dimanche 28 octobre 2012

Décision capitale - Mgr Williamson - Commentaire Eleison n°276

  Décision capitale
Mgr Williamson
  Commentaire Eleison n°276 du 27 octobre 2012

Ainsi, l’exclusion de la Fraternité Saint Pie X de l’un des quatre évêques consacrés pour son service par Mgr Lefebvre en 1988 est maintenant officielle. Il s’agit d’une décision importante de la part des dirigeants de la FSSPX, et non pour des raisons personnelles, mais en raison de la suppression de ce que beaucoup ont considéré être le plus grand obstacle au sein de la FSSPX à une fausse réconciliation entre la Tradition catholique et la Rome conciliaire. Maintenant qu’il est parti, la Fraternité peut plus facilement continuer sa glissade dans le libéralisme commode.

Si le problème était simplement sa personne, il pourrait ne pas y avoir de conséquences trop graves. Il a 72 ans (« il est plus ou moins gaga ») et il ne lui reste plus trop d’années actives devant lui. On pourrait l’ignorer complètement ou le discréditer encore plus, le cas échéant, et le laisser fulminer à son aise dans sa retraite isolée. Mais si de fait son exclusion signifie le rejet de l’opposition à Rome qu’il représentait, la FSSPX est alors en difficulté, et loin de résoudre ses tensions intérieures en ayant fait de lui un exemple, elle risque maintenant d’être déchirée par les dissensions silencieuses ou les contradictions ouvertes.

La raison en est que Mgr Lefebvre a fondé la Fraternité Saint Pie X pour résister à la destruction de l’Église : de la foi catholique par le Concile et ses 16 documents, de la pratique de cette foi par la nouvelle messe avant tout. Depuis le début de la Fraternité, la résistance au Concile fait partie intégrale de sa nature. Or, on ne peut pas défaire la nature d’une chose sans défaire la chose. Il s’ensuivrait que par cette exclusion la FSSPX de Mgr Lefebvre est en voie d’être défaite, et elle sera remplacée par quelque chose de tout à fait différent. En fait, on a pu observer cette transformation depuis de nombreuses années. L’exclusion n’est simplement qu’un coup final.

Non pas que Mgr. Lefebvre était principalement ou uniquement contre le Concile. Il était avant tout catholique, un évêque catholique, un vrai pasteur des âmes, comme il ressort de ses écrits d’avant le Concile. Mais une fois que cette catastrophe indicible pour l’Eglise eut lieu, il reconnut très vite que la tâche la plus urgente pour la défense de la Foi était de résister à la révolution de Vatican II qui s’emparait de millions de cœurs et d’esprits catholiques. D’où sa fondation en 1970 de la FSSPX qui permettrait d’utiliser exclusivement le rite tridentin de la messe. D’où sa fameuse Déclaration de novembre 1974, qui était comme une charte des principes catholiques qui inspirent la résistance de la FSSPX. Seuls la conversion et le retour des autorités de l’Eglise à la vraie foi peuv ent justifier l’abandon de ces principes. Une telle conversion ou un tel retour ont-ils eu lieu? En aucune façon. Bien au contraire.

Et l’avenir ? Pour combler le vide laissé par l’abandon des objectifs de Mgr. Lefebvre, il est probable que la FSSPX officielle va se précipiter bientôt dans les bras de Rome, en particulier si la conscience de Benoît XVI le pousse à mettre fin au « schisme » avant sa mort. L’exclusion de l’évêque peut ou non avoir été une condition préalable posée par Rome pour un accord entre Rome et la FSSPX, mais en tout cas elle en favorise certainement un. Les prêtres de la Fraternité qui voient clair pourraient se terrer pour le moment et attendre que le vent semé soit suivi par la tempête à récolter. Les laïcs de la FSSPX pourraient assister à des messes de la Fraternité, pour l’instant, quitte à surveiller le moment où la transformation mentionnée ci-dessus commence à menacer leur foi. Quant à l’évêque exclu, les dons pour lui ou sa cause devront attendre que tout soit arrangé pour les recevoir. Mais ne doutez pas d’une chose : il n’entend pas prendre sa retraite.

Accrochez-vous bien, mes amis. Ce sera la randonnée de notre vie. Faisons-en la randonnée qui nous mène au Paradis !

Kyrie eleison.

Deux lettres, deux sources, par Arsenius


Deux lettres, deux sources (par le moine bénédictin Arsenius)
  
par Arsenius



Beneditinos.org



Arsenius analyse en détail les lettres échangées en avril par les quatre évêques. Tout d'abord, il étudie la lettre des trois évêques et il met en parallèle des citations de Monseigneur Lefebvre, afin de montrer la parfaite conformité de leur pensée avec celle de leur père spirituel. Il analyse ensuite la lettre de Mgr Fellay et montre la divergence de pensée de celui-ci par rapport à celle du fondateur de la Fraternité Saint Pie X.

Comme on le sait, un inconnu a publié une lettre des trois évêques de la Fraternité saint Pie X au Supérieur général et la réponse de celui-ci (datée d'avril de cette année 2012). A ceux qui ne veulent pas prendre connaissance du contenu public de ces documents, publication considérée comme un péché mortel, nous disons, Felix culpa ! Heureuse faute qui nous a apporté des connaissances importantes, sur un sujet du plus haut intérêt pour tous ceux qui aiment la Sainte Eglise. Cela nous a permis de connaître la pensée des trois prélats ainsi que celle du Supérieur. Je ne pense pas commettre un "péché mortel" en analysant des documents qui sont déjà tombés dans le domaine public... Dans les circonstances actuelles, il semble que ces lettres ont perdu tout intérêt, mais en fait eIles continuent à être de la plus haute importance et il faut bien connaître leur contenu.

Premièrement, nous avons relevé des passages du texte de la lettre des trois évêques entrecoupés de citations de Mgr Lefebvre [1] ou de références à ce qu'il a dit. Ensuite, nous verrons les points de la lettre de réponse de Mgr Fellay (citée dans son intégralité, de ne pas nous accuser faussement de dénaturer le sens du texte, de le sortir de son contexte).

ANALYSE DE LA LETTRE DES TROIS EVEQUES

1) L'opposition à un accord pratique sans accord doctrinal

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« Les discussions doctrinales de 2009 à 2011 ont prouvé qu’un accord doctrinal est impossible avec la Rome actuelle. » « Comment peut-on croire qu’un accord pratique puisse arranger un tel problème ? » Compte tenu que « la pensée du Pape actuel est également imprégnée de subjectivisme. » « Un accord même purement pratique ferait nécessairement taire progressivement, de la part de la Fraternité, toute critique du Concile ou de la nouvelle messe. En cessant d’attaquer ces victoires les plus importantes de toutes de la Révolution, la pauvre Fraternité cesserait nécessairement de s’opposer à l’apostasie universelle de notre lamentable époque et elle s’enliserait elle-même. » « On a beau le nier, ce glissement est inévitable. » « Comment obéir et continuer à prêcher toute la vérité ? Comment faire un accord sans que la Fraternité « pourrisse » dans la contradiction ? » De plus, « la condition émisse par le Chapitre de 2006 ne s’est nullement réalisée (changement doctrinal de Rome qui permettrait un accord pratique) » Ainsi, les trois évêques expriment « l’unanimité de leur opposition formelle à tout accord semblable. »

Comment Mgr Lefebvre a-t-il vu cet aspect du problème ?

Juste après les Consécrations de 1988, lorsque de nombreux braves gens insistaient auprès de Mgr Lefebvre pour qu'il fît un accord pratique avec Rome ce qui ouvrirait un grand champ d'apostolat, il dit sa pensée aux quatre évêques : « Un grand champ d'apostolat peut-être, mais dans l'ambiguïté et en suivant deux directions opposées à la fois, ce qui aurait fini par nous pourrir. » Et, lorsqu'une année plus tard, Rome semblait faire de vrais gestes de bienveillance envers la Tradition, Mgr Lefebvre se méfiait toujours. Il craignait qu'il ne s'agisse que de « manœuvres pour séparer de nous le plus grand nombre de fidèles possible. Voilà la perspective dans laquelle ils semblent céder toujours un peu plus et même aller très loin. Nous devons absolument convaincre nos gens qu'il ne s'agit que d'une manœuvre, qu'il est dangereux de se mettre entre les évêques conciliaires et de la Rome moderniste. C'est le plus grand danger qui menace nos gens. Si nous luttons depuis 20 ans pour résister aux erreurs conciliaires, ce n'est pas pour nous mettre maintenant entre les mains de ceux qui professent ces erreurs. »

Nous mettons ici une citation également bien connue, mais pas assez méditée : « Mais si je vis encore un peu et en supposant que d'ici à un certain temps Rome fasse un appel, qu'on veuille nous revoir, reprendre langue, à ce moment-là c'est moi qui poserai les conditions. Je n’accepterai plus d’être dans la situation où nous nous sommes trouvés lors des colloques. [2] C’est fini. Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d'accord avec les grandes encycliques de tous les papes qui vous ont précédé. Est-ce que vous êtes d'accord avec Quanta Cura de Pie IX, Immortale Dei, Libertas de Léon XIII, Pascendi de Pie X, Quas Primas de Pie XI, Humani generis de Pie XII ? Est-ce que vous êtes en pleine communion avec ces papes et avec leurs affirmations ? Est-ce que vous acceptez encore le serment antimoderniste ? Est-ce que vous êtes pour le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ?

Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C'est inutile. Les positions seraient ainsi plus claires. »(Fideliter, n° 66, pp. 12-14).

2) L'état actuel des autorités romaines est semblable à la situation qui a suivi le Concile Vatican II jusqu’en 1988

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« Depuis Vatican II, les autorités officielles de l’Église se sont séparées de la vérité catholique, et aujourd’hui elles se montrent tout aussi déterminées que toujours de rester fidèles à la doctrine et pratique conciliaires. Les discussions romaines, le « préambule doctrinal » et Assise III en sont des exemples éclatants. » « Or, la pensée de Benoît XVI est-elle meilleure à cet égard que celle de Jean-Paul II ? Il suffit de lire l’étude de l’un de nous trois sur La Foi au Péril de la Raison pour se rendre compte que la pensée du Pape actuel est également imprégnée de subjectivisme. C’est toute la fantaisie subjective de l’homme à la place de la réalité objective de Dieu. C’est toute la religion catholique soumise au monde moderne. »

Contribution de la pensée de Mgr Lefebvre pour aider à juger la situation actuelle :

Un des signes pour lesquels Mgr Lefebvre pensait qu'il devrait consacrer des évêques sans l'autorisation de Rome a été la rencontre d'Assise. Mais cette réunion a été récemment renouvelée sous le pontificat de Benoît XVI. Donc, la situation actuelle est semblable au pontificat de Jean-Paul II en 1988. Le deuxième signe que Mgr Lefebvre a jugé très important a été la réaffirmation par Rome des erreurs de Vatican II sur la liberté religieuse (cf. Sermon 29/06/87). Or, à présent, les discussions doctrinales ont montré l'incompatibilité de la doctrine de l'Église avec la doctrine des détenteurs actuels du pouvoir à Rome. Par conséquent, Mgr Lefebvre jugerait la situation actuelle aussi critique que celle de 1988.

3) Vatican II

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« Le problème posé aux catholiques par le concile Vatican II est profond. »

Comment Mgr Lefebvre juge-t-il le Concile ?

« Plus on analyse les documents de Vatican II et leur interprétation par les autorités de l'Église, et plus on se rend compte qu'il ne s'agit ni d'erreurs superficielles ni de quelques erreurs particulières comme l'œcuménisme, la liberté religieuse, la collégialité; mais plutôt d'une perversion totale de l'esprit, de toute une philosophie nouvelle fondée sur le subjectivisme... C'est très grave ! Une perversion fatale ! ... C'est vraiment effrayant. » (Dans une conférence qui semble avoir été comme le dernier testament doctrinal de Mgr Lefebvre, conférence donnée à des prêtres de sa Fraternité à Écône, six mois avant sa mort.)

4) Qui est Benoît XVI ?

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« Mais, nous dira-t-on, Benoît XVI est vraiment bienveillant envers la Fraternité et sa doctrine. En tant que subjectiviste, il peut bien l'être, parce que les libéraux subjectivistes peuvent tolérer même la vérité, mais pas si elle refuse de tolérer l'erreur. Il nous accepterait dans le cadre du pluralisme relativiste et dialectique, à condition de rester dans "la pleine communion", par rapport à l'autorité et envers les autres "réalités ecclésiales". Voilà pourquoi les autorités romaines peuvent tolérer que la Fraternité continue d'enseigner la doctrine catholique, mais ils ne supporteront absolument pas qu'elle condamne la doctrine conciliaire. »

Paroles de Mgr Lefebvre sur le Cardinal Ratzinger (aujourd'hui Benoît XVI) :

« Nous n’avons pas la même façon de concevoir la réconciliation. Le cardinal Ratzinger la voit dans le sens de nous réduire, de nous ramener à Vatican II. Nous, nous la voyons comme un retour de Rome à la Tradition. On ne s’entend pas. C’est un dialogue de sourds." Mgr Lefebvre dans une entrevue donnée à Fideliter, N°66, novembre- décembre 1988, p. 12. Et quand Mgr Lefebvre a déclaré que le cardinal Ratzinger avait nécessairement à choisir entre la liberté religieuse de Vatican II et le Syllabus de Pie IX, parce qu'ils se contredisent entre eux, le cardinal a répondu que "Nous ne sommes plus au temps du syllabus." Puis Mgr Lefebvre a répondu : "Alors ce que vous me dites aujourd'hui n'est plus vrai demain. Il n'existe aucun moyen de nous comprendre, c’est l’évolution permanente." » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p. 15)

5) Dénoncer les erreurs aux autorités et s'y opposer

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« A la suite de Mgr Lefebvre, le propre de la Fraternité est, plus que de dénoncer les erreurs par leur nom, de s'opposer efficacement et publiquement aux autorités romaines qui les diffusent. Comment pourrait-on concilier un accord et cette résistance publique aux autorités romaines, dont le Pape ? »

Voici ce que Mgr Lefebvre dit à ce sujet :

«N'ayez pas peur de dire que les autorités romaines d'aujourd'hui, de Jean XXIII et Paul VI, sont devenues des contributeurs actifs de la franc-maçonnerie juive internationale et du socialisme mondial.» (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11). « Vous ne pouvez pas en même temps donner un coup de main aux modernistes et vouloir garder la Tradition. » (Mgr Lefebvre, fideliter, n ° 87 septembre 1990, p. 3)

6) Conséquences de la nouvelle direction que les Supérieurs font prendre à la Fraternité

Mgrs Tissier de M., de Galarreta et Williamson écrivent à Mgr Fellay :

« Vous conduisez la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une profonde division sans retour. »

Voici ce que Mgr Lefebvre dit à ce sujet :

Cette marche vers un accord, Mgr Lefebvre l’a qualifiée d’opération suicide: « Si j'avais fait cette opération avec Rome en continuant les accords que nous avions signés et en poursuivant la mise en pratique de ces accords, je faisais l'opération suicide. » (Sermon du 30 juin 1988 Fideliter n ° 64, p. 6). « Des difficultés inextricables surgiront avec les évêques, avec les mouvements des diocèses qui voudront que nous collaborions avec eux, si nous sommes reconnus par Rome. » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p. 18)

Comme nous venons de le voir, la source à partir de laquelle cette lettre a été conçue était les enseignements de Mgr Lefebvre.

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Voyons maintenant comment Mgr Fellay a répondu.

Lettre de Mgr Fellay aux autres évêques de la FSSPX

Menzingen, le 14 Avril, 2012

Monseigneur Bernard FELLAY

A NN. SS. Tissier de Mallerais, Willamson et de Galarreta

Excellences,

Votre lettre collective adressée aux membres du Conseil général a retenu toute notre attention. Nous vous remercions pour votre sollicitude et votre charité.

Permettez-nous à notre tour, dans le même souci de charité et de justice de vous faire les observations qui suivent.

Tout d'abord la lettre mentionne bien la gravité de la crise qui secoue l'Eglise et analyse précisément la nature des erreurs ambiantes qui pullulent.

Cependant la description est entachée de deux défauts par rapport à la réalité de l'Église : elle manque de surnaturel et en même temps elle manque de réalisme.

Elle manque de surnaturel.

A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Église dont le siège est à Rome est bien l'Église de Notre Seigneur Jésus Christ une Eglise, certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Église qui a, quand même et encore, pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ.

On a l'impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n'acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Pour vous, Benoît XVI est-il encore pape légitime ? S'il l'est, Jésus-Christ peut-il encore parler par sa bouche ?

Si le pape exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne, qui ne donne pas un ordre à l'encontre des commandements de Dieu, a-t-on le droit de renvoyer d'un revers de main cette volonté?

Et sinon sur quel principe vous basez-vous pour agir ainsi ? Ne croyez-vous pas que si Notre Seigneur nous commande, il donnera aussi les moyens de continuer notre œuvre ? Or le pape nous a fait savoir que la préoccupation de régler notre affaire pour le bien de l'Eglise était au cœur même de son pontificat, et aussi qu'il savait bien que ce serait plus facile, et pour lui et pour nous, de laisser la situation présente en l'état. Donc c'est bien une volonté arrêtée et juste qu'il exprime.

Avec l'attitude que vous préconisez. Il n’y a plus de place ni pour les Gédéon, ni pour les David, ni pour ceux qui comptent sur le secours du Seigneur. Vous nous reprochez d'être naïf ou d'avoir peur. mais c'est votre vision de l'Eglise qui est trop humaine et même fataliste; vous y voyez les dangers, les complots, les difficultés, vous ne voyez plus l'assistance de la grâce et du Saint-Esprit.

Si l'on veut bien accepter que la divine Providence conduit les affaires des hommes, tout en leur laissant leur liberté, il faut alors aussi accepter que les gestes de ces dernières années en notre faveur soient aussi sous sa gouverne.

Or ils indiquent une ligne, pas toute droite, mais clairement, en faveur de la Tradition. Pourquoi subitement celle-ci s'arrêterait, alors que nous faisons tout pour conserver notre fidélité et que nous accompagnons nos efforts d'une prière peu commune ?

Le Bon Dieu nous laisserait-il tomber au moment le plus crucial ? Cela n'a pas beaucoup de sens. Surtout que nous n'essayons pas de lui imposer une quelconque volonté propre, mais que nous essayons de scruter à travers les événements ce que Dieu veut, étant disposés à tout, comme il Lui plaira.

En même temps, elle manque de réalisme, et quant à l'intensité des erreurs et quant à leur amplitude.

Intensité : Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du concile des "super-hérésies". Cela devient comme le mal absolu, pire que tout, de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. Les maux sont déjà suffisamment dramatiques pour qu'on ne les exagère pas davantage (cf. Roberto de Mattei, une histoire jamais écrite. p. 22 - Mgr Ghérardini, un débat à ouvrir, p. 53, etc.)

Il n'y a plus aucune distinction. Alors que Mgr Lefebvre a fait plusieurs fois les distinctions au sujet du libéral (1)

Ce manque de distinction conduit l'un ou l'autre d'entre vous à un durcissement "absolu". Cela est grave parce que cette caricature n'est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme.

Et peut-être bien que ce fait est l'un des arguments qui me pousse à ne plus tarder à répondre aux instances romaines.

Amplitude :

d'une part on fait endosser aux autorités présentes toutes les erreurs et tous les maux que l'on trouve dans l'Église en délaissant le fait qu'elles essaient, au moins en partie, de se dégager des plus graves d'entre elles (la condamnation de "l'herméneutique de la rupture" dénonce des erreurs bien réelles).

D'autre part on prétend que TOUS sont enracinés dans cette pertinacité ("tous modernistes", "tous pourris") Or cela est manifestement faux. Une grande majorité est toujours emportée dans le mouvement, mais pas tous.

Au point qu'à la question cruciale entre toutes, celle de la possibilité de survivre dans les conditions d'une reconnaissance de la Fraternité par Rome, nous n'arrivons pas à la même conclusion que vous.

Qu'il soit noté au passage que NOUS N'AVONS PAS CHERCHÉ un accord pratique. Cela est faux. Nous n'avons pas refusé à priori, comme vous le demandez, de considérer l'offre du pape. Pour le bien commun de la Fraternité, nous préférerions de loin la solution actuelle de statu quo intermédiaire, mais manifestement, Rome ne le tolère plus.

En soi, la solution de la Prélature personnelle proposée n'est pas un piège. Cela ressort tout d'abord de ce que la situation présente en avril 2012 est bien différente de celle de 1988.Prétendre que rien n'a changé est une erreur historique. Les mêmes maux font souffrir l'Église, les conséquences sont encore plus graves et manifestes qu'alors ; mais en même temps on peut constater un changement d'attitude dans l'Église, aidé par les gestes et actes de Benoît XVI envers la Tradition.

Ce mouvement nouveau, né il y a au moins une dizaine d'années, va se renforçant. Il touche bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement étouffés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II.

Cette hiérarchie est en perte de vitesse.

Cela est objectif et montre qu'il n'est plus illusoire de considérer un combat "intra muros", dont nous sommes bien conscients de la dureté et difficulté. J'ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II, que l'on va nous ressasser, s'il est encore dans les bouches de beaucoup, n'est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient.

Cette situation concrète, avec la solution canonique qui est proposée, est bien différente d’elle de 1988. Et quand nous comparons les arguments que Mgr Lefebvre avait donnés à l'époque, nous concluons qu'il n'aurait pas hésité à accepter ce qui nous est proposé.

Ne perdons pas le sens de l'Église, qui était si fort chez notre vénéré fondateur.

L'histoire de l'Église montre que la guérison des maux qui la frappent se fait de manière habituelle graduellement, lentement. Et quand un problème est terminé, c'en est un autre qui commence ... oportet haereses esse. Prétendre attendre que tout soit réglé pour arriver à ce que vous appelez un accord pratique n'est pas réaliste. Il est bien probable, à voir comment se déroulent les choses, que la fin de cette crise prendra encore des dizaines d'années. Mais de refuser de travailler dans le champ parce qu'il s'y trouve encore de la mauvaise herbe qui risque d'étouffer, de gêner la bonne herbe, trouve une curieuse leçon biblique : c'est Notre-Seigneur lui-même qui nous fait comprendre avec sa parabole de l'ivraie qu'il y aura toujours, sous une forme ou une autre, de la mauvaise herbe à arracher et à combattre dans son Église ...

Vous ne pouvez pas savoir combien votre attitude ces derniers mois -bien différente pour chacun d'entre vous - a été dure pour nous. Elle a empêché le supérieur général de vous communiquer et de faire partager ces grands soucis, auxquels il vous aurait si volontiers associés, s'il ne s'était pas trouvé devant une incompréhension si forte et passionnée. Combien il aurait aimé pouvoir compter sur vous, sur vos conseils pour soutenir cette passe si délicate de notre histoire. C'est une grande épreuve, peut-être la plus grande, de tout son supériorat.

Notre Fondateur vénéré a donné aux évêques de la Fraternité une charge et des devoirs précis. Il a bien montré que le principe qui fait l'unité dans notre société, c'est le Supérieur Général. Mais, depuis un certain temps déjà, vous essayez -chacun de manière différente- de lui imposer votre point de vue, même sous formes de menaces et même publiquement. Cette dialectique entre vérité/foi et autorité est contraire à l'esprit sacerdotal. Au moins aurait-il espéré que vous essayiez de comprendre les arguments qui le poussent à agir comme il a agi ces dernières années, selon la volonté de la divine providence.

Nous prions bien pour chacun d'entre vous, pour que dans ce combat qui est loin d'être terminé nous nous retrouvions tous ensemble, pour la plus grande gloire de Dieu et pour l'amour de notre chère Fraternité.

Daigne Notre-Seigneur ressuscité et Notre-Dame vous protéger et vous bénir.

+ Bernard Fellay

Niklaus Pfluger +

Alain-Marc Nély +

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(1) - Ce n'est pas parce qu'un pape est libéral qu'il n'existe pas... Nous devons rester dans une ligne ferme et ne pas nous égarer, au cours de ces difficultés dans lesquelles nous vivons.

On serait tenté, justement, par des solutions extrêmes, et de dire : « non, non, le pape n'est pas seulement libéral, le pape est hérétique. Le pape est peut-être probablement plus qu'hérétique et par conséquent il est nécessairement hors de l'Église. Il faut savoir faire les distinctions nécessaires. Ceci est très important pour rester dans une voie sûre, pour rester dans l'Église. Sinon, où irions-nous ? Il n'y a plus de pape, il n'y a plus de cardinaux, parce que si le pape n'était pas pape quand il a nommé les cardinaux, ces cardinaux ne peuvent plus nommer de pape puisqu'ils ne sont pas cardinaux. Et alors ? C'est un ange du Ciel qui va nous apporter un pape ? C'est absurde ! Et pas seulement absurde, dangereux ! Parce que nous serons conduits, peut-être, à des solutions qui sont vraiment schismatiques. » (Conférence à Angers. 1980) voir aussi Fideliter. N° 57. p. 17 sur la mesure à garder.

ANALYSE DE LA LETTRE DE MGR FELLAY

1) Lettre de Mgr Fellay : « Tout d'abord la lettre mentionne bien la gravité de la crise qui secoue l'Eglise et analyse précisément la nature des erreurs ambiantes qui pullulent. Cependant la description est entachée de deux défauts par rapport à la réalité de l'Église : elle manque de surnaturel et en même temps elle manque de réalisme. »

Commentaire :

Puisque, comme nous l'avons vu, la lettre des trois évêques est un écho fidèle des enseignements de Mgr Lefebvre, on pourrait par conséquent mettre sous la plume de Mgr Fellay les paroles suivantes : "L'analyse et la description que Mgr Lefebvre fait des erreurs qui pullulent manque de réalisme et d'esprit surnaturel."

2) Lettre de Mgr Fellay : « A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Église dont le siège est à Rome est bien l'Église de Notre Seigneur Jésus Christ une Eglise, certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Église qui a, quand même et encore, pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ. On a l'impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n'acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Votre vision de l'Eglise est trop humaine et même fataliste; vous y voyez les dangers, les complots, les difficultés, vous ne voyez plus l'assistance de la grâce et du Saint-Esprit. »

Commentaire :

Utilisant la même méthode qu’au paragraphe précédent, nous allons voir quel serait le texte: "Nous nous sommes demandés sérieusement si Mgr Lefebvre croit même que l'Eglise visible, dont le Siège est à Rome, est l'Eglise de Notre-Seigneur Jésus-Christ, une Eglise défigurée comme notre Seigneur Jésus-Christ. On a l'impression qu'il a été tellement choqué qu'il n'acceptait pas que cela puisse encore être vrai. Sa vision de l'Église était trop humaine et aussi fataliste, il ne voyait que les dangers, les complots, les difficultés, il ne pouvait pas voir l’essentiel avec l'aide et la grâce de l'Esprit Saint."

3) Lettre de Mgr Fellay : « Pour vous, Benoît XVI est-il encore pape légitime ? S'il l'est, Jésus-Christ peut-il encore parler par sa bouche ? ».

Commentaire :

Si l’on poursuit, la lettre devrait ressembler à ceci : "Pour Mgr Lefebvre, les papes Paul VI et Jean-Paul II étaient-ils toujours des papes légitimes ? Si c'était le cas, Jésus-Christ pouvait-il encore parler par leur bouche?"

4) Lettre de Mgr Fellay : « Si le pape exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne, qui ne donne pas un ordre à l'encontre des commandements de Dieu, a-t-on le droit de renvoyer d'un revers de main cette volonté ? Et sinon sur quel principe vous basez-vous pour agir ainsi ? Ne croyez-vous pas que si Notre Seigneur nous commande, il donnera aussi les moyens de continuer notre œuvre ? »

Commentaire :

Encore une fois, voici la paraphrase :"Si les Papes Paul VI (en 1976) et Jean-Paul II (en 1988) n'ont pas donné un ordre contre les commandements de Dieu (c'est-à-dire de ne pas ordonner des prêtres ni de consacrer des évêques), Mgr Lefebvre avait-il le droit de négliger, de refuser ce désir ? Sur quel principe se basait-il pour agir ainsi ? Il semble qu'il ne croyait pas que si Notre Seigneur nous commande, il nous donnerait aussi les moyens de continuer notre œuvre."

Reprenons un peu notre souffle… Essayons d'apaiser notre esprit écoutant Mgr Lefebvre, qui s’adressait ainsi au cardinal Ratzinger [NDLR : c’est-à-dire à Benoit XVI !] : « Eminence, ce n’est pas nous qui faisons une Eglise parallèle puisque nous continuons l’Eglise de toujours, c’est vous qui faites l’Eglise parallèle en ayant inventé l’Eglise du Concile, celle que le cardinal Benelli a appelé l’Eglise conciliaire, c’est vous qui avez inventé une église nouvelle, pas nous, c’est vous qui avez fait de nouveaux catéchismes, de nouveaux sacrements, une nouvelle messe, une nouvelle liturgie, ce n’est pas nous. Nous, nous continuons ce qui a été fait auparavant. Ce n’est pas nous qui faisons une nouvelle église ». (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p 12.) « Il [le cardinal Ratzinger] me répète : "Il n'y a qu'une seule Église, l'Église de Vatican II. Vatican II est la Tradition." Malheureusement, l'Eglise de Vatican II est opposée à la Tradition. Ce n’est pas la même chose. » (Ibid., p. 15) « Cette histoire d’Église visible de Dom Gérard est enfantine. C’est incroyable que l’on puisse parler d’Église visible pour l’Église conciliaire par opposition à l’Église catholique que nous essayons de représenter et de continuer. » Fideliter, n. 70 juillet-août 1989, p. 6) « Nous appartenons bien à l’Eglise visible, à la société des fidèles sous l’autorité du Pape, car nous ne récusons pas l’autorité du Pape, mais ce qu’il fait. Nous reconnaissons bien au Pape son autorité, mais lorsqu’il s’en sert pour faire le contraire de ce pourquoi elle lui a été donnée, il est évident qu’on ne peut pas le suivre. Sortir, donc, de l’Eglise officielle ? Dans une certaine mesure, oui, évidemment. Il faut donc sortir de ce milieu des évêques, si l’on veut ne pas perdre son âme. Mais cela ne suffit pas, car c’est à Rome que l’hérésie est installée. Oui, le libéralisme et le modernisme se sont introduits au Concile et à l’intérieur de l’Eglise. Ce sont des idées révolutionnaires et la Révolution, que l’on trouvait dans la société civile, est passée dans l’Eglise. » (Fideliter, n ° 66 novembre-décembre 1988, p. 28)

5) Lettre de Mgr Fellay : « Si l'on veut bien accepter que la divine Providence conduit les affaires des hommes, tout en leur laissant leur liberté, il faut alors aussi accepter que les gestes de ces dernières années en notre faveur sont aussi sous sa gouverne. Or ils indiquent une ligne, pas toute droite, mais clairement, en faveur de la Tradition. Pourquoi subitement celle-ci s'arrêterait, alors que nous faisons tout pour conserver notre fidélité et que nous accompagnons nos efforts d'une prière peu commune ? Le Bon Dieu nous laisserait-il tomber au moment le plus crucial ? Cela n'a pas beaucoup de sens. »

Commentaire :

Nous ne devons pécher ni par désespoir, ni par présomption. Mgr Lefebvre jugeait que se confier à des hommes comme le Cardinal Ratzinger ou d'autres de la chapelle libérale romaine faisait partie du deuxième extrême : « Nous sommes de plus en plus convaincus [qu’il nous arrivera ce qui est arrivé aux autres qui ont rejoint Rome]. Plus on réfléchit, plus on se rend compte qu’ils nous préparent un piège. » (Ibid., p. 17) « Nous ne pouvons pas avoir confiance [en eux], ce n’est pas possible. » (Fideliter, n° hors série, 29-30 juin 1988, p.16). Mgr Lefebvre a cité des exemples de cette époque, de la trahison de Rome envers les ralliés [3], et à l'heure actuelle, on peut citer l'exemple récent de la même attitude envers l’Institut du Bon Pasteur. Quant aux offres qui semblent être des actes favorables à la Tradition, Mgr Lefebvre a déclaré: « Ce n'est pas ce qui nous intéresse. C'est le problème de fond qui est toujours derrière nous et c’est ce qui nous fait peur. » (Ibid., p. 19). Rappelez-vous aussi que Dom Gérard Calvet OSB a déclaré que, pour légaliser la situation de son monastère bénédictin du Barroux, Rome a tout donné et ne demandait rien, et pourtant, Mgr Lefebvre a précisé qu'il désapprouvait cette demande de légalisation.

6) Lettre de Mgr Fellay : « Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du concile des "super-hérésies". Cela devient comme le mal absolu, pire que tout »

Commentaire :

L'accusation est gratuite et d'un ton fort désobligeant. S'il y a des hérésies dans Vatican II (rappelons que la notion de "super-hérésie" n’existe pas), cela suffit à faire horreur à tous nos cœurs de catholiques. Ecoutons à nouveau Mgr Lefebvre : « La crise de l’Église se ramène essentiellement aux réformes post-conciliaires émanant des autorités les plus officielles de l’Église et en application de la doctrine et des directives de Vatican II. » (Ils L’ont découronné, ch. XXXII, p. 249)

7) Lettre de Mgr Fellay : « Alors que Mgr Lefebvre a fait plusieurs fois les distinctions au sujet du libéral. Ce manque de distinction conduit l'un ou l'autre d'entre vous à un durcissement "absolu". Cela est grave parce que cette caricature n'est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme. »

Commentaire :

Nouvelle accusation gratuite. Or aucun des trois évêques n’est sédévacantiste. Le problème évoqué ici est celui du sédévacantisme, comme en témoignent les paroles de Mgr Lefebvre citées dans la lettre même de Mgr Fellay : « Ce n'est pas parce qu'un pape est libéral qu'il n'existe pas... Il n'y a plus de pape, C'est absurde ! » Un libéral peut défendre une hérésie sans être en même temps, un hérétique formel [4], mais seulement avoir un esprit libéral. Voyons comment Mgr Lefebvre n'hésite pas à appeler Jean-Paul II moderniste et rejette toute idée de schisme: « Déclaration de schisme; schisme avec quoi ? avec le Pape successeur de Pierre ? Non, schisme avec le Pape moderniste, oui, schisme avec les idées que le Pape répand partout, les idées de la Révolution, les idées modernes, oui. Nous sommes en schisme avec cela. Nous n'acceptons pas bien sûr. Nous n'avons personnellement aucune intention de rupture avec Rome. Nous voulons être unis à la Rome de toujours, parce que dans nos séminaires, dans nos prédications, dans toute notre vie et la vie des chrétiens qui nous suivent, nous continuons la vie traditionnelle comme elle l'était avant le Concile Vatican II et qu'elle a été vécue pendant vingt siècles. » (Fideliter, n ° hors série, 29-30 juin 1988, p. 18). Est-ce que Mgr Fellay accuserait Mgr Lefebvre de faire ici aussi une caricature du pape ?

8) Lettre de Mgr Fellay : « La condamnation de "l'herméneutique de la rupture" dénonce des erreurs bien réelles »

Commentaire :

Voyons comment Mgr Lefebvre avait déjà réduit à néant cette illusion de l'opposition entre "herméneutique de la continuité" et "herméneutique de la rupture": « Ce que le cardinal Ratzinger nomme “anti-esprit du Concile” n’est que l’aboutissement extrême des théories de théologiens qui furent experts au Concile ! C’est cet esprit libéral qui est à la racine de presque tous les textes conciliaires et de toutes les réformes qui s’en sont suivies. » (Ils L’ont découronné, ch. XXXII, p. 249)

9) Lettre de Mgr Fellay : « D'autre part on prétend que TOUS sont enracinés dans cette pertinacité ("tous modernistes", "tous pourris") Or cela est manifestement faux. Une grande majorité est toujours emportée dans le mouvement, mais pas tous. »

Commentaire :

L'accusation est inexacte et tendancieuse. Dans la lettre des trois évêques ne figurent pas les mots "tous" ou "pourris", mais ils utilisent les termes "autorités officielles", "les autorités à Rome", "modernistes" en général, tout comme Mgr Lefebvre a dit une fois: « Les autorités n'ont pas changé d'un iota dans leurs idées au sujet du Concile, du libéralisme et du modernisme. Elles sont anti-Tradition, la Tradition comme nous l'entendons et comment l'Eglise la comprend. Elle n'entre pas dans le concept qu'ils ont. Leur concept est un concept évolutif, et ils sont donc contre cette tradition fixe, que nous maintenons. » (Fideliter, n ° 66 novembre-décembre 1988, p. 29) Et sur le fait que TOUS n’aurait pas été emporté par le courant, Mgr lefebvre s’exprime ainsi : « J’entends dire : "Vous exagérez ! Il y a de plus en plus de bons évêques qui prient, qui ont la foi, qui sont édifiants..." Seraient-ils des saints, dès lors qu’ils admettent la fausse liberté religieuse, donc l’État laïc, le faux œcuménisme, donc l’admission de plusieurs voies de salut, la réforme liturgique, donc la négation pratique du sacrifice de la Messe, les nouveaux catéchismes avec toutes leurs erreurs et hérésies, ils contribuent officiellement à la révolution dans l’Église et à sa destruction.» (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11)

10) Lettre de Mgr Fellay : « La situation présente en avril 2012 est bien différente de celle de 1988. En même temps on peut constater un changement d'attitude dans l'Église. Ce mouvement nouveau touche un bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement étouffés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II. Cette hiérarchie est en perte de vitesse. Cela est objectif et montre qu'il n'est plus illusoire de considérer un combat "intra muros", dont nous sommes bien conscients de la dureté et difficulté. J'ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II, que l'on va nous ressasser, s'il est encore dans les bouches de beaucoup, n'est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient. »

Commentaire :

Le problème est que, avec un accord, la Fraternité est mise dans les mains du pape régnant, et non pas dans les mains des "jeunes prêtres, des séminaristes et du petit nombre de jeunes évêques." Or, Benoît XVI récemment : a) a béatifié Jean-Paul II, le présentant ainsi comme un modèle à imiter. b) a renouvelé son adhésion à l’idéal œcuménique de la rencontre d’Assise, faisant "Assise III". c) a réaffirmé sa conviction que toute réforme de l’Église ne peut se faire que par l'approfondissement de l'esprit de Vatican II et le retour à ses textes. Par conséquent, la situation actuelle n'est pas différente de 1988. C'est incroyable de voir comme Mgr Fellay ne voit pas ça ! ...

11) Lettre de Mgr Fellay : «Et quand nous comparons les arguments que Mgr Lefebvre avait donnés à l'époque, nous concluons qu'il n'aurait pas hésité à accepter ce qui nous est proposé. »

Commentaire :

Cette affirmation est sans fondement, si l’on prend comme référence la période postérieure aux sacres de 1988. Il suffit de lire les citations ci-dessus de Mgr Lefebvre pour conclure 1) que Mgr Lefebvre ne se souciait plus des offres de Rome, aussi bonnes soient-elles, sans demander d'abord, de la part du pape, un changement doctrinal, et 2) que, sans ce changement, il a qualifié les offres et les "gestes amicaux" progressistes de "pièges" contre la Tradition.

12) Lettre de Mgr Fellay : « L'histoire de l'Église montre que la guérison des maux qui la frappent se fait de manière habituelle graduellement, lentement »

Commentaire :

Tout à fait. Mais l'histoire nous montre aussi que la réforme de ces maux ne se réalise que lorsqu’elle est patronnée par le pape. Ce que Mgr Fellay ne dit pas, mais que l’on peut entrevoir dans sa pensée, c’est que, pour lui, à présent, Benoît XVI serait le pape réformateur. [5] Faut-il répéter tout ce que j’ai écrit ci-dessus pour prouver que ce n'est qu'une illusion ?

13) Lettre de Mgr Fellay : Avec l’opposition des 3 évêques, « Le Supérieur Général [s’est trouvé] face à une incompréhension forte et passionnée. »

Commentaire :

Il serait plus exact de dire, s’est trouvé face à une doctrine ferme, contre laquelle le Supérieur Général n’a pas de réponse (à moins qu’il ne demande des conseils au fondateur de la Fraternité).

14) Lettre de Mgr Fellay : « Vous tentez d'imposer [au Supérieur général] votre point de vue. »

Commentaire :

Il serait plus honnête de dire, le point de vue de Mgr Lefebvre.

15) Lettre de Mgr Fellay : « Cette dialectique entre vérité/foi et autorité est contraire à l'esprit sacerdotal. »

Commentaire :

Il nous semble entendre ceux qui critiquaient Mgr Lefebvre, quand il s’opposait aux papes libéraux ! ...

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Maintenant, je me demande quelle est la source d'où Mgr Fellay tire ses pensées consignées dans sa lettre. Je réponds : je ne sais pas ... Ce que je sais, c'est qu'un vénérable prêtre a considéré cette lettre de Mgr Fellay comme diabolique ! En effet, pour le diable, la manière ordinaire de nous tenter est de nous présenter le mal avec les apparences séduisantes du bien.

Lorsque Campos s’est rapproché des progressistes, si je me souviens bien, plusieurs membres de la Fraternité ont exprimé leur indignation : «Comment pouvez-vous ...! Pas une réaction ! » Certes, ce qui a pesé dans cette attitude de rapprochement était le respect de l'autorité de Mgr Licinio Rangel et la confiance en ce qui était alors l’abbé Rifan. Et maintenant, quand le Supérieur Général de la Fraternité fait de même, il appelle au respect et à la confiance en lui ... Comme dit un proverbe portugais : "celui qui n'est pas passé par l'épreuve ne sait pas ce qu'elle est" et "parler est facile, agir est difficile." Où est la réaction des membres de la Fraternité ? Les rares qui se sont levés sont traités de rebelles...

Dieu a permis que, depuis la Révolution française, toutes les réactions catholiques contre les ennemis de Dieu, ont échoué ou ont été éphémères : ainsi les Vendéens, les Cristeros, Franco, Salazar, Pétain. Dernièrement, nous avons vu le travail de Mgr Antonio de Castro Mayer subir le même sort. Pourquoi le travail de Mgr Lefebvre serait l'exception ? Et c'est certainement ce qui se passera s’il n’y a pas une réaction de grande envergure contre ce mouvement de rapprochement avec les progressistes. Si les expressions atténuant le Concile continuent d'être exprimées et si la louange de Benoît XVI continue à se faire entendre, dans quelques années, la Fraternité va tomber comme un fruit mûr entre les mains des progressistes. Quant à ceux qui suivent Mgr Fellay, il serait plus honnête de leur part [d'être logique avec eux-mêmes, d'aller au bout de leur pensée et] de dire que la façon dont Mgr Lefebvre a fait face à la situation dans l'Église est exagérée et irréaliste. Ils abandonnent le travail du fondateur. Pourtant, n’y a-t-il pas beaucoup de congrégations Ecclesia Dei qu’ils pourraient rejoindre ? Mais non, HAEC EST HORA VESTRA ET POTESTAS TENEBRARUM. Mon Dieu ! A qui recourrons-nous ?

Arsenius

[1] Afin d'évaluer l'importance de l'argument d'autorité de ces citations, nous transcrivons ici ce que nous avons dit dans « Nous devons mettre le doigt sur la plaie » :

« Nous pensons que Mgr Lefebvre est une référence sûre pour savoir comment nous devons procéder et juger les événements actuels. 1) parce que c'était un membre de la hiérarchie et donc il appartenait à l'Eglise enseignante. 2) parce que sa connaissance de la philosophie et de la théologie était empreinte du plus pur catholicisme : il a été reçu docteur en théologie et en philosophie de l'Université pontificale grégorienne à l’époque du pape Pie XI. 3) parce que la sainteté de sa vie est incontestable et n'a pas été remise en cause, même par ses ennemis. Et cette sainteté nous donne une garantie de la perfection de sa sagesse et donc de son jugement prudentiel. 4) parce qu’il connaissait l'Eglise des jours antérieurs au Concile Vatican II, parce qu'il a été au concile et a été témoin des changements qui eurent lieu après. Il a personnellement parlé avec plusieurs papes, négocié avec divers chefs d'Etat et a été supérieur d'une congrégation religieuse avec plusieurs évêques qui lui étaient subordonnés. En outre, il était tenu en haute estime par le pape Pie XII. (Et j’ajoute maintenant qu’il fut son représentant dans tous les pays d’Afrique de langue française).

Notre-Seigneur Jésus-Christ est la seule personne que nous puissions suivre sans conditions, mais Il a voulu nous recevions son enseignement par le biais d'autres personnes. Par conséquent, nous devons faire confiance à ces personnes dans la mesure où elles sont fidèles à la doctrine, surtout si elles ont des garanties telles que celles que j'ai mentionnées et que nous savons trouver chez Mgr Lefebvre.

En outre, nous devons être conscients du fait que tous ne sont pas fidèles à leur devoir d’état qui est de transmettre dans son intégrité la doctrine de Notre Seigneur. D'où la nécessité d'un discernement exact, surtout en ces jours, pour savoir à qui l’on peut faire confiance.

[2] Mgr Lefebvre fait allusion aux pourparlers avant les consécrations de 1988.

[3] Terme consacré en France pour désigner ceux qui se soumettent à tort à l'autorité, nocive pour le bien commun, terme pour désigner ceux qui sont dirigés par une obéissance mal comprise ou par l'illusion.

[4] La déclaration d'hérésie formelle n'est faite que lorsque, après avertissement de l'autorité compétente, quelqu'un reste attaché à son hérésie ; après quoi, un décret est promulgué.

[5] Et de peur que l’on nous accuse d'émettre cette opinion gratuite, écoutons Mgr Fellay lui-même qui, dans une autre circonstance, s'est exprimé ainsi : [Benoît XVI] "est une personne qui prend très au sérieux la situation et la vie de l'Eglise." (Interview du 31/07/2011 à l'Agence italienne APCOM)

vendredi 26 octobre 2012

Appel aux dons pour le monastère Santa Cruz

Les moines bénédictins de Santa cruz ont besoin de votre aide
 
 
 
Cette crise de la Fraternité Saint Pie X a entraîné pour certaines maisons religieuses une évolution des apports financiers. Les moines de Santa Cruz commencent à ressentir un certain besoin de dons. Ils ont besoin de trouver de nouveaux amis et bienfaiteurs. Ne les oubliez pas. Ils prient pour nous très efficacement et, bien que cachés, ils jouent un grand rôle dans le combat actuel que nous menons. Comment les aider facilement ?

jeudi 25 octobre 2012

Commentaire de la conférence de Mgr de Galarreta à Villepreux.

Commentaire de la conférence de Mgr de Galarreta à Villepreux.
par InDominoSperavi

Cette conférence doit être étudiée en détail car elle marque un tournant important dans l'orientation de Mgr de Galarreta. Nous avons également découvert que deux passages ont été censurés par DICI. Nous analyserons ces censures.


Le 13 octobre 2012, à Villepreux, Mgr de Galarreta fait une conférence dans laquelle il annonce qu’il est pour le principe d’un accord pratique avec Rome, sans accord doctrinal préalable.


« Ce que je peux vous dire, c’est que la Divine Providence nous a assistés pendant le chapitre d’une façon claire et évidente. Ça s’est très bien passé. Je vous le dis comme ça tout simplement. Nous avons pu parler tranquillement, librement, ouvertement. »

Commentaire :

Monseigneur Williamson a été exclu du Chapitre, mais cela s’est très bien passé… Mgr Tissier de Mallerais, aux dires même de l’abbé Pfluger lors de sa tournée aux Etats-Unis, s’est vigoureusement élevé contre Mgr Fellay, mais cela s’est très bien passé. Ce n’est pas l’avis de Mgr Tissier de Mallerais qui a considéré que : « Le Chapitre général, a été un désastre ; j'ai signé de mon nom, a-t-il dit à l’abbé Chazal, parce que c'était une action collégiale, mais certainement pas pour dire que j'étais d'accord avec le contenu. »
traduction de war aims

« Nous avons pu aborder les problèmes cruciaux, même si nous avons dû laisser les autres, les affaires qui étaient prévues. Nous avons pris tout le temps nécessaire pour discuter cela et nous avons discuté, nous avons confronté, comme il sied entre membres d’une même congrégation et d’une même armée. Il n’y a pas de problème. (…) »

Commentaire :

L’affirmation qu’il n’y a pas de problème est fausse. Elle est d’autant plus fausse que vous-même, Monseigneur, disiez qu’il fallait vite refermer la boîte de Pandore. Vous étiez convaincu, il n’y a pas si longtemps, qu’il y avait un très gros problème. Que s’est-il passé ? Qu’a-t-on pu vous dire qui vous ait fait changer d’avis ? Nous aimerions le savoir, pour pouvoir dénoncer le piège…


« Et donc le chapitre s’est passé comme cela, bien, et je pense que c’est là que nous avons vraiment déjà tiré les leçons d’utilité des épreuves que nous avons eues, même si ce n’est pas parfait. »

Commentaire :

Il est intéressant de noter que Mgr de Galarreta dit que le Chapitre n’est pas parfait. C’est un son de cloche différent de celui de DICI qui a publié un article très louangeur sur la Déclaration du Chapitre intitulé : Notre joie devant cette clarté.


 « Donc mise à part cette discussion extrêmement importante et riche, nous avons établi les conditions qui pourraient permettre d’envisager hypothétiquement une normalisation canonique. Et si vous réfléchissez bien, ce qui a été fait, c’est justement de prendre toute la question doctrinale, liturgique… et elle a été mise comme une condition pratique. »

Commentaire :

La partie en rouge de cette citation est extraordinaire : relisez attentivement. Mgr de Galarreta opère ici un véritable tour de prestidigitation auquel même certains d’entre nous pourraient se laisser prendre. Il sous-entend ici que le principe : pas d’accord pratique sans accord doctrinal a été mis dans la première des conditions pratiques et donc, que nous avons gagné.


Réfléchissons et redéfinissons les termes : qu’est-ce qu’un accord doctrinal avec Rome ? Un accord doctrinal avec Rome est-il l’autorisation donnée par Rome de prêcher la bonne doctrine ? NON.  Un « accord doctrinal » avec Rome signifie que nous devons être en accord avec Rome sur la doctrine, c'est-à-dire que pour signer un accord, nous devons avoir la même doctrine que Rome, ce qui est très différent… Et donc un accord doctrinal avec Rome est synonyme de la conversion de Rome. C’est cela que nous réclamons. Mettre l’autorisation de prêcher la doctrine en condition sine qua non ne revient pas du tout à être en accord doctrinal avec Rome. Et donc le principe : pas d’accord pratique sans accord doctrinal n’est absolument pas équivalent à la condition n°1, comme Mgr de Galarreta le suggère habilement.


« C’est sûr que, comme je vous disais, ce n’est pas parfait. Nous-mêmes, nous avons vu, assez rapidement après, que ces distinctions entre conditions sine qua non et conditions souhaitables n’étaient pas très justes, n’étaient pas souhaitables, non. Et en fait pour nous parmi les conditions que nous avons mis comme souhaitables, il y a des conditions sine qua non aussi, mais plutôt d’ordre pratique, canonique, concret. »(...) [Les conditions souhaitables, plus la plupart,] Rome était déjà prête à les concéder, même actuellement. »


Commentaire :

Mgr de Galarreta s’inscrit ici dans la lignée de ce qui a filtré de la conférence du 7 septembre 2012 de Mgr Fellay à Ecône. Les six conditions de la lettre circulaire de l’abbé Thouvenot ne devraient plus être divisées en conditions sine qua non et conditions souhaitables. Toutes, ou du moins certaines autres conditions souhaitables, devraient devenir des conditions sine qua non.

M. l’abbé Schmidberger n’est pas de cet avis : dans son interview du 18 septembre 2012, dix jours après la conférence d’Ecône, il s’est empressé de remettre les choses au point, sans avoir l’air d’y toucher :

« je pense que nous pourrions nous concentrer sur ces éléments importants qu’il nous faut absolument demander à Rome dans le cas d’une normalisation. Ces éléments peuvent être formulés en trois points : premièrement, qu’il nous soit permis de continuer à dénoncer certaines erreurs du concile Vatican II, c’est-à-dire d’en parler ouvertement ; deuxièmement, qu’il nous soit accordé de n’utiliser que les livres liturgiques de 1962, en particulier le missel ; troisièmement, qu’il y ait toujours un évêque dans les rangs de la Fraternité, choisi dans son sein. » Il y a donc des divisions au sein des accordistes : ceux qui veulent amender les six conditions et ceux qui veulent s’en tenir au texte initial.
On peut noter qu’il n’y a plus aucune unité de vue dans la Fraternité St Pie X. Depuis cette crise, chacun adopte un discours différent. Le discours de Mgr de Galarreta est légèrement plus traditionnel que celui de DICI et de l’abbé Pfluger. Cependant, il ne peut nous convenir.


[A propos des deux premières conditions sine qua non : ]« Il est évident que tout est là. » dit Mgr de Galarreta.

Commentaire :

Mgr de Galarreta pense que si nous gardons la liturgie de 1962 (condition 2) et que nous avons le droit de critiquer les erreurs de Vatican II, du magistère post-conciliaire et ceux qui les diffusent (condition1), nous sommes parfaitement en sécurité, en cas d’accord pratique.

Tout d’abord nous pouvons réécouter cette parole de Monseigneur Lefebvre (la vidéo dure 2 min.), qui répond à l’argument de la condition 2  et en partie à d’autres arguments :« Même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962 etc.
vidéo de Mgr Lefebvre


Quand à la condition 1, il suffit de se rappeler ceci : la Fraternité Saint Pierre, Campos, Dom Gérard, tous avaient dit qu’ils combattraient l’erreur… Où en sont-ils, à présent au sujet de Vatican II et de la nouvelle Messe… L’IBP qui était un peu plus rétif à se soumettre est maintenant miné. L’Eglise conciliaire, par la bouche de Mgr Pozzo, lui a fait comprendre qu’il fallait évoluer.

Mgr Lefebvre, en parlant de Dom Gérard disait : « Quand ils disent qu’ils n’ont rien lâché, c’est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire, ils doivent se taire étant donné les faveurs qui leurs ont été accordées. » (Fideliter n°79 p.4-5) Mgr Lefebvre avait vu juste. Depuis, Dom Basile Valuet, du Barroux, a écrit une somme pour défendre le concile Vatican II.

- Oui, mais nous, ce sera différent, vous verrez comme nous serons fermes…

- Très bien ! Alors avant de critiquer le pape, que les généraux (pour reprendre l’expression de Mgr Tissier de Mallerais) commencent donc par critiquer les citations du Supérieur général lorsqu’il dit les énormités relevées par l’abbé Chazal dans son texte J’excuse le Concile. Si vous avez peur de le faire, comment penser que vous oserez critiquer le pape ? - Ah oui, mais cela ne se fait pas de critiquer le supérieur. C’est révolutionnaire.

- Très bien. Pourrait-on alors nous expliquer en quoi ce sera moins révolutionnaire de critiquer le pape sur notre future radio romaine et dans les palais qui nous ont été probablement promis par Rome ?


Que les généraux réprimandent également sévèrement les prêtres de la FSSPX qui excusent Assise III en disant que ce n’était pas si mal que cela. Que l’abbé Celier qui minimalise l’interprétation qu’il faut faire du Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la société soit muté vicaire au lieu de tenir des postes clés. Que DICI cesse d’occulter les scandales faits par le pape…

Les généraux se sont tous mis en vacances et ne critiquent pas les erreurs au sein de leur propre congrégation. Nous n’avons donc pas confiance qu’ils dénonceront bien les erreurs dans l’avenir.

L’abbé Girouard, dans sa conférence cite le pape Benoît XVI qui explique qu’il veut nous rallier à la Rome conciliaire pour  changer notre esprit, comme cela s'est passé pour les communautés Ecclesia Dei (min. 1 : 18 : 35)

Monseigneur de Galarreta va opérer à présent un deuxième tour de prestidigitation regardez bien. Il commente la première condition sine qua non :

« Je pense qu’on peut difficilement ajouter quelque chose. Tout y est. Il s’agit d’une liberté de confesser et d’attaquer publiquement les erreurs, une liberté d’enseigner publiquement les vérités niées ou dissoutes, mais aussi de nous opposer publiquement à ceux qui diffusent les erreurs, même des autorités ecclésiastiques.

Quelles erreurs ? Les erreurs modernistes, libérales, celles du concile Vatican II et des réformes qui en sont issues ou de ses conséquences dans l’ordre doctrinal, liturgique ou canonique. Tout y est.  Même résistance publique jusqu’à un certain point au nouveau code de droit canon dans la mesure où il est pénétré de l’esprit collégial, œcuménique, personnaliste… »

Commentaire :

C’est extrêmement habile. Encore une fois, même certains d’entre nous peuvent s’y laisser prendre. Dans cette phrase apparemment énergique, Monseigneur de Galarreta valide pour la première fois un changement révolutionnaire dans la Faternité St Pie X : le nouveau code de droit canon, condamné par Mgr Lefebvre (Monseigneur disait qu’il était pire que la nouvelle Messe) est dorénavant officiellement accepté en son sein même si certains articles seront rejetés.  S’il faut résister jusqu’à un certain point au nouveau code de droit canon, c’est qu’il faut accepter les articles qui ne posent pas de problème… Qui va décider des articles à accepter et des articles à refuser ? Qui définit les nouvelles règles qui dorénavant vont régir la Fraternité ? Où cela est-il marqué ? L’arbitraire et le flou le plus artistique règnent à présent. Diplomate, Monseigneur Fellay a choisi Mgr de Galarreta pour nous annoncer cette terrible nouvelle.


[A propos de la deuxième condition qui est de garder la liturgie et la pratique sacramentelle de 1962 :] « Et là, nous avons inclus certains aspects de la pratique sacramentelle et canonique qui nous sont nécessaires, pour vraiment, dans un cas hypothétique d’un accord ou d’une reconnaissance, avoir la liberté pratique et réelle, dans un cas qui continuerait à être plus ou moins moderniste. Nous réordonnons s’il le faut, nous reconfirmons, et puis pour le mariage, nous n’acceptons pas évidemment certaines nouvelles causes de nullité. »

Commentaire :

Rien à redire sur la dernière phrase, bien traditionnelle. Elle est malheureusement là pour contrebalancer le terrible aveu qui précède, aveu que nous avons souligné ci-dessus. Monseigneur de Galarreta nous avoue donc ici qu’il a changé d’avis et qu’il ne voit plus d’inconvénient à un accord pratique sans accord doctrinal, avec des « plus ou moins modernistes ».


« Ensuite dans les conditions sine qua non, il y a garantie d’au moins un évêque. Vous voyez, je vous disais, voilà, ça c’est pas parfait. Mais en fait, nous sommes tous d’accord, dans la Fraternité, qu’il faut demander plusieurs évêques auxiliaires, une prélature, exemption des évêques. » [ndlr : curieusement, DICI a « oublié » de transcrire l’expression que nous avons mise en rouge. Pourquoi ? Parce que DICI, c'est-à-dire l’abbé Lorans, à l’image de l’abbé Schmidberger, est très probablement contre les six conditions sine qua non. DICI s’en tient au texte écrit des six conditions qui ne comporte que trois conditions sine qua non. Mgr de Galarreta est donc censuré par DICI. Nous verrons plus tard que la censure ne s’arrête pas là…]


…Nous sommes tous d’accord. Il n’y a pas de problème là. Ça n’était pas un problème avant. Il ne l’est pas maintenant. Donc il ne faut pas pinailler avec ça. La différence, c’est que nous avons bien défini ce qui avait été un problème, parce que ce n’était pas défini et parce que il y a une ambiguïté de la part de Rome. »

Commentaire :

Ce commentaire de la 3ème condition sine qua non est incroyable de légèreté et de manque de rigueur intellectuelle : cela revient à dire : nous avons tous écrit « noir », mais en fait nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut « blanc ». Nous avons du mal à ne pas y voir de mensonge. Le mensonge en effet est évident, car nous savons que les six conditions ont été votées. Donc cela veut dire que la majorité du Chapitre a voulu et voté cette mauvaise condition. Il est donc faux de dire que tout le monde est d’accord sur le contraire de cette condition.


Il est choquant que Mgr de Galarreta considère que nous « pinaillons » quand nous discutons de cela. C’est au contraire un sujet d’extrême gravité car cela implique forcément la tutelle fréquente et rapprochée des évêques conciliaires qui viendront faire chez nous les confirmations et qui, par le fait même, viendront prêcher chez nous leurs erreurs, au moins à ce moment-là. Cela implique que nos enfants seront en contact avec des personnages plus que douteux, parfois. Il faudra aussi dire à l’évêque : « Nous n’avons pas confiance en votre saint-Chrême à base d’huile d’arachide, la matière de vos sacrements est douteuse. Prenez notre Saint-Chrême, qui est à base d’huile d’olive. »  


[Mgr de Galarreta poursuit ensuite en expliquant que si on arrive à une proposition intéressante de Rome avec ces conditions, on convoque un chapitre délibératif.] « Délibératif , cela veut dire que la décision prise par la majorité absolue, c'est-à-dire la moitié + 1, ce qui nous a semblé raisonnable, cette décision sera suivie par la Fraternité.(…) Car il est presqu’impossible qu’à la majorité, le Supérieur de la Fraternité – après une discussion franche, une analyse à fond de tous les aspects, de tous les tenants et aboutissants –, il est impensable que la majorité se trompe dans une matière prudentielle. [OMIS PAR DICI :] Et si cela par hasard, par un impossible arrive, eh bien tant pis, de toute façon, on va faire ce que la majorité pense. »

Commentaire :

On comprend aisément pourquoi DICI a volontairement omis de transcrire cette phrase, pour le coup, trop progressiste. Cette phrase est terrible. Nous remercions Dieu qu’il ait permis que Mgr de Galarreta la dise, non pas parce que nous nous réjouissons du mal, mais afin de montrer à tous clairement que cet évêque que nous aimions bien n’est absolument plus fiable. Nous arrivons ici à une validation du principe de la volonté générale qui devient souveraine. On ne recherche plus la vérité. Ce qui compte, c’est ce que pense la majorité.
Heureusement que Monseigneur Lefebvre seul contre l'ensemble de l'épiscopat mondial n'a pas appliqué ce conseil de Mgr de Galarreta après le Concile Vatican II. 

« …nous nous sommes dit : Mettons qu’il n’y a pas cela, qu’il n’y a pas d’abord un retour de la part de Rome, de la part d’un prochain pape à la Tradition, dans la théologie, dans les principes, dans la Foi, dans l’enseignement. Dans ces cas là, mettons que ce pape veut permettre la Tradition, quelles sont les conditions qui nous permettraient - dans ces cas là - hypothétiques, d’accepter ou d’arriver à une normalisation canonique ? En vue des biens que nous pouvons faire, qui sont énormes ! Cela il ne faut pas le nier non plus. »


Commentaire :

M. l’abbé Girouard, en réponse à cet argument (dans la vidéo, aller à la minute 1 : 21 : 10 ) cite le catéchisme de l’abbé Gaudron qui dit que les communautés Ecclesia Dei sont persécutées par les évêques et que nous-mêmes nous le serions, puisque Mgr Fellay dans son interview du 8 juin sur DICI dit que nous aurions des restrictions de la part des évêques, qui auraient le pouvoir d’interdire l’ouverture de toutes les nouvelles chapelles. : http://www.youtube.com/watch?v=wUokMihf_nY&feature=plcp

Et donc notre champ d’apostolat serait au contraire restreint.

De plus, Monseigneur Lefebvre a dit (Fideliter n°70) : « Et d’abord de quelle Eglise parle-t-on ? Si c’est de l’Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets. »


« Nous avons bien défini quelles conditions pourraient nous protéger totalement par rapport à la foi et par rapport au combat intégral pour la foi. »


Commentaire :

Les conditions ne sont pas bien définies. Mgr de Galarreta se contredit puisqu’il répète à plusieurs reprises dans la conférence que les conditions ne sont pas parfaites. On ne sait pas ce qui est sine qua non et ce qui ne l’est pas, Mgr de Galarreta lui-même ne s’exprime pas clairement à ce sujet. DICI et l’abbé Schmidberger agissent dans le sens de l’ancienne formule (écrite, elle !) de la lettre du 18 juillet aux supérieurs de districts. La troisième condition terrible de l’évêque unique ne sera pas appliquée, aux dires de Mgr de Galarreta. Il y aura plusieurs évêques, dit-il, tout le monde est bien d’accord. Il faut donc, si tout le monde est d’accord, amender ces six conditions : il faut écrire qu’elles deviennent toutes sine qua non et changer le nombre d’évêques exigé. Monseigneur, ces conditions ne sont vraiment pas sérieuses ni bien définies, votre conférence prouve tout le contraire.
NB : Pour nous, même si les six conditions devenaient sine qua non, elles ne seraient de toute façon pas suffisantes, même avec quatre évêques au lieu d'un, car le seul bon principe d'un accord est : pas d'accord pratique sans conversion de Rome selon les critères déterminés par Monseigneur Lefebvre : Fideliter 66 p.12-14, cité dans cet article. C'est d'ailleurs sur ces bases qu'avait travaillé le Chapitre général de 2006.
  

"Supposons que demain il y ait un pape (…) mais qui lui-même n’est pas moderniste dans sa théologie, dans sa pensée, dans son cœur, et qu’il veuille vraiment revenir à la Tradition (…) Cette possibilité d’un pape qui lui-même n’aurait pas la conviction, la force ou les moyens pour redresser lui-même la situation actuelle de l’Église, la crise de l’Église, la crise de la foi, peut très bien se servir de nous comme fer de lance. Il pourrait très bien nous donner les conditions requises pour que nous puissions, nous, être le fer de lance contre cet abcès.


Commentaire :


Il est utopique d’imaginer qu’un collège de cardinaux de mentalité moderniste et maçonnique élise un jour un pape qui veuille retourner à la Tradition. Et en admettant qu’ils le fassent ou bien que le pape se convertisse après avoir été élu, celui-ci serait assassiné, comme Jean-Paul Ier. Cette hypothèse farfelue d’un pape traditionaliste face à 5000 évêques modernistes n’a guère d’intérêt à l’heure actuelle. C’est la vieille image trompeuse de Benoît XVI, pape traditionnel et mal entouré, qui survit.

Si vraiment un pape de cet esprit arrivait, il n’y aurait plus de conditions à poser. Il renverrait les mauvais éléments et mettrait toute la Fraternité aux postes clés. La Curie serait composée de membres de la Fraternité.


«  Et d’ailleurs, si vous réfléchissez bien : si un pape un jour nous concède ça, c’est lui quand même qui porte le premier coup contre l’édifice du concile Vatican II et de l’Église conciliaire car il admettrait déjà qu’il contient des erreurs et qu’on peut le refuser et qu’il faut revenir à la Tradition. »

Commentaire :

Le pape ne porterait pas plus de coup à Vatican II qu’il n’en a porté en approuvant les autres communautés Ecclesia Dei, nous semble-t-il. Les exemples passés des communautés Ecclesia Dei, qui voulaient toutes continuer à dénoncer les erreurs et qui ont toutes cédé, les extraits de la conférence de l’abbé Girouard déjà cités ci-dessus et la citation de Mgr Lefebvre tirée du Fideliter 70 ("ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs...") nous montrent que la condition 1 ne changerait rien du tout et ne protègerait en rien la FSSPX de la contagion moderniste.


« Il n’y a pas que la Foi à garder, il n’y a pas que la confession de la Foi. Il y a la vraie charité, il y a l’amour, il y a la prudence, il y a la force, il y a l’amour de la Sainte Eglise. Nous, nous sommes catholiques et nous entendons rester totalement catholiques, et pour cela il ne suffit pas de garder la Foi. »

Commentaire :

Mgr de Galarreta reprend ici à son compte l’épouvantail du risque du sédévacantisme qui nous guetterait. Nous ne sommes pas plus sédévacantistes que Monseigneur Lefebvre quand il dit par exemple, dans la Déclaration du 21 novembre 1974 : «  Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »


« Spécialement aujourd’hui qui est le samedi 13 octobre, l’anniversaire de l’apparition à Fatima où a eu lieu le miracle du soleil, demandons à la Très Sainte Vierge Marie de nous donner la grâce de persévérer dans la vraie Foi, dans le vrai combat de la Foi, mais aussi dans le vrai esprit de l’Eglise, et que chaque jour nous soyons plus fidèles à la grâce, à Dieu et aux exigences de sainteté de notre époque. »

Commentaire :

Le miracle du soleil est un avertissement clair de ce qui nous attend si nous offensons Dieu. Le fait que ce soit ce jour-là que Monseigneur de Galarreta abandonne officiellement le bon combat résonne en nos cœurs comme un avertissement du ciel. La colère de Dieu va encore monter. Cependant, nous sommes sûrs de la victoire finale du ciel, après le châtiment prédit par Notre-Seigneur à Rianjo à Sr Lucie de Fatima. Quoiqu’il arrive, malgré toutes les défections, gardons confiance en notre Dieu et notre Roi Tout-Puissant.


Nous pouvons à présent commenter certains passages du début de la conférence : certaines idées très belles de l’introduction sont démenties par la deuxième moitié de la conférence :

« Je pense qu’il faut que nous gardions cette vue de Foi surnaturelle du combat. »

Commentaire :

 Nous sommes bien d’accord, mais il nous semble que cette vue surnaturelle, Mgr de Galarreta la perd. En effet, il envisage une régularisation canonique par des gens qui sont responsables chaque jour de la perte de milliers d’âmes, par des gens qui ne font pas l’Œuvre de Dieu. Il envisage de se soumettre à ces personnes par l’obéissance. Surnaturellement, il est aberrant de se mettre sous l’autorité de ceux qui se comportent véritablement comme les ennemis de Jésus-Christ.


« Nous luttons dans cette vie sur terre pour une couronne éternelle. Mais ce n’est pas pour vous démobiliser, car un chrétien, un catholique sait que le combat se mène dans cette vie, qu’il est très réel, qu’il faut se battre. »

Commentaire :

Ces idées sont très belles, mais si elles sont bien nôtres, la nouvelle position de Mgr de Galarreta peut-elle encore s’en réclamer ? Accepter un accord avec Rome, n’est-ce pas se démobiliser ? – Non, nous répondra Mgr de Galarreta : grâce à la première condition sine qua non, nous pourrons fermement lutter contre les erreurs ! Nous avons démontré plus haut combien cet argument était illusoire.

« Et il y a les deux esprits, il y a les deux cités. Ce combat inéluctable, nous devons nous y engager et nous devons le continuer. »

Commentaire :

Comment  continuer le combat de la cité de Dieu alors qu’on accepte de se mettre sous la direction des évêques modernistes et d’un pape encore en partie moderniste qui introduisent dans l’Eglise les fumées de Satan ?


« Il faut pas dramatiser certaines choses quand même. Un drame serait d’abandonner la foi. Oui. Mais qu’il y ait des discussions d’opportunité, de prudence, de ceci, de cela. Il y a des aspects différents. Il y a des tempéraments. Il y a des situations. »

Commentaire :

L’abbé Pfeiffer, l’abbé Chazal ont au contraire démontré qu’il s’agissait d’un problème de Foi. Il faut lire, par exemple, J’excuse le concile de l’abbé Chazal ainsi que le très bon article d’Arsénius : Le problème est de foi et il est grave.



 Le thème du dernier sermon de l’abbé Pfeiffer est d’ailleurs : la nouvelle théologie de la Fraternité St Pie X.

Monseigneur de Galarreta ramène donc tout le différend qui secoue la Fraternité depuis avril dernier à une affaire de tempéraments alors qu’il a été clairement prouvé qu’il s’agit d’un problème de Foi…Relisons la lettre des trois évêques à Mgr Fellay, un des trois évêques étant Mgr de Galarreta !

« Il y a des passions aussi. Ça existe, même chez nous. Alors pour vous dire qu’il ne faut pas pinailler sur ces questions là. Il faut voir si l’essentiel est là ou non. Et à mon avis, nous avons vraiment surmonté la crise. Nous l’avons dépassée, et comme il fallait.(…) »


Commentaire :

Il ne s’agit pas de passions, mais de raison. Depuis le début, notre position est argumentée. Nous ne « pinaillons » pas lorsque nous disons que la Déclaration du Chapitre est ambigüe et que les six conditions sont catastrophiques. Nous le prouvons : 
Analyse des ambiguïtés de la déclaration du Chapitre

Qu’est-ce que pinailler ? C’est contester des points de détails sans conséquence. Est-ce un détail sans conséquence de remettre la Fraternité sous le commandement d’un pape moderniste et sous l’influence d’évêques parfois très mauvais ?


Ennemond, administrateur du forum Fecit, affirme le 21 septembre 2012 que « Mgr de Galarreta agit de concert avec la Maison générale. » Ennemond est bien informé, faisons lui confiance sur ce point.


Réfléchissons à présent sur l’avenir. Mgr de Galarreta a affirmé que l’unité avait été retrouvée et qu’il n’y avait plus de problème. A part Monseigneur Tissier de Mallerais, dont nous connaissons la position, nous pensons que cela est vrai après tout, au moins au niveau de l’immense majorité des membres du Chapitre, puisque personne n’a protesté. L’abbé Morgan, réputé anti-accordiste, trouvait la Déclaration du Chapitre très bonne également… Donc sachant cela, quelle est la perspective d’avenir de la Fraternité ? Un accord inéluctable, à plus ou moins long terme. Heureusement, certains ont anticipé ce problème et « les canots de sauvetage » se construisent, comme dirait l’abbé Chazal.