la Rome moderniste veut à présent nous neutraliser et nous pourrir en nous réunissant à elle. 

C'est toujours la même tactique, dans les trois cas : les mauvais supérieurs font les mauvais sujets, après une étape intermédiaire de neutralisation des velléités de résistance. Il faut donc garder les prêtres anti-accordistes dans la FSSPX pour les neutraliser puis les pourrir peu à peu. L'exemple de l'abbé Pivert est frappant : il est en train d'être aveuglé par l'abbé de Cacqueray. Il ne voit pas le mal dans la déclaration du 27 juin. Il est en train d'être neutralisé. Il faut qu'il se réveille très vite et quitte la Fraternité avec les bons prêtres qui y voient encore clair (de moins en moins, au fur et à mesure que les mois passent). Sinon, il est perdu et avec lui, un certain nombre de fidèles. Un prêtre ne se perd jamais seul.

Les propos que Mgr Tissier a tenus à l'abbé Chazal le 16 août 2012 étaient-ils sincères ou "diplomatiques" ? (cf. war on). Ce jour-là, il a dit :
« Le Chapitre général, a été un désastre ; j'ai signé de mon nom, parce que c'était une action collégiale, mais certainement pas pour dire que j'étais d'accord avec le contenu. Par conséquent faites confiance en ce que font les généraux, acceptez votre nomination en France et tenez-vous tranquille pendant au moins trois mois. »


Nous pensons que oui, Mgr Tissier était sincère ce jour-là. Mais le 16 septembre suivant, à Gastines, le ton avait complètement changé et il commençait à défendre les six conditions. Il s'est donc passé quelque chose entre le 16 août et le 16 septembre 2012. Quelque chose qui a fait virer à gauche Mgr Tissier. Peut-être une réprimande ou une menace, suite à War on ? Menzingen n'a pas dû être ravie de voir ce que Mgr Tissier disait du Chapitre à l'abbé Chazal.


Quoiqu'il en soit, Mgr Tissier est maintenant dans l'ambiguïté et la compromission. Et il nous ment en se servant de Saint Herménégilde à contre-sens... L'abbé de Cacqueray lui emboîte à présent clairement le pas sur le chemin de la trahison, en défendant exactement la même théorie, celle du Chapitre de 2012.
 
Citation :
Par ailleurs, en aucune manière la déclaration du 27 juin ne fait la demande de pouvoir s'opposer aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, pour la bonne raison qu'elle n'a nullement besoin de l'autorisation de Rome pour le faire comme elle l'a toujours fait jusqu'ici, Elle espère simplement que Rome lui en reconnaîtra un jour le droit, mais ce droit, elle sait qu'elle le possède déjà. Elle espère même que Rome lui en fera un devoir, mais ce devoir, elle sait qu'il lui incombe dès à présent.
Commentaire :
Ce droit de critique ayant déjà été octroyé à Campos et à l'IBP, il ne faut pas "espérer" que Rome nous le donnera. Rome est prête à nous donner tout de suite ce droit ainsi que la reconnaissance canonique, du moment qu'elle est sûre qu'il n'y a pas de sacres ni de scission importante en vue. Les chefs de la Fraternité, qui le savent très bien, font pourtant exprès de nous présenter comme inaccessible et très improbable une chose qui s'est déjà passée à plusieurs reprises avec les ralliés. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent utiliser avec nous le procédé psychologique suivant : quand on présente à quelqu'un une chose comme trop impossible et trop belle pour être vraie, on commence à la faire ainsi désirer à cette personne. Aussi, quand la chose présentée comme impossible arrive enfin, les gens deviennent euphoriques, crient au miracle et se précipitent au devant de la chose tant désirée avec avidité. Les supérieurs nous présentent comme impossible l'autorisation de critique de la part de Rome pour que, lorsque Rome nous l'octroiera, ils puissent crier au miracle, soulever l'enthousiasme de leurs troupes devenues aveugles et rallier toute la Fraternité à l'église conciliaire, pour la "sauver".


Citation :
Enfin, après avoir moi-même posé la question à nos Supérieurs, je me suis entendu répondre que cette seconde hypothèse supposerait un pape qui ne serait plus moderniste, un pape qui serait donc dégrisé des erreurs libérales et modernistes, mais qui se trouverait très faible et isolé. Voilà quel est le pape qui pourrait nous reconnaître explicitement le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs, sans qu'il soit encore question de reconnaissance canonique.
Commentaire :
On voit ici la mauvaise foi et la perversité de cette explication que l'abbé de Cacqueray répand en France, dans notre dos. Complice de Mgr Fellay, il veut faire croire aux gens qu'autorisation de critique de la part de Rome = conversion de Rome. Tout le discours du futur ralliement est ici préparé. C'est d'ailleurs le même discours que Mgr Fellay tenait le 8 juin dernier sur DICI.

Citation :
Le texte de la Déclaration ne répond-il pas d'ailleurs lui-même à cette interrogation ? Je crois que oui. Car il semblerait contradictoire qu'un pape toujours moderniste et libéral fasse à la Fraternité un droit et même un devoir de s'opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d'erreurs (c'est-à-dire à lui-même, qui serait toujours prisonnier de ces erreurs).
Commentaire :
Le droit de critiquer a déjà été octroyé. Ce n'est pas un signe de conversion mais une ruse de franc-maçon pour les naïfs.

Citation :
Prenons un exemple tiré du monde de l'entreprise. Dans le droit du travail, on parle de « faute lourde » lorsqu'un des employés commet une action particulièrement grave, dirigée contre le bien commun de son entreprise, Cette faute particulièrement grave doit être immédiatement sanctionnée par une mise à pied, en attendant un licenciement. On ne conçoit donc évidemment pas qu'un chef d'entreprise fasse à l'un de ses employés le droit et le devoir de commettre des « fautes lourdes » contre son entreprise.
C'est pourtant ce que ferait un pape libéral ou moderniste s'il reconnaissait à notre Fraternité le droit et même le devoir d'attaquer les erreurs et les fauteurs d'erreurs dans l'Église. Cela reviendrait à ce qu'il reconnaisse à la Fraternité le droit et le devoir (le commettre des fautes lourdes, non pas contre l'Église certes, mais contre l'église conciliaire et contre lui-même. En réalité, un tel pape, à moins qu'il ne soit devenu fou, serait « redevenu catholique » pour ainsi favoriser les attaques contre cette église conciliaire.
Commentaire :
M. l'abbé de Cacqueray s'échine à prouver à ses prêtres que l'autorisation de critique des erreurs donnée par Rome serait un signe de sa conversion. Il fait semblant d'oublier les expériences passées avec Campos etc.


Citation :
Bien sûr, on peut toujours se demander si cela ne pourrait pas aussi dissimuler une tactique ou si ce pape ne désignerait pas, par les mots de libéralisme et de modernisme, autre chose que ce qu'ils sont réellement. Tout est possible et tout serait à soupeser attentivement dans un tel cas. Mais, c'est justement pour ce motif que la Déclaration se garde bien de dire que la conséquence serait notre acceptation d'une reconnaissance canonique.
Commentaire :
L'abbé, après avoir montré plus haut qu'il n'y croyait pas, répond ici à l'objection que nous faisons : l'autorisation de critique est un piège. Il en profite habilement pour réaffirmer le mensonge selon lequel  le droit de critiquer ne reviendra pas à l'acceptation d'une reconnaissance canonique. Il joue sur les mots : stricto sensu, il a raison car l'autorisation de critiquer n'est que la première des trois conditions sine qua non pour se rallier à Rome. Il y a aussi la condition 3 : avoir un évêque...  Nous l'avons : c'est Mgr Fellay. Et la condition 2 : avoir la liturgie de 1962. La Fraternité saint Pierre, l'IBP et l'Institut du Christ-Roi l'ont. Nous savons donc que les deux autres conditions sine qua non seront automatiquement accordées. C'est donc bien l'autorisation de critique qui sera l'élément déclenchant de la reconnaissance canonique, le reste étant déjà accordé d'avance.

Citation :
Il serait vraiment paradoxal et une œuvre du diable que de vouloir quitter la Fraternité alors qu'une telle Déclaration vient d'être produite. C'est sous la houlette de notre Supérieur général, et non pas en francs-tireurs, que nous devons continuer à mener le combat de la foi.
 Commentaire : 
L'abbé dit que l'attitude de ceux qui veulent quitter la Fraternité est une œuvre du diable. Il lutte pour empêcher les bons prêtres de sortir en leur racontant des mensonges. On voit bien ici dans quel camp il est. Il dit que notre combat est l'œuvre du diable ? Alors donc, cela veut dire qu'il dit que Mgr Lefebvre était inspiré par le diable quand il a écrit :

 « C’est donc un devoir strict pour tout prêtre (et tout fidèle) voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire. » (Itinéraire spirituel)

Les personnes qui veulent quitter la Fraternité le font parce qu'elles pensent qu'elles ont le strict devoir de se séparer de l'Eglise conciliaire, comme le leur a dit Mgr Lefebvre. Vouloir obéir à Mgr Lefebvre, c'est faire l'œuvre du diable ? Les résolutions du Chapitre de 2006 étaient donc l'œuvre du diable ?  Comme vous voulez, Monsieur l'abbé, mais en disant cela, vous suivez le discours de l'église conciliaire et vous vous faites complice de ceux qui veulent détruire la Fraternité. Nous disons nous, au contraire que c'est vous qui faites l'œuvre du diable en écrivant ce document et nous prions pour que de nombreux prêtres ouvrent les yeux sur vous.

  
Citation :
Combattons donc fermement, de tout notre cœur, en nous appuyant en particulier sur cette Déclaration, combattons avec intelligence et prudence, avec esprit surnaturel et dans l'obéissance à nos Supérieurs. Combattons pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes qui nous sont confiées.
Commentaire :
Voici de jolies paroles bien spirituelles et bien ferventes pour faire passer toutes les notions fausses inculquées auparavant, surtout l'aveu du ralliement du supérieur du district de France au principe de l'accord pratique.

Citation :
Combattons sans zèle amer, sans lassitude et sans aigreur, S'il arrive que nous pensions que nos Supérieurs ne s'y prennent pas comme il faut dans le combat, n'hésitons pas à nous en ouvrir à eux mais ne murmurons pas entre nous.
Commentaire :
Monsieur l'abbé, avec l'aide de Dieu, la Résistance combattra sans zèle amer tous ceux qui prônent un accord pratique. Et donc nous vous combattrons dorénavant sans aucun scrupule, puisque vous défendez l'esprit du Chapitre de 2012. S'ouvrir aux supérieurs n'est plus de saison : ils ont prouvé, vous y compris, leur esprit de mensonge, leur mauvaise foi et leur entêtement dans l'erreur.

Citation :
Du moment que l'étendard de la foi est fièrement déployé contre les hérésies et la folie du monde moderne, sachons passer sur tout ce qui reste accessoire et accidentel. Nous avons déjà bien de la chance d'être, en ces temps d'apostasie, les membres de cette phalange de prêtres catholiques qui défendent l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si nous croyons avoir été parfois victimes d'injustices ou d'incompréhensions, ou si nous le sommes réellement, demandons la grâce de savoir nous en réjouir et offrons-les en sacrifices pour ce grand combat de notre foi.
Commentaire :
On peut faire ici deux objections importantes :
1) Ce n'est plus une chance d'être dans la Fraternité depuis sa nouvelle orientation, ratifiée une fois de plus dans ce document qui réaffirme l'esprit du Chapitre de 2012. La Fraternité n'est plus une phalange de combat. Elle n'a pas renié la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 et n'a pas dénoncé les erreurs graves qu'elle contient. 
L'abbé Hewko, repris récemment par l'abbé Chazal, dit que le texte de cette déclaration du 15 avril est tellement grave qu'il faudrait être prêt à mourir martyr plutôt que de signer ou d'approuver ce texte. Nous en sommes persuadés également. Nous devons préférer mourir plutôt que d'accepter Vatican II et le magistère post-conciliaire à la lumière de la Tradition. Nous devons préférer le martyre plutôt que d'affirmer que la nouvelle messe est légitimement promulguée. Souscrire à ce texte est un véritable péché mortel. La Fraternité est sous la coupe du Supérieur qui a inventé cette apostasie... Et les prêtres ne font rien, bien que Mr Fellay ait défendu ce texte inique dans le Cor Unum 104 ! Et l'abbé de Cacqueray et Mgr Tissier collaborent avec cet homme !
2) Si nous sommes persécutés pour notre attachement à la vérité c'est un signe qu'il faut partir d'urgence de cette Fraternité. C'est un faux spiritualisme sous apparence de bien, un faux amour de la croix que prêche l'abbé de Cacqueray. Quand la foi est en danger, ceux qui défendent la foi ne doivent pas supporter les persécutions en silence. Ils doivent au contraire sonner le tocsin et se battre, pour obéir à Notre Seigneur qui dit que la vérité ne doit pas être mise sous le boisseau et pour obéir à St Paul qui dit de prêcher à contretemps... 
Si l'on suit le raisonnement de l'abbé de Cacqueray, Mgr Lefebvre aurait donc dû refuser de faire Ecône et supporter en silence les persécutions de l'Eglise conciliaire. Or la vérité est que Mgr Lefebvre aurait fait un péché mortel par omission en refusant de faire le séminaire à Ecône. Les bons prêtres doivent donc s'inspirer de son exemple et ne plus écouter les mauvais conseils de l'abbé de Cacqueray.

Citation :
Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration doctrinale permettra à ceux qui ne sont plus avec nous, évêque, anciens membres de la Fraternité ou communautés amies, de revenir au bercail. Nous citons spécialement l'abbé Olivier Rioult. Puisse cette Déclaration doctrinale du 27 juin 2013 l'aider désormais à comprendre que ses conférences dénoncent à tort la trahison et le ralliement de la Fraternité.
Commentaire :
Cette mauvaise déclaration doctrinale et ce mauvais fax ont conforté Avec l'Immaculée dans sa position. Nous sommes définitivement détachés de la FSSPX et nous attendons et espérons l'ouverture de la première chapelle de résistance en France.

Citation :
Nous invitons donc chacun à demeurer ferme dans la foi et à ne pas penser qu'il existerait comme « un état de nécessité dans l'état de nécessité », qui dispenserait désormais de demander des autorisations et qui permettrait de prendre n'importe quelle initiative.
Commentaire :
Il ne s'agit plus de prendre des initiatives à l'intérieur de la Fraternité saint Pie X. Cela, c'est périmé. Il s'agit de quitter la Fraternité qui est devenue l'équivalent de l'IBP et de fonder des chapelles de Résistance. C'est la seule initiative que nous attendons des prêtres qui seront soutenus financièrement par leurs fidèles, ils le savent.

Citation :
A ce propos, je signale que le livre composé par l'abbé Pivert n'a pas été interdit de diffusion par la Maison générale. C'est une rumeur dénuée de fondement, véhiculée par le « Courrier de Tychique » de Monsieur Max Barret, qui. a affirmé que je l'aurais laissé se vendre contre l'autorisation de nos Supérieurs. La réalité est que nos Supérieurs ne m'ont pas demandé de retirer ce livre de la diffusion. j'ai demandé à Monsieur Barret de bien vouloir rectifier cette inexactitude.
Commentaire :
Nous sommes donc bien contents de nous être méfiés de ce bruit qui vous présentait comme un héros, Monsieur l'abbé. Cela nous confirme que nous avons eu raison également de ne pas croire les bruits mirobolants qui ont couru sur vous, sur Fr Morgan et sur Mgr Tissier pendant un an.

Citation :
Enfin, j'ai la joie de vous annoncer le lancement du site « Vatican2enquestions » le lundi 1er juillet 2013, en ce vingt-cinquième anniversaire, presque jour pour jour, des Sacres de 1988.
Commentaire :
Il fallait lancer votre site il y a 20 ans. Maintenant, c'est trop tard. La Fraternité est contaminée en profondeur par l'esprit du ralliement. Vous contribuez d'ailleurs vous-même à la contamination de la FSSPX par ce fax même. Le site à lancer actuellement, c'est celui qui met en garde contre le ralliement de la Fraternité à Rome et contre les supérieurs de la Fraternité, y compris vous-même. Le plus urgent est de s'occuper de ses propres blessures avant de s'occuper de celle des autres. Rien ne sert de dénoncer l'erreur chez les conciliaires quand on ne la voit pas dans ses propres murs.

Citation :
J'avais eu l'occasion, lors de la dernière session des prieurs à Flavigny, d'expliquer les motifs à l'origine de cette initiative, Ce site nous permettra, en particulier, de montrer que l'essentiel de tout ce qui, se dit et se fait au nom de l'Eglise, aujourd'hui, trouve ses véritables racines dans le Concile. J'ai eu la joie de pouvoir montrer ce matin à Nos Seigneurs Fellay et de Galarreta, de passage à Suresnes, ce site nouvellement ouvert,
Commentaire :
Merci de nous signaler que Mgr Fellay est dans votre dos... Voulez-vous que nous croyons que, pauvre persécuté, vous avez écrit ce fax sous pression de Menzingen, contraint et forcé ?... La plaisanterie a un peu trop duré. Cela ne prend plus. Le supérieur général aurait-il été assez bête pour choisir un anti-accordiste comme supérieur du district de France, laquelle est le plus gros district de la Fraternité ? Nous ne le pensons pas. Nous pensons au contraire que Mgr Fellay a fait son choix bien attentivement et en connaissance de cause : il a pris fort justement celui qui servirait au mieux ses intérêts. Il fallait un pseudo-tradi, pour la France. Un abbé Rostand aurait provoqué des départs de prêtres. Grâce à l'intox continuelle qui a imbibé les milieux de la Résistance depuis un an, personne n'a bougé. Bien joué. Mais au jugement, le Bon Dieu ne vous félicitera pas.

Citation :
Je vous prie de bien vouloir agréer, cher Monsieur l'abbé, l'expression de toute mon espérance et de mon dévouement sacerdotal dans le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie.
Commentaire :
Espérance en qui ? En Mgr Fellay ? Espérance que les prêtres qui résistent encore intérieurement au Chapitre ne bougeront pas le petit doigt et qu'aucune chapelle de Résistance ne se créera en France ?
Dévouement pour quoi ? Pour faire adhérer tous les prêtres du district de France aux six conditions et à la déclaration ambiguë du 27 juin 2013 ? Ce genre d'espérance et ce genre de dévouement ne sont pas selon le Cœur douloureux et Immaculée de Marie auquel ce mauvais document vient de rajouter une douleur.

Conclusion :
Après Mgr Tissier et Fr Morgan, l'abbé de Cacqueray soutient à présent clairement et officiellement les principes de l'accord pratique du Chapitre de 2012. Tous les chefs de la Fraternité sont donc officiellement mauvais. Il n'y a donc plus aucun espoir de sauver la Fraternité et de revenir au principe précédant le Chapitre général de 2012 : pas d'accord pratique sans conversion (réelle) de Rome. Il est donc à présent temps, selon nous, de quitter la Fraternité et de sauter dans un canot de sauvetage de la Résistance. Nous espérons que plusieurs prêtres de France et d'Europe se lèveront cet été et fonderont des chapelles, comme Fr Pfeiffer et l'abbé Chazal. Nous le leur demandons instamment. L'heure est clairement venue, maintenant que l'abbé de Cacqueray a clarifié sa position. Il n'y a plus d'hésitation à avoir : il n'y a plus rien à attendre de lui.

Note :

(1) En disant que la position du Chapitre est de défendre les trois conditions sine qua non, nous rappelons la position officielle, écrite et vérifiable du Chapitre de 2012, c'est à dire les six conditions telles qu'elles ont été publiées officiellement. Cette version écrite a été rappelée par l'abbé Lorans et l'abbé Schmidberger après le Chapitre. Mais ce serait trop simple si nous devions nous en tenir là.

Il y a actuellement une autre version orale de la position de la FSSPX, caractéristique du mensonge et de l'ambiguïté qui imprègnent la Fraternité. Cette position a été exposée par Mgr de Galarreta à Villepreux le 13 octobre 2012 et par Mgr Fellay à Toronto le 28 décembre 2012. Mgr de Galarreta a dit à Villepreux que finalement les six conditions deviendraient obligatoires. Mgr Fellay a dit à Toronto :
"C'est pourquoi c'était une de nos premières exigences d'avoir notre propre juridiction. Et incroyablement, ce nous fut accordé : notre apostolat aurait été indépendant des évêques. Voilà pourquoi dans les conditions posées lors du chapitre, ce point figure à une place mineure, puisqu'il nous était déjà accordé. Cela ne veut pas dire qu'il était accessoire, c'est plutôt un point capital, sans lui il n'y avait rien à faire."
L'abbé Rostand et l'abbé Pfluger défendent également cette version des faits si nos souvenirs sont bons. Qui faut-il donc croire ? N'importe quel juriste dirait : il faut toujours croire les écrits. Jamais les propos oraux.
Les paroles de Mgr Fellay à Toronto sont vraiment grotesques dans leur énormité : comme l'indépendance des évêques était un point capital, nous l'avons mise dans les éléments facultatifs, puisque cela nous était déjà accordé... Après l'annulation brutale des accords le 13 juin 2012, annulation officiellement due à un changement d'avis de dernière minute de Rome, qui, après avoir accepté la déclaration du 15 avril 2012, ne l'acceptait plus, comment Mgr Fellay pouvait-il encore avoir confiance en Rome au Chapitre et mettre une condition si importante, selon lui, dans des éléments facultatifs ? Un enfant verrait l'illogisme de ce comportement. Cette explication fumeuse de Mgr Fellay est selon nous une preuve supplémentaire importante de sa malhonnêteté et de sa complicité avec Rome. 

D'autant plus que l'indépendance des évêques ne nous avait pas été donnée en réalité. Il suffit de relire l'interview du 8 juin 2012 sur DICI et de se rappeler le scandale créé par les propos de Mgr Fellay en Autriche pour s'en assurer. Ces propos tenus en Autriche ont été "démentis" par la conférence de Toronto du 28 décembre 2012. Mais le "démenti" a été prononcé d'une telle manière qu'il était en fait une confirmation de la véracité de ce bruit. Voici ce qu'a dit Mgr Fellay à Toronto. Vous pourrez consulter l'original anglais à la fin de cette note :
"Et avec internet, wow ! On a partout les choses les plus fausses, des choses vraies, tout est mélangé, partout. Impossible de corriger tout cela. Et cela circule partout. Des gens disent "Mgr Fellay a dit ceci et cela", ce qui n'est pas vrai. Une fois de plus, je vais vous donner un exemple qui touche à ces choses : il a été dit sur internet que Mgr Fellay a dit à un prêtre de la Fraternité en Autriche que dans l'accord avec Rome, chaque chapelle qui avait moins de trois ans d'existence devait être démolie. C'est ce qu'il clament. Vous pouvez le trouver sur internet. Or, la réalité, ce que j'ai en réalité dit à ces prêtres, c'est ceci. J'ai essayé d'expliquer que lors de nos discussions avec Rome, Rome nous a dit ceci : "nous reconnaîtrons tous vos lieux [de messe]". Et je leur ai répondu : "Bien ! c'est très bien. Mais je pense que nous avons un ou deux problèmes. Par exemple nous avons des lieux où nous avons loué une pièce dans un motel pour dire une messe tous les 15 jours. Vous n'allez pas déclarer et reconnaître que cette pièce dans un motel est une chapelle catholique ! Qu'allez-vous faire pour cela ? " Alors ils ont réfléchi et ils ont dit : "OK, nous pourrions utiliser la Lunga data." C'est un terme technique. Il signifie, disons, tout endroit où la messe est célébrée depuis 3 ans. Cet endroit a le droit d'avoir une chapelle solide.  Donc même si pour le moment, ce n'en est pas une, vous avez le droit d'établir là une chapelle. Donc c'est ce que j'ai dit aux prêtres. Et vous voyez que ce qui est sorti sur internet est exactement le contraire ! C'est fou ! C'est de la folie ! Et c'est un exemple, disons, des problèmes auxquels j'ai dû faire face.
Mgr Fellay vient de confirmer lui-même au contraire ici la véracité des propos catastrophiques qu'il a tenus en Autriche : si on a le droit d'établir une chapelle solide dans les lieux où la messe est dite depuis plus de trois ans, cela signifie a contrario que dans les lieux où la messe est dite depuis moins de trois ans, nous n'avons pas le droit d'établir une chapelle automatiquement et qu'il y aura des permissions à demander aux évêques.  Pour qui nous prend Mgr Fellay ?

Rappelons les trois conditions souhaitables qui deviendraient obligatoires et qui suivent les trois conditions sine qua non :
4) avoir des tribunaux de première instance, 5) ne pas être sous la dépendance des évêques mais dépendre directement de Rome, 6) avoir une commission pontificale à Rome en dépendance du pape avec une majorité de membres de la Fraternité à l'intérieur.
Admettons que ces trois conditions souhaitables soient octroyées par Rome. Cela changerait-il quelque chose ? Non, pas grand chose. En effet :
- les jugements des tribunaux de première instance pourraient être cassés à volonté par Rome en dernière instance,
- la présidence du pape annihilerait le pouvoir de la commission qui de toute façon aurait en son sein des membres tordus de la Fraternité très peu fiables : nous y retrouverions probablement l'abbé Lorans, l'abbé Schmidberger et tout le beau monde de la mouvance du GREC.
- ne pas être sous la dépendance des évêques serait appréciable et ralentirait la destruction de la Fraternité, mais le pape étant le supérieur direct, cela ralentirait seulement les dégâts mais ne les empêcherait pas. Via les cardinaux de la commission Ecclesia Dei, le pape nous forcerait sous peine d'excommunication à faire tout ce qu'il veut. Comme Mgr Pozzo a fait avec l'IBP.
De toute façon, cette dernière condition à notre avis ne sera pas pleinement octroyée par Rome. Il en sera comme lors de l'interview de DICI du 8 juin. "L'indépendance" nous sera donnée sauf que nous devrons demander la permission pour garder les chapelles de moins de trois ans (cf. Mgr Fellay en Autriche), sauf également qu'il faudra demander la permission pour créer de nouvelles chapelles (cf. Interview du 8 juin 2012 sur DICIet sauf qu'il faudra inviter chez nous les évêques si Mgr Fellay juge qu'ils sont d'esprit traditionnel... et d'après l'abbé Rostand, les évêques d'esprit traditionnel sont très nombreux ! (cf. video 2ème partie de l'interview de décembre 2012 par l'Angelus press)... Et comme la Fraternité n'aura plus qu'un seul évêque pour faire les confirmations mondiales et les ordinations, cela implique que Mgr Fellay fera souvent appel à ces nombreux évêques conciliaires d'esprit soi-disant traditionnel.
Voici à présent détaillées les autres conditions pour un accord canonique que l'abbé de Cacqueray et Mgr Tissier se proposent d'examiner attentivement. Vous êtes rassuré, cher lecteur ? Pas nous. Nous espérons avoir démontré clairement que la seule solution vivable est de quitter la Fraternité puisque l'abbé de Cacqueray, Fr Morgan et Mgr Tissier ont tous trahi.

Original anglais de l'extrait de la conférence de Toronto sur les propos tenus en Autriche :
And with the internet: Wow! You have these things that go everywhere, and the most wrong, right, false, true, everything mixed, impossible to make it, to correct it. And that was circulating in every places. People who say "Bishop Fellay told us this"; "Bishop Fellay said that and that" which were not true! Once again, I give you an example, that you may - how do you say? - touch a little bit of these things. It was said on the internet, Bishop Fellay told a priest of the Society in Austria that in the agreement with Rome, every chapel which has less than three years of existence must be demolished. That's what they claim, that you find in the internet. Now the reality, what I realiy said to these priest, I said to them this. I tried to explain, in our discussion with Rome, Rome told us: "We will recognise all the places. Everything, every place where you say the Mass, we will recognise as a Catholic chapel." And I told them: "Fine! That's great! But I think we have one or two problems. For example, we have places, we rent a motel room to say the Mass once every two weeks. You're not going to recognise and to declare now this room of the motel a Catholic chapel! So what are you going to do with this?" And so they reflect and say: "OK, we could use the Lunga data" - it's a technical term. It means we will say every place where the Mass has been celebrated since three years. This place has a right to have a solid chapel. So even if for the time being it's not, you have the right to establish a chapel there. So that's what I told the priests. And you see what came out in the internet is exactly the contrary. It's crazy! Madness! So that's an example of this, let's say, problem I was facing. 

lundi 29 juillet 2013

Synthèse sur la déclaration du 27 juin 2013

Synthèse sur la déclaration du 27 juin 2013



Voici à notre avis l'appréciation que François a dû faire en lisant cette déclaration : "Chapeau! Mgr Fellay réussit le tour de force de paraître tradi tout en préparant le ralliement."

Avec l'Immaculée a rassemblé plusieurs commentaires de prêtres (Dom Thomas, Abbé Chazal, abbé Pfeiffer, abbé Hewko, abbé Rioult) pour faire cette synthèse. Nous avons ajouté aussi nos propres observations. On peut consulter le texte intégral de la Déclaration du 27 juin sur ce lien.

La doctrine de l’Eglise semble réaffirmée clairement dans la déclaration du 27 juin 2013 mais il n’en est rien :

Le paragraphe 1 remercie Mgr Lefebvre d’avoir sacré sans craindre l’accusation de désobéissance. Ce n’est pas tant l’accusation de désobéissance que l’accusation de schisme, dont on a usé à l’égard de Mgr Lefebvre au moment des sacres. On se demande pourquoi alors Mgr Fellay à saint Pré a expliqué le 4 mai 2012 qu’il avait rédigé la terrible Déclaration du 15 avril 2012 pour éviter l’accusation injuste de schisme !  La pensée de Mgr Fellay est contradictoire (cf. dernière conférence de l'abbé Rioult) parce qu'il n'est pas sincère. Il utilise l'argument qui lui plaît selon l'effet qu'il veut produire.

Dans le paragraphe 2, la lettre aux futurs évêques du 29 août 1987 est citée : « Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Église romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises, dans la foi catholique intégrale, exprimée dans les Symboles de la foi, dans le catéchisme du Concile de Trente, conformément à ce qui vous a été enseigné dans votre séminaire. Demeurez fidèles dans la transmission de cette foi pour que le Règne de Notre Seigneur arrive. » 

La citation est soigneusement choisie au milieu d'autres par les trois évêques et elle est tirée de son contexte. Si Mgr Lefebvre conjure les évêques de rester attachés au siège de Pierre, dans la profession de la vraie foi, il dit aussi précédemment dans la même lettre : "la chaire de Rome et les postes de Rome étant occupés par des antichrists, la destruction du Règne de Notre-Seigneur se poursuit rapidement (…)" 

et aussi : « je vous conférerai cette grâce confiant que sans tarder le siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique entre les mains duquel vous pourrez déposer votre épiscopat. »

Il est malhonnête d’utiliser cette lettre qui condamne ainsi l’accord pratique avec Rome dans cette déclaration du 27 juin où l’on envisage l’accord pratique avec Rome (cf. §11), le siège de Pierre étant toujours occupé manifestement par un antichrist : François.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, voici in extenso, sur le lien ci-dessous la lettre de Mgr Lefebvre aux évêques avant les sacres :

Le troisième paragraphe est une "vraie savonnette théologique", comme dirait l'abbé Chazal. Citons-le :

"Le troisième paragraphe est une vraie savonnette théologique. Au lieu de dire tout simplement que les erreurs du Concile causent l'auto démolition de l'Eglise, on dit que la cause des erreurs qui sont en train de démolir l'Eglise est dans le texte en vertu d'un choix. Pourquoi ne pas dire que le texte est erroné ?

Parce que la politique de la Fraternité a changé. On ne peut plus rejeter le Concile dans son ensemble. Puisque le Concile a été légitimement convoqué, on ne peut pas dire qu'il est truffé d'hérésies, (sinon on s'en prend au "Magistère"), mais que presque tous ses textes amènent une nouvelle vision erronée des choses. L'erreur en soi n'est pas dans le Concile, mais elle vient après, même si c'est la faute des textes du Concile.

C'est ainsi que Mgr Fellay, dans son interview anglaise sur CNS, nous dit bien que le Concile a entraîné beaucoup d'erreurs par la suite, "mais ces erreurs ne viennent pas du Concile lui-même, mais de la façon commune de le comprendre."

C'est cela qui est grave pour Mgr Fellay. Un Concile aurait dû faire attention que son texte ne soit pas ouvert à des interprétations erronées et désastreuses."

Dans le paragraphe 4, le Magistère post-conciliaire est critiqué. Or, dans la Déclaration du 15 avril 2012, Mgr Fellay déclarait accepter ce magistère à la lumière de la Tradition (cf. §5 de la DQA). La déclaration du 27 juin laisse planer l’ambiguïté sur la position que la Fraternité va adopter vis-à vis de ce "magistère". Va-t-elle le rejeter ? La réponse est non. De même que pour Vatican II, elle ne le rejette pas, malheureusement. 

Le paragraphe 5 a le même travers que le paragraphe 3. Au lieu de dire que le Concile lui-même combat la Royauté sociale de Notre-Seigneur, la déclaration dit que cette Royauté est combattue actuellement à cause du concile. De même, il n’est pas dit que le concile lui-même affirme les hérésies de la liberté religieuse, de l’œcuménisme et de la collégialité. Non, ces hérésies sont dans les conséquences du Concile. La déclaration du 27 juin reste donc fidèle à l’esprit du GREC qui disait que pour avoir une reconnaissance canonique de Rome, il ne fallait pas rejeter le concile en bloc. Voici la citation ambiguë : "Ainsi à cause du Concile, [ndlr : pourquoi pas "DANS LE CONCILE" ?] la royauté du Christ sur les sociétés humaines est simplement ignorée, voire combattue, et l’Eglise est saisie par cet esprit libéral qui se manifeste spécialement dans la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité et la nouvelle messe."       
Le paragraphe six, dans le même esprit que le paragraphe 3 et 5, dit que la liberté religieuse conduit à demander à Dieu de renoncer à régner. Fr Pfeiffer et Hewko ont longuement parlé de cela. Le problème est que la liberté religieuse n'est pas seulement porteuse d’hérésie elle est en elle-même une hérésie et une attaque directe contre le règne social du Christ. Elle n’est pas la cause de l’attaque, elle est l’attaque en elle-même. Ce paragraphe laisse donc la porte ouverte à une interprétation de la liberté religieuse à la lumière de la tradition, dans la droite ligne de la Déclaration du 15 avril 2012.

Le paragraphe 7, au lieu de condamner clairement et de déclarer anathèmes Unitatis redintegratio et Nostra Aetate, dit qu’Unitatis redintegratio est « l’oecuménisme omniprésent » Voici le texte : "Au nom d’un œcuménisme omniprésent (Unitatis redintegratio) et d’un vain dialogue interreligieux (Nostra Aetate), la vérité sur l’unique Eglise est tue." Donc il n'est pas dit Unitatis redintegratio est hérétique mais seulement qu’on n’y respecte pas les bonnes proportions de l'œcuménisme. Cela sous-entend-il donc que s’il y avait moins d’œcuménisme, ce texte serait acceptable ? L’œcuménisme n’est plus rejeté par principe mais parce qu’il y en a trop. Quant à Nostra aetate, on dit que c’est un « vain dialogue interreligieux » mais on ne condamne pas Nostra aetate comme mauvais. On dit seulement que ce dialogue ne sert à rien, qu’il est vain. « La vérité sur l’Eglise est tue », au nom de ces deux textes, dit la déclaration. Cela sous-entend donc que même si le dialogue interreligieux n’est pas mauvais en soi, il ne sert à rien (cf. le mot "vain") et que pendant ce temps d’autres urgences dans l’Eglise ne sont pas traitées. 

"Cet œcuménisme a ainsi littéralement tué l’esprit missionnaire par la recherche d’une fausse unité, réduisant trop souvent la mission de l’Eglise à la délivrance d’un message de paix purement terrestre" 
Nulle part on ne voit l’expression « FAUX œcuménisme », chère à Mgr Lefebvre. Ce n’est plus l’œcuménisme qui est faux pour les trois évêques (puisqu’il peut être interprété à la lumière de la Tradition). C’est l’unité qu’il recherche. La déclaration emploie finement le terme « fausse unité ». L’œcuménisme n’est pas faux mais conduit à une "fausse unité", pour la déclaration du 27 juin. Unitatis redintegratio et Nostra aetate sont donc critiqués principalement sur le plan de leurs choix stratégiques qui ne sont pas considérés comme pertinents et sur le plan de leur ambiguïté, mais cela ne va pas plus loin. Ils ne sont plus critiqués au plan des principes et des hérésies qu’ils véhiculent. Ces textes sont considérés comme porteurs d'hérésie et non plus comme hérétiques en eux-mêmes. C’est très grave. 

On est bien loin de l'affirmation de Mgr Lefebvre : « Plus on analyse les documents de Vatican II et leur interprétation par les autorités de l’Église, et plus on se rend compte qu’il ne s’agit ni d’erreurs superficielles ni de quelques erreurs particulières comme l’œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité, mais plutôt d’une perversion totale de l’esprit, de toute une philosophie nouvelle fondée sur le subjectivisme… C’est très grave ! Une perversion totale !... C’est vraiment effrayant. »

Dans le paragraphe 8, Lumen gentium est critiqué parce que ce texte introduit un « esprit collégial, égalitaire et démocratique » mais il n’est pas dit que Lumen gentium est inacceptable à cause de la collégialité.

Le paragraphe 9 maintient volontairement le silence sur un point qui avait été très controversé lors de la parution de la Déclaration du 15 avril. Mgr Fellay avait dit que la messe de Paul VI était « légitimement promulguée », au grand scandale de nombreux prêtres et fidèles. Dans la déclaration-sparadrap (la comparaison est de l'abbé Chazal), on retire le mot « légitimement » mais on ne revient pas à ce qui avait été toujours la position de la Fraternité jusqu’à présent : on n’ose plus dire que la nouvelle messe est illégitime. Un flou artistique est maintenu autour de ce problème crucial. 
Ce paragraphe inquiétant est un signe fort et très net que la Fraternité n’est pas revenue sincèrement à l’esprit de Mgr Lefebvre.

Dans le paragraphe 10, non seulement le concile continue d’être présenté uniquement comme cause de la crise mais non hérétique en lui-même, mais en plus Mgr Fellay présente une fois de plus la mission de la Fraternité saint Pie X comme la transmission du « sacerdoce catholique dans toute sa pureté doctrinale et sa charité missionnaire » en occultant sa mission de combattre les erreurs de l’église conciliaire. L’abbé Rioult a bien relevé ce nouvel esprit dans sa conférence : 

Le paragraphe 11 révèle que l’esprit du Chapitre de 2012 est toujours bien portant : "soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient –". Pour reprendre des images de l'abbé Chazal, le chancre va pouvoir se développer. Les confrères bien intentionnés de la Fraternité sont comme la chèvre de Monsieur Seguin qui veut aller dans la montagne. Comme Blanchette, ils se croient assez forts pour combattre le méchant loup romain. Certains leur ont bien dit que le loup les mangerait, comme il avait déjà mangé les autres communautés Ecclesia Dei. Mais n’écoutant que leur mauvais pasteur (Mgr Fellay), et leur témérité, ils ne tiennent aucun compte des avis de prudence et sont prêts à aller en découdre avec la Rome conciliaire, pour la convertir, pensent-ils. Comme si on pouvait convertir des francs-maçons haut-placés dont la vie a été consacrée à détruire l'Eglise et qui sont dans le vice jusqu'au coup... Rome accordera certainement à la Fraternité, comme il était dit dans la Déclaration du 15 avril 2012, un droit de « légitime discussion » pour pouvoir ensuite, une fois que la « reconnaissance canonique » aura été obtenue, mieux la croquer, comme le loup fit avec Blanchette et comme Mgr Pozzo fit avec l’IBP.

La déclaration affirme que l’autorisation donnée à la Fraternité de combattre les erreurs permettrait « un début de rétablissement de l’ordre ». C'est faux. Les supérieurs faisant les sujets, c’est la conversion du pape qui rétablira l’ordre. Se mettre sous sa tutelle tant qu’il est « antichrist » ne servirait qu’à ajouter à la confusion. Blanchette ne ferait pas long feu. 

Rappelons la phrase de Mgr Lefebvre, Fideliter n°70, p. 6 :
"Et d’abord de quelle Eglise parle-t-on ? Si c’est de l’Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets. » 

Seule la Sainte Vierge pourra convertir le pape, lorsque les événements, annoncés à Sœur Lucie à Rianjo se réaliseront et que le chef de l’Eglise se décidera à consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, en union avec tous les évêques du monde entier, comme cela a été demandé à Lucie à Tuy, le 13 juin 1929.